Macron fait machine arrière concernant les entreprises israéliennes à Milipol

Macron fait machine arrière pour les entreprises israéliennes à Milipol

🔥 Les essentiels de cette actualité

  • Macron revient sur sa décision d’exclure les entreprises israéliennes de Milipol, les autorisant désormais à participer. Un revirement soudain qui soulève des questions.
  • Les pressions diplomatiques et le lobbying semblent avoir influencé ce changement de cap. Les intérêts économiques prennent le dessus sur les principes affichés.
  • La politique française montre une incohérence flagrante, naviguant entre exclusion et autorisation. Où sont passés nos principes?

Macron revient sur sa promesse. Depuis le printemps 2024, le président avait décidé d’écarter les entreprises israéliennes liées à la guerre de Gaza des salons d’armement français.

Mais voilà que l’homme des retournements de veste change encore d’avis, en autorisant désormais « l’ensemble des entreprises israéliennes qui le souhaitent » à venir au salon Milipol Paris, prévu du 18 au 21 novembre.

On nous dit que c’est pour « contribuer à un dialogue constructif avec les autorités israéliennes ».

Une formule bien pratique pour justifier ce nouveau virage à 180 degrés. Les principes affichés ne tiennent que jusqu’à ce qu’ils deviennent gênants.

Quand on les questionne sur ce revirement flagrant, les communicants de l’Élysée s’empressent de nier l’évidence.

« Dans le contexte de la guerre à Gaza, la doctrine relative à la participation des entreprises israéliennes aux salons spécialisés reste valable », ont-ils déclaré à l’AFP ce jeudi.

Comment peuvent-ils affirmer que rien n’a changé alors que, quelques mois plus tôt, ces mêmes entreprises étaient persona non grata?

Visiblement, les intérêts économiques et diplomatiques ont repris le dessus sur les considérations humanitaires qui avaient motivé la position initiale de Macron.

À croire que les principes moraux affichés par notre gouvernement ne sont que des façades qu’on peut retirer dès que le contexte géopolitique ou les pressions de certains lobbys l’exigent.

Les grandes déclarations du président ne résistent pas longtemps à l’épreuve de la réalité.

En révisant sa décision avec un aplomb surprenant, Macron a déclaré :

Compte tenu de l’évolution de la situation sur le terrain suite au cessez-le-feu, le président de la République a néanmoins décidé de permettre à l’ensemble des entreprises israéliennes qui le souhaitent de participer au salon Milipol.

Les pressions des lobbies

Cette pirouette diplomatique intervient après que plusieurs lobbies influents ont manifesté leur mécontentement face à l’exclusion initiale.

Certaines pressions pèsent visiblement plus lourd que d’autres dans la balance des décisions de l’Élysée.

Notre gouvernement montre encore une fois sa capacité à naviguer entre les principes affichés et les intérêts économiques, avec cette aisance déconcertante qui caractérise notre diplomatie « à géométrie variable ».

Les électeurs apprécieront sans doute cette nouvelle démonstration de cohérence politique.

L’Élysée nous raconte des bobards au Monde : à peine avoir fait des œillades à la Palestine, les voilà à quatre pattes devant Israël !

La reconnaissance de l’État palestinien a fait péter un plomb aux officiels israéliens, alors Macron joue double-jeu.

« C’est pour un dialogue constructif avec Israël sur la paix au Moyen-Orient et nos relations, » bafouille la présidence à l’AFP.

C’est à croire que notre gouvernement ne sait plus où donner de la tête – poignée de main à Abbas d’un côté, révérence à Tel-Aviv de l’autre.

La politique du « en même temps » macroniste finit invariablement par mécontenter tout le monde.

Ces manœuvres diplomatiques sentent le réchauffage de relations bien calculé. L’Élysée essaie de rattraper ses propres erreurs après avoir mis Israël hors de lui.

Les pressions diplomatiques et le lobbying

« Affaire réglée, bises », c’est la réponse désinvolte d’Emmanuel Macron quelques heures après avoir été contacté par l’ex-député LR des Français de l’étranger Meyer Habib.

La formule résume parfaitement ce revirement politique où l’on passe d’une exclusion à un tapis rouge en quelques jours à peine.

Ce proche de Netanyahou, qui a indiqué sur X qu’il sollicitait le président afin d’autoriser les entreprises israéliennes à participer au salon Milipol, s’est empressé de publier ces échanges sur son compte, avec captures d’écran à l’appui.

Une façon peu subtile de s’attribuer ce retournement de veste présidentiel qui répond surtout à des manœuvres diplomatiques dans un contexte où les rapports entre le Premier ministre israélien et notre président sont au plus bas.

Une nouvelle preuve que Macron plie facilement devant certaines pressions, tandis que les interrogations légitimes des parlementaires français restent lettre morte. Une décision prise par SMS, sans transparence ni débat démocratique.

Les incohérences dans la politique française

Au printemps 2024, les industriels israéliens de l’armement se sont vu refuser l’accès au salon Eurosatory dédié à la défense terrestre en France.

À l’automne, ces mêmes fabricants ont finalement pu exposer au salon Euronaval, après une autorisation de dernière minute par la justice.

En juin dernier, le gouvernement français a encore fait preuve d’incohérence. Plusieurs stands d’entreprises israéliennes présentant des « armes offensives » au salon du Bourget ont été condamnés d’accès sur ordre direct de l’exécutif. Une décision qui a déclenché la fureur des autorités israéliennes.

Cette politique à géométrie variable ne manquera pas d’interroger ceux qui suivent attentivement les relations franco-israéliennes.

On interdit, on autorise… mais toujours au dernier moment, sans ligne claire, comme si notre gouvernement naviguait à vue dans ce dossier sensible.

Où sont passés nos principes? Quand l’État français décidera-t-il enfin d’adopter une position cohérente face aux industriels de l’armement israélien?

Nos dirigeants jonglent maladroitement entre pressions diplomatiques et considérations économiques, sans jamais prendre de position ferme qui servirait réellement les intérêts de notre pays.

IMPORTANT - À lire

Vous voulez aller plus loin dans l'analyse des incohérences de la politique étrangère de Macron ? Découvrez chaque mois notre revue papier qui décrypte l'actualité géopolitique avec un regard affûté et sans concession.

Au-delà des revirements sur les entreprises israéliennes à Milipol, plongez dans les coulisses de la diplomatie française et de ses enjeux cachés. Notre revue approfondit les sujets brûlants pour vous donner les clés de compréhension du monde.

Previous Article

L’Europe en panne : quand même le FMI sonne l’alarme

Next Article

L'Assemblée nationale, un « champ de bataille » sur la réforme des retraites