Sondage en Russie : les États-Unis ne sont plus considérés comme l’ennemi principal, l’effet Trump ?

Pour la première fois en deux décennies, les Russes ne désignent plus les États-Unis comme leur principal adversaire international. C’est ce que révèle une enquête d’opinion publiée par le centre indépendant Levada, menée entre le 22 et le 28 mai 2025 auprès de plus de 1 600 adultes russes.

Un basculement inédit après 20 ans

« Les États-Unis sont passés de la première à la quatrième place de la liste des pays considérés comme hostiles — une première en 20 ans de suivi, » indique Levada.

Désormais, les trois pays les plus perçus comme hostiles sont :

  • Allemagne (55 %)
  • Royaume-Uni (49 %)
  • Ukraine (43 %)

Ce glissement intervient alors que Donald Trump a retrouvé la Maison-Blanche et multiplié les déclarations appelant à mettre fin au conflit en Ukraine. Contrairement à ses alliés européens, il évite de nouvelles sanctions contre Moscou, préférant favoriser des négociations de paix.

Berlin et Londres, les nouveaux “faucons”

Pendant que Washington tempère, l’Allemagne et le Royaume-Uni adoptent un discours de plus en plus offensif. Tous deux soutiennent activement l’idée d’une « coalition des volontaires » pour augmenter les dépenses de défense et opposer un front unifié à la Russie.

Cette posture plus dure semble avoir eu un impact direct sur la perception russe, les Européens étant désormais perçus comme les moteurs de l’escalade.

Des alliés toujours fidèles, mais un soutien iranien en baisse

Côté alliés, la Biélorussie reste le partenaire le plus apprécié des Russes (80 %), suivie par :

  • la Chine (64 %)
  • le Kazakhstan (36 %)
  • l’Inde (32 %)
  • la Corée du Nord (30 %)

À noter la forte chute du soutien à l’Iran, pourtant fournisseur majeur de drones pour l’armée russe : seuls 11 % des sondés considèrent l’Iran comme un allié proche, contre 22 % en 2024.

Une lassitude de la guerre de plus en plus palpable

Après plus de trois ans de conflit intense, la fatigue de la guerre semble gagner l’opinion publique russe. Des pertes humaines massives, estimées à plusieurs centaines de milliers de jeunes soldats, ont contribué à nourrir un climat d’usure et de scepticisme.

Selon Levada, de nombreux Russes reportent désormais leur colère vers les capitales européennes, jugées responsables de l’intensification récente du conflit.

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