? Les essentiels de cette actualité
Le 18 mai à 9h, le Colonel Jacques Hogard et Sylvain Durain sont les invités de Nicolas Stoquer et Lara Stam dans Le Libre Journal de Géopolitique Profonde.
- Jacques Hogard critique les interventions militaires occidentales et la politique étrangère française, notamment vis-à-vis de l’OTAN.
- Sylvain Durain explore le retour du sacrifice dans nos sociétés modernes, s’inspirant des théories de René Girard.
- Disparition du père, effondrement anthropologique, résurgence du sacrifice humain à grande échelle : découvrez comment la modernité redéfinit la violence.
- Le christianisme s’oppose à cette logique sacrificielle par le contre-sacrifice de la messe : un acte unique qui libère de la spirale de la violence.
? Le retour du sacrifice dans une modernité sans transcendance
La disparition de la figure du père dans les sociétés occidentales n’est pas un simple déclin culturel, mais un effondrement anthropologique profond.
- Perte de la Loi et de la verticalité : l’autorité paternelle représentait la limite, l’ordre, le cadre structurant. Son effacement laisse un vide qui se remplit par un matriarcat inversé.
- Ce modèle maternel totalisant, sous le masque de la bienveillance, devient un outil de contrôle. Le « care » se transforme en surveillance, et la compassion en domination.
- Sacrifices modernes : l’avortement massif, présenté comme un droit, devient un rituel sacrificiel déguisé, un hommage à Moloch, un culte de la liberté individuelle au détriment de la vie.
? René Girard l’avait prédit : la violence contenue par le sacré revient sous forme sauvage.
- Sans transcendance, la société moderne réinstalle la logique sacrificielle, mais sous de nouveaux visages : la victime est glorifiée, non pour être sauvée, mais pour justifier un ordre sacrificiel continu.
- La purification permanente devient un mode de gouvernance : éliminer l’impur, l’opposant, le dissident, au nom d’un idéal supérieur.
? Le totalitarisme : un rite sacrificiel absolu
Le XXe siècle a réinventé le sacrifice humain, non plus dans les temples, mais sur les champs de bataille et dans les camps de la mort.
- Totalitarisme païen : fascisme, nazisme, communisme… Ces idéologies ont transformé le meurtre de masse en rite expiatoire. La guerre devient une liturgie profane, où l’homme est offert à l’idole de l’idéologie.
- Les champs de bataille ne sont plus des lieux de défense, mais des autels sacrificiels : Auschwitz, le Goulag, Hiroshima. La mort de masse devient un acte purificateur.
- Désacralisation du conflit : plus de Dieu, plus de rachat, seulement l’idéologie au centre, exigeant le sang pour asseoir sa légitimité.
? La violence devient rationnelle, méthodique, nécessaire.
- L’ennemi est le bouc émissaire, l’extermination devient une purification, la déshumanisation est un devoir patriotique.
- La guerre moderne n’a plus de transcendance : elle est froide, technique, instrumentalisée.
? La messe : le contre-sacrifice chrétien
Face à cette spirale de violence, le christianisme oppose un acte unique et définitif : la messe.
- Réactualisation d’un sacrifice parfait : le Christ sur la croix n’a pas été un sacrifice parmi d’autres, mais l’acte ultime qui clôt le cycle de la violence sacrificielle.
- Contrairement aux rites païens, la messe n’est pas une répétition, mais une actualisation. Elle rappelle que le sang n’a plus à couler pour racheter l’humanité.
- Un don total et volontaire : le Christ ne tue pas, il se donne. Il refuse le rôle de bourreau, brise la logique du bouc émissaire et montre la supercherie du sacrifice humain.
? La guerre juste selon le christianisme : un encadrement moral.
- Le Colonel Jacques Hogard pose la question : une guerre chrétienne est-elle encore possible dans un monde paganisé ?
- La doctrine chrétienne n’interdit pas le conflit, mais l’encadre : il doit être défensif, limité, et viser la paix, non l’extermination.
? L’Ukraine : guerre géopolitique ou guerre spirituelle ?
L’actuel conflit en Ukraine illustre cette tension entre deux visions de la guerre.
- D’un côté, une guerre perçue comme un affrontement géopolitique classique, un jeu de pouvoir entre nations.
- De l’autre, un conflit spirituel, un affrontement entre deux visions du monde : un Occident technocratique, post-moderne, et une Russie revendiquant un retour aux racines civilisationnelles.
- Hogard pose un dilemme : l’Ukraine n’est-elle qu’un terrain de guerre ou un symbole d’une lutte plus profonde entre matérialisme et tradition ?
? Pour le colonel, une guerre juste doit être humble, encadrée par le droit naturel, et orientée vers la paix.
- La guerre ne peut être juste que si elle reconnaît sa propre faillibilité, que si elle vise à protéger, non à détruire.
➡️ Réhabilitation de l’autorité et retour au sacré : le chemin vers la paix ?
- Pour Hogard et Durain, l’effondrement de l’autorité paternelle a laissé un vide que le chaos et le contrôle technocratique ont rempli.
- Le retour à la transcendance n’est pas un retour au passé, mais une redécouverte de l’ordre naturel : un père, une autorité, une loi morale.
- Le sacré doit encadrer la violence pour la rendre juste, limitée, orientée vers la réconciliation.
? La question n’est pas de savoir si la guerre peut être juste, mais si l’homme est encore capable de la conduire avec honneur.
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