Mohammad Amin Nejad : « L’Iran se défend face à une agression grave »

🔥 Les essentiels de cette actualité

  • L’ambassadeur iranien dénonce l’offensive israélienne comme « unilatérale, illégale, illégitime ». Il affirme que l’Iran devait se défendre face aux bombardements massifs.
  • Téhéran riposte avec des missiles et drones, mais rejette l’idée d’une guerre. L’ambassadeur souligne la position défensive de l’Iran face à une agression grave.
  • Les négociations avec Washington restent ouvertes, mais conditionnées à l’arrêt de l’agression israélienne. L’Iran nie toute intention nucléaire.
  • L’ambassadeur exprime des regrets pour les détenus français en Iran et affirme que des efforts sont en cours pour leur libération.

Mohammad Amin Nejad, ambassadeur de la République Islamique d’Iran, était l’invité de France Inter ce 16 juin 2025.

Mohammad Amin Nejad n’y est pas allé par quatre chemins : l’offensive israélienne est selon lui « unilatérale, illégale, illégitime ».

« L’Iran était dans l’obligation de se défendre », a-t-il martelé au micro de la radio publique. Depuis le 13 juin, l’armée israélienne bombarde le territoire iranien avec une intensité jamais vue auparavant. Des frappes massives qui, officiellement, visent à empêcher Téhéran d’obtenir l’arme nucléaire.

Des centaines de sites militaires et nucléaires iraniens ont été visés par ces bombardements.

La riposte iranienne face à l’agression israélienne

Face à cette agression, Téhéran a riposté en tirant plusieurs salves de missiles balistiques et de drones vers le territoire israélien. Une escalade qui menace désormais toute la région d’un embrasement général. Par ailleurs, le porte-parole iranien Mohammad Amin Nejad a rejeté catégoriquement la notion d’une guerre contre Israël.

Nous ne sommes pas en guerre contre Israël mais, notre pays et notre peuple sont victimes d’une attaque unilatérale, sur une base illégale, illégitime qui est une guerre préventive

Téhéran se retrouve dans une position défensive face à ce qu’elle considère comme une violation flagrante de sa souveraineté. Le diplomate a d’ailleurs souligné que « l’Iran était dans l’obligation de se défendre » – une position qui évoque le droit légitime de toute nation à protéger son territoire.

On peut difficilement ignorer la gravité des accusations portées par l’Iran. Mohammad Amin Nejad a qualifié l’action israélienne d' »agression très grave » qui s’attaque directement à « l’intégrité territoriale, la souveraineté nationale iraniennes et la dignité des Iraniens ». 

Les enjeux des négociations iraniennes

L’ambassadeur d’Iran a balayé d’un revers de main les allégations israéliennes sur le programme nucléaire de son pays. « C’est une allégation », tranche Mohammad Amin Nejad sans détour. « L’accès à la bombe atomique était hors de notre agenda pour toujours idéologiquement, religieusement et dans notre culture. »

Le représentant iranien a précisé que son pays n’a jamais claqué la porte des pourparlers avec Washington. « On n’a pas quitté la table des négociations », affirme-t-il.

Quant à la reprise des discussions, le diplomate a posé une condition claire et sans appel : elles redémarreront « à partir du moment où Israël arrêtera son agression illégale et illégitime », martèle-t-il. Téhéran renvoie la balle dans le camp israélien, fidèle à sa position constante depuis le début des hostilités.

La position iranienne sur Israël

L’ambassadeur iranien en France persiste dans ses déclarations fermes : « Nous ne souhaitons pas de mal à l’ensemble de la population israélienne ni à ce pays », a-t-il martelé. Mais il ne cache pas la position officielle de Téhéran : « nous ne reconnaissons pas Israël ».

Il s’est aussi exprimé sur la solution à deux États, affirmant que celle-ci « n’est pas faisable ». « Avec l’injustice, on ne peut pas construire un pays. Il faut qu’il y ait une éthique et une justice », a-t-il ajouté.

Les efforts pour libérer les otages français

« Nous travaillons pour faciliter une libération », affirme l’ambassadeur iranien à Paris.

Interrogé sur le cas des ressortissants français Cécile Kohler et Jacques Paris, emprisonnés en Iran, l’ambassadeur iranien en France a joué l’apaisement. Mohammad Amin Nejad a déclaré que son pays collaborait avec les autorités françaises « pour faciliter une libération aussi tôt que possible ».

La réponse diplomatique tente d’adoucir cette crise bilatérale qui s’éternise. « Il y a une justice, il y a des délits qui ont été commis », a insisté l’ambassadeur, refusant d’admettre la thèse française d’une détention arbitraire.

Mais le ton conciliant qui suit pourrait suggérer une possible avancée dans ce dossier épineux : « Nous travaillons avec la partie française pour faciliter une libération aussi tôt que possible », a-t-il assuré sans préciser de calendrier concret ni mentionner d’éventuelles conditions.

L’ambassadeur a même exprimé des regrets inhabituels pour un représentant du régime de Téhéran : « On est vraiment désolés d’avoir des détenus français en Iran ». « Ils étaient sept [détenus français], grâce à des tractations en coulisse et aux pressions de l’exécutif iranien, la justice de Téhéran a finalement lâché du lest », a expliqué l’ambassadeur sans cacher sa satisfaction. « On continue à se battre, les discussions se poursuivent », a-t-il ajouté, laissant entendre que d’autres libérations pourraient suivre.

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