L’ONU face à la question palestinienne : vers une reconnaissance ?

L’ONU face à la question palestinienne

🔥 Les essentiels de cette actualité

  • La 80e session de l’ONU aborde la reconnaissance de l’État palestinien, un sujet brûlant après les attaques du 7 octobre. Le scénario d’une reconnaissance semble moins improbable.
  • 148 pays reconnaissent déjà la Palestine. Des grandes capitales occidentales, dont la France, se disent prêtes à franchir le pas. L’initiative française provoque des réactions israéliennes.
  • Une reconnaissance officielle par l’ONU aurait des effets considérables, renforçant les droits souverains palestiniens. Macron voit cela comme une clé pour la paix à Gaza, mais la faisabilité reste incertaine.

Ce mardi 9 septembre s’ouvrent à New York les débats de la 80e session de l’Assemblée générale de l’ONU.

Jusqu’au 21 septembre, les diplomates vont se confronter autour d’une question brûlante : la reconnaissance officielle de l’État de Palestine.

Près de deux ans après les attaques du 7 octobre, qui ont ravivé le conflit et replongé Gaza dans la guerre, la question palestinienne revient avec force sur la scène diplomatique.

Cette fois, le scénario d’une reconnaissance internationale semble moins improbable qu’auparavant.

L’hypocrisie occidentale à l’épreuve

Depuis des décennies, l’Occident invoque les droits humains universels tout en fermant les yeux sur l’occupation et la colonisation.

Les puissances occidentales se sont toujours abritées derrière des prétextes pour maintenir le statu quo.

Or, avec l’enlisement du conflit à Gaza et la catastrophe humanitaire qui s’aggrave, les élites n’ont plus la possibilité de se dérober.

148 pays reconnaissent déjà l’État palestinien. Pour la première fois, plusieurs grandes capitales occidentales – la France, le Canada, le Royaume-Uni, la Belgique et l’Irlande – se disent prêtes à franchir le pas.

L’initiative française et les réactions israéliennes

À l’origine de cette relance diplomatique, Emmanuel Macron. En mai dernier, il a remis sur la table l’idée d’une solution à deux États et assuré qu’il se tenait prêt à reconnaître la Palestine lors du sommet onusien.

Une annonce qui s’inscrit dans sa stratégie habituelle : beaucoup d’effets de manche, peu de résultats concrets.

Sans surprise, cette prise de position a provoqué l’ire du Premier ministre israélien.

Dans une lettre adressée directement à Paris, Benyamin Netanyahou a dénoncé « une grave erreur ».

Son irritation illustre la crainte d’un basculement diplomatique qui affaiblirait l’isolement dans lequel Israël a toujours maintenu la Palestine.

Les conséquences d’une reconnaissance internationale

Si l’ONU décidait de reconnaître officiellement l’État de Palestine, les effets seraient considérables.

Cette décision consacrerait le droit du peuple palestinien à disposer de lui-même.

Elle placerait la Palestine sur un pied d’égalité diplomatique avec les autres nations, avec la possibilité d’ouvrir des ambassades, de signer des traités et de négocier directement avec les États étrangers.

Elle renforcerait également ses droits souverains sur l’espace aérien et les eaux territoriales.

Surtout, elle permettrait à la Palestine de saisir la Cour internationale de justice pour revendiquer sa souveraineté ou déposer des plaintes pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité.

Un État indépendant, frontalier d’Israël : voilà la promesse affichée. Macron la présente comme une clé pour mettre fin à la guerre qui ravage Gaza.

Mais entre l’expansion des colonies, la fragmentation du territoire et l’absence de perspective économique, la faisabilité de ce projet reste incertaine.

Une paix encore hors de portée

Les observateurs jugent d’ailleurs que la solution à deux États arrive trop tard. Ils estiment qu’il ne reste plus assez de la Palestine pour faire un État.

Dans le contexte actuel – bombardements incessants sur Gaza, une quarantaine d’otages israéliens toujours retenus par le Hamas, attentat meurtrier le 8 septembre à Jérusalem-Est – croire qu’une reconnaissance symbolique puisse ouvrir la voie à la paix relève de l’illusion.

Les chancelleries occidentales continuent pourtant de présenter cette option comme une panacée.

Mais la réalité du terrain contredit leurs discours. La diplomatie du spectacle, si chère à Macron, risque encore une fois de produire une promesse creuse, sans effet concret pour les populations qui continuent de payer le prix du sang.

IMPORTANT - À lire

Vous voulez aller plus loin que les effets d'annonce d'Emmanuel Macron et comprendre les enjeux géopolitiques complexes autour de la reconnaissance de l'État palestinien ? Notre revue papier vous offre chaque mois des analyses approfondies sur les coulisses diplomatiques et les rapports de force qui façonnent le monde.

Plongez au cœur de l'actualité internationale avec des experts passionnés qui décryptent pour vous les événements marquants. Découvrez une autre façon de comprendre les relations internationales, loin des discours convenus et des promesses creuses, grâce à notre revue papier d'analyse géopolitique.

Previous Article

Fatigués des luttes stériles, les Français se désengagent-ils des mobilisations ?

Next Article

Louis Sarkozy veut-il vraiment servir Menton ou se servir de Menton ?