10 septembre — L’appel qui veut bousculer la rentrée

Mobilisations sociales

Le 24 juillet dernier, un compte anonyme sur les réseaux sociaux appelait à bloquer le pays le 10 septembre pour s’opposer aux mesures du gouvernement Bayrou.

Des organisations habituées aux mobilisations sociales et d’anciens Gilets jaunes réfléchissent déjà aux modalités d’action pour la rentrée.

Préparatifs et mobilisation

Né sur les réseaux sociaux après les premières annonces budgétaires du Premier ministre, le collectif citoyen « Bloquons tout ! Mobilisation 10 septembre » appelle à boycotter les grandes enseignes et à occuper pacifiquement mairies et préfectures pour dénoncer les coupes budgétaires engagées par l’exécutif.

Mouvement horizontal, sans leader revendiqué, il est relayé par d’autres comptes et suscite l’intérêt de certains anciens Gilets jaunes — contactés par Ici Alsace — tandis que d’autres estiment que l’appel peine à trouver un réel écho.

« J’ai quand même de l’espoir dans la mobilisation, mais moins que pendant la période des Gilets jaunes », résume Jérôme Meyer, ancien membre dans l’agglomération strasbourgeoise.

Je crois en la capacité de ce genre de mouvement à fédérer les gens, à leur faire comprendre qu’ils partagent les mêmes problèmes, que tous ces problèmes ont les mêmes causes. Est-ce que ça va changer politiquement quelque chose? Je ne pense pas. Est-ce que ça va changer quelque chose dans l’esprit des gens? Peut-être.

Réactions politiques

Le député LFI de Strasbourg, Emmanuel Fernandes, estime que ce type d’initiative peut renforcer l’action de la gauche à l’Assemblée nationale.

Je crois qu’avec ce type de mouvement un rapport de force pourra être engagé avec le gouvernement. Il faut que ce mouvement prospère en autonomie et en indépendance et je crois qu’il le fera, que le 10 septembre sera un grand choc dans le pays. De la même manière que l’ont été les Gilets jaunes. J’espère que François Bayrou entendra le message.

Réactions syndicales

Les organisations syndicales font le lien entre cet appel et la colère qui monte chez leurs militants.

Force ouvrière a déposé un préavis de grève à partir du 1er septembre. La CGT appelle également à une grande mobilisation, tout en se détachant pour l’instant du mouvement du 10 septembre.


« On partage un certain nombre d’éléments avec l’appel du 10 septembre, mais il y a aussi des interrogations sur les modes d’action, » résume Jean-Michel Delaye, membre du bureau de la CGT dans le Bas-Rhin.

L’enjeu au niveau des organisations syndicales, c’est de bloquer la production par la grève et de convaincre les salariés autour de nous de se mettre en grève pour faire plier le gouvernement, le faire reculer. C’est ça notre agenda.


Une réunion entre syndicats est prévue le 1er septembre.

Révolte ou Flop ?

Les annonces budgétaires du gouvernement Bayrou ont déclenché cet appel ; la suite dépendra de la capacité des acteurs (groupes réseaux, anciens Gilets jaunes, syndicats) à converger.

Pour l’instant, les faits sont simples : appel anonyme du 24 juillet, collectif « Bloquons tout ! », intérêt dispersé chez d’anciens Gilets jaunes, préavis FO au 1er septembre, CGT prudente, réunion syndicale le 1er septembre.

Reste la vraie question — politique et directe : le 10 septembre sera-t-il un signal d’alerte durable pour l’exécutif, ou un feu de paille médiatique ?

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