🔥 Les essentiels de cette actualité
- Au Sénat, Shein et le BHV prônent une coopération disruptive avec l’industrie textile française pour moderniser le secteur face aux défis économiques actuels.
- Quentin Ruffat défend Shein contre les critiques sur l’ultra fast-fashion, affirmant que la marque peut aider les marques de prêt-à-porter en difficulté plutôt que de les affaiblir.
- Devant l’opposition politique et les batailles juridiques, Shein souligne son expertise technique en digital et l’impératif d’un passage au multicanal pour la survie des entreprises.
- Malgré des audits éthiques, Shein est accusée d’un impact environnemental majeur et de violations potentielles des droits du travail, soulevant des questions cruciales.
Mercredi, au Sénat, Quentin Ruffat et Frédéric Merlin ont exposé leur vision dite disruptive du commerce. Les représentants de Shein et du groupe SGM sollicitent une coopération avec les autorités et l’industrie textile française, qu’ils jugent inadaptée aux réalités économiques actuelles.
Quentin Ruffat rejette les critiques visant l’ultra fast-fashion : « Arrêtez de nous voir comme le grand méchant loup. » Selon lui, la marque peut « aider les marques de prêt-à-porter en difficulté » plutôt que de les fragiliser.
Le choc des modèles : souverainisme industriel contre réalisme numérique
Cette alliance suscite l’hostilité d’une partie de la classe politique. Yannick Jadot dénonce une « alliance mortifère pour l’industrie textile européenne. » Quentin Ruffat oppose à ce scepticisme l’expertise technique de Shein, qu’il décrit comme « le meilleur sur le digital et sur l’internationalisation. »
Il déplore que seulement « 10 % du chiffre d’affaires des marques de prêt-à-porter françaises est sur le digital. » Pour le porte-parole, le passage au multicanal est impératif :
Ce n’est plus possible de faire ça, il faut être multicanal, c’est tout l’enjeu de notre partenariat.
Batailles juridiques et impératifs salariaux
Le secteur traditionnel refuse cette main tendue. Une coalition de fédérations poursuit Shein pour concurrence déloyale, tandis que l’État français assigne la plateforme pour la vente de produits prohibés.
Si la suspension du site a été rejetée malgré des « dommages graves à l’ordre public », un appel est en cours. Frédéric Merlin justifie néanmoins son choix par la survie économique. Avec 2 000 salaires à verser chaque mois, il critique les marques premium qui produisent en Asie « dans les mêmes usines » tout en vendant des articles à 600 euros :
Je veux bien faire preuve d’éthique, mais en tant que commerçant (…) je veux que ces clients viennent dans mes magasins.
Entre hégémonie populaire et crise environnementale
Shein revendique 25 millions d’utilisateurs actifs en France au premier semestre 2025. Quentin Ruffat présente son catalogue comme « une offre de choix » et non « une injonction à consommer. » Le modèle de production à la demande limiterait les invendus à un taux à un chiffre, alors que le commerce classique oscille entre 20 et 40 %.
Toutefois, l’impact écologique demeure massif, avec 26,2 millions de tonnes de CO₂ émises en 2024, soit une hausse de 23,1 %, supérieure aux bilans cumulés de Zara et H&M.
Audits éthiques face aux accusations de travail forcé
Interrogé sur le sort de la minorité ouïghoure, Quentin Ruffat souligne que 95 % des fournisseurs ont fait l’objet d’audits menés par des cabinets indépendants en 2024. La firme affiche « trois points de zéro tolérance : le travail d’enfants, le travail forcé et le refus de se soumettre à un audit indépendant. »
En application de cette politique, Shein a rompu douze contrats avec des sous-traitants au cours de l’année pour des manquements jugés graves.
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