L’intersyndicale appelle à une nouvelle journée de grève nationale face à des négociations stériles

L'intersyndicale appelle à une nouvelle journée de grève nationale

🔥 Les essentiels de cette actualité

  • L’intersyndicale dénonce des négociations stériles avec le Premier ministre, prévoyant une nouvelle grève nationale le 2 octobre après une rencontre infructueuse.
  • Les syndicats critiquent l’absence de réponses concrètes de Sébastien Lecornu, malgré des promesses de dialogue futur et des consultations de façade.
  • La colère des travailleurs monte face à des efforts déséquilibrés et des réformes floues, poussant à une remobilisation massive.
  • Le Premier ministre admet sa faiblesse institutionnelle, gouvernant sans majorité ni équipe stable, ce qui alimente l’opposition et les soutiens opportunistes.

L’intersyndicale repart à l’offensive

« Une occasion manquée » : c’est en ces termes que l’intersyndicale a résumé sa rencontre de mercredi matin avec le Premier ministre.

Après plus de deux heures d’entretien à Matignon, les représentants de la CFDT, CGT, FO, CFE-CGC, CFTC, Unsa, FSU et Solidaires ont annoncé une nouvelle journée de mobilisation nationale le 2 octobre.

Reçus ensemble, ils sont repartis ensemble : une manière d’afficher l’unité du front social face à un exécutif jugé sourd et velléitaire.

Un Premier ministre sans réponses

Sébastien Lecornu avait promis des « ruptures ». Résultat ? Des promesses creuses et des formules vides.

L’intersyndicale a dénoncé l’absence totale de réponses concrètes à ses revendications.

Le chef du gouvernement assure vouloir revoir les partenaires sociaux « dans les prochains jours » et promet qu’il ne « passera pas en force » sur les réformes à venir.

Mais personne n’est dupe : les mêmes rengaines, les mêmes rituels, les mêmes consultations de façade.

En attendant, Lecornu a annoncé qu’il écrirait aux organisations pour recueillir leurs « contributions » sur cinq thèmes : financement de la protection sociale, réindustrialisation et souveraineté économique, conditions de travail, renforcement du paritarisme et modernisation du marché du travail.

La colère des travailleurs

Marylise Léon, secrétaire générale de la CFDT, a lancé l’avertissement sur France 2.

Un chemin est possible pour construire un budget s’il y a un partage des efforts.

Mais elle a aussitôt prévenu : « Le monde du travail ne se laissera pas faire s’il a le sentiment que les efforts sont totalement déséquilibrés ».

C’est l’une des raisons pour laquelle on se remobilise le 2 octobre, il faut qu’il (le Premier ministre) puisse répondre à cette question.

Seul motif d’espoir : l’abandon annoncé d’une énième réforme de l’assurance chômage, qui semble « bien parti ». Pour le reste, rien.

Le doublement des franchises médicales reste d’actualité, tout comme la suppression de 3 000 postes de fonctionnaires.

Sur la justice fiscale, « aucun élément précis », a regretté Sophie Binet, dénonçant « deux heures de langue de bois ».

Quant à la réforme des retraites de 2023, sujet explosif, elle demeure dans un flou complet.

« Ça fait partie des sujets qui ont été le moins clairs », a déploré Marylise Léon.

Sa collègue de la CGT a été plus directe : le Premier ministre n’a « pas dit un mot » sur une possible suspension.

Le dialogue social « à la française » confirme une fois de plus son caractère théâtral : beaucoup de réunions, zéro résultat tangible.

Les promesses de façade

Ce ballet protocolaire se répète inlassablement. Après la journée de grèves et de manifestations du 18 septembre, Lecornu avait invité les syndicats à revenir discuter. Ils avaient posé un ultimatum : une réponse avant mercredi, faute de quoi ils redescendraient dans la rue.

Mercredi après-midi, ce fut au tour du patronat de défiler à Matignon. Patrick Martin, président du Medef, s’est félicité que la politique de l’offre ne soit pas remise en cause.

« Le Premier ministre est parfaitement conscient qu’il faut envoyer des signaux sur le partage des efforts, sur l’équité (fiscale) mais surtout sur la lutte contre la fraude », a-t-il déclaré, tout en rappelant la nécessité de ne pas « mettre en péril le modèle économique ».

Amir Reza-Tofighi (CPME) s’est dit « à 200 % pour » la lutte contre la suroptimisation fiscale, mais sans « créer de nouveaux impôts ».

Michel Picon (U2P) a, lui, averti : « Si on ne dit pas aux Français que les efforts seront partagés par tous, ils ne seront acceptés par personne ».

L’aveu de faiblesse de Lecornu

Selon plusieurs participants, syndicaux comme patronaux, Sébastien Lecornu a lâché une phrase qui en dit long sur la fragilité du pouvoir.

Je suis le plus faible Premier ministre de la Ve République.

Une confession rapportée par Sophie Binet, qui relate également une autre comparaison.

Je ne suis pas Édouard Philippe, je n’ai pas 350 députés sur lesquels m’appuyer

Un aveu qui illustre l’impuissance d’un gouvernement sans majorité, déjà englué dans les tractations pour faire passer un budget.

Pour l’heure, Lecornu gouverne entouré de ministres démissionnaires : Catherine Vautrin (Travail, Santé et Solidarités), Astrid Panosyan-Bouvet (Emploi) et Laurent Marcangeli (Fonction publique).

Un attelage bancal qui ressemble davantage à un bricolage institutionnel qu’à une équipe prête à affronter l’urgence sociale.

Soutiens opportunistes et opposition en embuscade

Le Parti socialiste a immédiatement publié un communiqué de « solidarité pleine et entière » avec l’intersyndicale, appelant « l’ensemble des citoyennes et citoyens à rejoindre massivement la journée d’action du 2 octobre ».

Un soutien sans frais pour un parti devenu une coquille vide, prompt à tweeter sa vertu mais absent dans les cortèges.

De leur côté, les députés insoumis tentent de fédérer la gauche autour d’une motion de censure commune, qu’ils promettent de déposer « dès l’ouverture de la session parlementaire », le 1er octobre.

Une manière d’exploiter la faiblesse de l’exécutif pour tenter de précipiter sa chute.

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Face à l'impasse des négociations et à la faiblesse d'un gouvernement sans majorité, l'intersyndicale appelle à une nouvelle journée de grève nationale le 2 octobre. Pour aller plus loin dans l'analyse de ce bras de fer social et politique, découvrez notre revue papier mensuelle.

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