Affaire Le Pen : une magistrate dénonce une immixtion américaine dans la justice française

Une magistrate française dénonce une immixtion US

🔥 Les essentiels de cette actualité

  • Des émissaires américains ont discrètement approché une magistrate française en mai 2025 sur l’affaire Marine Le Pen, suspectant un procès politique visant à l’évincer du pouvoir.
  • La magistrate décrit cette rencontre comme une ingérence malveillante, affirmant qu’elle vise à manipuler le débat public français, ce qui a conduit à des alertes au ministère des Affaires étrangères.
  • Des figures comme Donald Trump et Steve Bannon soutiennent Le Pen, dénonçant une « chasse aux sorcières », et menaçant même des sanctions contre les juges impliqués.
  • Ce scandale révèle des tensions diplomatiques croissantes entre les États-Unis et la France, questionnant l’indépendance des institutions judiciaires européennes.

En pleine affaire des assistants parlementaires du RN, deux émissaires du Département d’État américain ont tenté une approche discrète auprès d’une haute magistrate française.

Samuel Samson et Christopher Anderson, conseillers au bureau de la démocratie, des droits humains et du travail, sollicitent Magali Lafourcade le 28 mai 2025.

La secrétaire générale de la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) reçoit ces diplomates, dont l’intérêt se porte sur le sort judiciaire de Marine Le Pen.

Cette démarche s’inscrit dans un contexte tendu : la dirigeante a été condamnée en première instance, en mars 2025, à une peine d’inéligibilité.

Elle joue désormais sa survie politique lors du procès en appel, qui a débuté le 13 janvier suivant.

Les émissaires américains manifestent la conviction qu’il s’agit d’un « procès politique », dont l’objectif serait l’éviction de la candidate ou sa mise au ban pour des motifs partisans.

Les ressorts d’une tentative d’ingérence

Les diplomates cherchent des « éléments pour accréditer une théorie qui aurait pu, peut-être, servir de support à une désinformation ou à une manipulation du débat public français. »

Magali Lafourcade livre cette analyse à l’AFP le mardi 20 janvier 2026, après avoir partagé son témoignage sur France 5.

Pour ces envoyés des États-Unis, Marine Le Pen est « injustement traitée » et subirait une « condamnation politique. »

La magistrate juge cette entrevue « assez malveillant[e] ». Elle y voit « une sorte d’immixtion pour accréditer un discours dont [elle a] eu le sentiment qu’il était à visée d’ingérence. »

Pour elle, cette conversation « n’avait pas lieu d’être avec des alliés ». Dès le 28 mai 2025, elle signale l’incident au ministère des Affaires étrangères.

Une mise en garde de l’institution judiciaire

Le Quai d’Orsay affirme prendre l’affaire « très au sérieux », tout en refusant tout commentaire officiel auprès de l’AFP.

Début janvier, le président du tribunal judiciaire de Paris, Peimane Ghaleh-Marzban, a dénoncé une éventuelle « ingérence inacceptable et intolérable. »

Cette réaction faisait suite à des informations de l’hebdomadaire Der Spiegel évoquant des menaces de sanctions américaines contre les magistrats du dossier RN, malgré les démentis de Washington.

Cette pression diplomatique s’accompagne de critiques directes au sommet de l’État américain.

Donald Trump a réclamé la « libération » de la responsable française. Le président des États-Unis la présente comme la victime d’une « chasse aux sorcières ».

L’offensive idéologique des réseaux trumpistes

Steve Bannon, figure influente de la droite américaine, soutient ouvertement cette cause.

Lors d’un entretien sur France 2 début janvier, il s’est déclaré « 100 % favorable » à une interdiction de séjour aux États-Unis visant les juges qui ont condamné Marine Le Pen.

Selon lui, un succès électoral de cette dernière permettrait de « vraiment tuer l’Union européenne. »

Samuel Samson a publié, sur le compte Substack du Département d’État, un texte intitulé « La nécessité d’alliés civilisationnels en Europe. »

Il y mentionne l’inéligibilité de Marine Le Pen. En phase avec le vice-président JD Vance, il décrit le continent européen comme un « foyer de censure numérique, de migrations de masse, de restrictions à la liberté religieuse et de nombreuses autres atteintes à l’autodétermination démocratique. »

En février dernier, JD Vance a soutenu, lors d’un discours à Munich, que la liberté d’expression reculait en Europe.

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