🔥 Les essentiels de cette actualité
- Le gouvernement dévoile une réforme de la filière hippique avec un « plan d’économies structurelles » et une nouvelle gouvernance du PMU pour faire face à la baisse des paris.
- Le PMU, fondé en 1930, finance 40 000 emplois et maintient des postes dans les campagnes, mais subit une baisse de 2 % des mises en 2024.
- L’État impose son agenda en exigeant des économies et en voulant transformer le PMU en GIE commercial, une nouvelle tentative de contrôle.
- Éric Woerth négociera le « Pacte PMU 2030 » pour redéfinir le partage des recettes et le futur de la filière hippique.
Mercredi 13 août, le gouvernement a dévoilé une réforme de la filière hippique pour faire face à la baisse des paris : un « plan d’économies structurelles » et une « rénovation de la gouvernance » du PMU afin de faire évoluer son statut. Traduction : moins de dépenses, plus de contrôle.
Le PMU, pilier historique
Fondé en 1930, le PMU est bien plus qu’un opérateur de jeux. Ce groupement d’intérêt économique, détenu à parts égales par France Galop et la Société d’encouragement à l’élevage du trotteur français, finance l’ensemble de la filière hippique et ses 40 000 emplois — l’un des rares secteurs qui maintient encore des postes dans nos campagnes.
Les deux sociétés se partagent 8 % des mises, soit le bénéfice net, pour entretenir ce réseau.
Les parieurs, eux, récupèrent 75 % des mises en gains. L’État, fidèle à lui-même, prélève 9 % sur chaque pari — encore une ponction dans la longue liste de taxes qui grèvent nos loisirs.
Un secteur en crise
D’après l’Autorité nationale des jeux (ANJ), le PMU a enregistré 6,6 milliards d’euros de mises en 2024. Le produit brut des jeux (PBJ) atteint 1,7 milliard d’euros, soit une baisse de 2 % en un an.
France Galop constate même un recul de 4 % depuis janvier 2025. Entre inflation et pouvoir d’achat en berne, même les turfistes hésitent à miser : le pari devient un luxe.
L’État impose son agenda
Face à la baisse des revenus, l’Inspection générale des finances confirme ce que tous savaient déjà : les paris hippiques s’effondrent.
Plutôt que d’aider la filière, l’État exige « un plan d’économies structurelles » et invite les sociétés mères à « mutualiser leurs services » et à « dégager de nouvelles recettes hors-paris » — mission quasi impossible pour un secteur historiquement centré sur le jeu.
En prime, le gouvernement veut transformer le PMU en GIE commercial et revoir sa gouvernance. Derrière la réforme technique, difficile de ne pas voir une nouvelle tentative de mettre la main sur un secteur déjà fragilisé.
Le Pacte PMU 2030 : le grand partage
C’est Éric Woerth, député de l’Oise, qui devra négocier un accord stratégique, inspiré des rapports de l’Inspection générale des finances (IGF), élaborer le « Pacte PMU 2030 », revoir la gouvernance et — surtout — redéfinir le partage des recettes entre France Galop et la SETF.
En clair, c’est le futur de toute la filière qui se joue. Et comme souvent, quand l’État promet son aide, mieux vaut garder la main sur son portefeuille.
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