Vendin-le-Vieil : un détenu en liberté, Darmanin joue les réformateurs d’apparat

La prison de haute-sécurité de Vendin-le-Vieil

🔥 Les essentiels de cette actualité

  • Un détenu de Vendin-le-Vieil en liberté conditionnelle suscite l’indignation. La permission de sortie sans escorte questionne la sécurité.
  • Darmanin promet une réforme pour les criminels dangereux. Un juge spécialisé et un droit spécifique seront présentés en début d’année prochaine.
  • La justice française semble déconnectée des préoccupations des citoyens. Les vrais caïds tirent les ficelles malgré les mesures législatives.

Darmanin écrit sur X que les détenus criminels de haut vol méritent un traitement carcéral à la hauteur :

« L’épisode concernant le détenu de la prison de haute sécurité de Vendin-le-Vieil met en lumière un enjeu plus large : notre cadre législatif d’application des peines doit être pleinement revu face aux réalités de la grande criminalité organisée. Ces profils particulièrement structurés et dangereux exigent des outils juridiques différents et une vigilance toute particulière »

Y a-t-il une surprise à voir nos politiques tourner en rond sur la question de l’insécurité ? Encore des mots, toujours des mots… . Les Français vivent dans la peur et nos prisons débordent de petits délinquants, en parallèle, les vrais caïds continuent de tirer les ficelles, même derrière les barreaux.

Pour une fois qu’un ministre reconnaît l’inefficacité de notre système, on pourrait presque applaudir. Mais combien de temps avant que ces belles paroles ne s’envolent, comme tant d’autres promesses sur la sécurité des Français ?

Le cas de Vendin-le-Vieil : décisions judiciaires et indignation

La permission de sortir « travail » délivrée par un juge de l’application des peines à un détenu du nouveau quartier de lutte contre la criminalité organisée (QLCO) de la prison de Vendin-le-Vieil a suscité l’incompréhension, voire l’indignation, de syndicats pénitentiaires.

Le garde des Sceaux a affirmé sur X que la décision d’accorder une permission de sortir relevait de l’autorité judiciaire, qui statuait de façon indépendante, et il a précisé que le procureur de la République ainsi que le chef d’établissement de la prison avaient exprimé leur opposition à cette mesure.

Malgré l’appel du parquet contre la décision du juge, la chambre d’application des peines a confirmé ce choix.

Une fois de plus, notre système judiciaire montre son entêtement bureaucratique. Quand le parquet s’oppose, la chambre d’application lui emboîte le pas, dans ce ballet administratif dont nos dirigeants ont le secret.

Cette confirmation intervient dans un contexte où la justice française semble de plus en plus déconnectée des préoccupations réelles des Français.

À noter que cette décision, tombée un samedi, jour où l’attention médiatique est généralement moindre, pose question sur la transparence de notre système judiciaire. Un timing qui arrange certainement certains cercles de pouvoir qui préfèrent que les Français regardent ailleurs.

Une permission controversée et les promesses de réformes

Lundi, c’est la femme du détenu de Vendin-le-Vieil qui va prendre le relais pendant sa permission de sortie « employeur ». Le couple fera l’aller-retour dans la journée vers la région lyonnaise avant que monsieur ne retrouve sa cellule le soir même, comme me l’a confirmé une source au sein de l’administration pénitentiaire.

Fait notable : cette sortie se déroulera sans la moindre escorte, ce qui ne correspond pas au cadre habituel d’une permission de sortir employeur.

Rassurez-vous (ou pas), les forces de l’ordre locales ont quand même été prévenues du petit voyage de notre homme.

Un représentant syndical a précisé l’horaire de cette balade : départ 7 h, retour 21 h. Quatorze heures de liberté conditionnelle pour ce détenu, en contrepoint, nos prisons débordant et la justice peinant à suivre le rythme des infractions commises chaque jour sur notre territoire.

Les mesures législatives et leurs limites

Au Parlement, le garde des Sceaux s’est fait l’avocat d’une loi anti-narcotrafic dont l’arsenal ne fait pas dans la dentelle. Armés de nouveaux outils d’enquête musclés et de dispositions franchement répressives, nos dirigeants ont conçu ce texte pour neutraliser les plus gros bonnets du trafic.

Parmi les mesures phares, la création de quartiers ultra-sécurisés dans certaines prisons. Ces bunkers pénitentiaires visent à couper totalement les caïds de leurs réseaux extérieurs. Une façon d’isoler les têtes pensantes du trafic qui rappelle ces cellules spéciales qu’on voyait dans les films américains.

La loi, définitivement adoptée en juin dernier, reflète bien la vision sécuritaire actuelle. Mais combien de temps avant que ces trafiquants ne trouvent la parade ?

On peut se demander si ces mesures d’isolement, aussi spectaculaires soient-elles, s’attaquent vraiment aux racines du problème. Nos politiques jouent aux gros bras avec quelques figures emblématiques du trafic, les réseaux, eux, continuent de prospérer dans nos quartiers abandonnés.

Dimanche, Darmanin a mis sur la table son intention de « moderniser et consolider les règles encadrant l’exécution des peines pour les criminels les plus dangereux.

Le ministre a promis, en reprenant le modèle antiterroriste, un droit spécifique et un juge d’application spécialisé qui connaît parfaitement les profils dangereux.Le tout sera présenté, nous jure-t-il, dans son prochain texte de loi prévu en début d’année prochaine.

Le paradoxe du système judiciaire face aux citoyens

Difficile de ne pas s’interroger sur un système qui semble parfois plus soucieux du confort des détenus que de celui des citoyens respectueux des règles.

D’ici la présentation du futur texte de loi, combien de récidivistes continueront de bénéficier des failles d’un système judiciaire déjà à bout de souffle ? Quand nos dirigeants comprendront-ils enfin que la sécurité des Français vaut plus que leurs effets d’annonce ?

IMPORTANT - À lire

Derrière les effets d'annonce, la réalité d'un système judiciaire à bout de souffle. Entre détenus criminels en liberté et prisons surpeuplées, nos dirigeants semblent dépassés par l'ampleur de la tâche. Malgré les promesses de réformes, les Français attendent toujours des résultats concrets.

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