L’été 2025 a vu une hausse record des faillites d’entreprises en France

L’été 2025 a vu une hausse record des faillites d’entreprises en France, avec des conséquences économiques et humaines graves.

🔥 Les essentiels de cette actualité

  • Entre juillet et septembre, 14.371 entreprises ont fermé, une hausse de 5,2 %. Septembre seul compte 6.800 faillites, un record inquiétant.
  • Depuis janvier, 50.700 entreprises ont disparu. TPE et PME souffrent, avec des hausses de faillites de 9 % et 13 %. Même les grandes entreprises sont touchées.
  • Certains secteurs comme l’industrie manufacturière voient leurs défaillances augmenter de 17 %. Seuls la construction et le commerce résistent légèrement.
  • Des disparités régionales : le Centre-Val de Loire subit une explosion de 33,2 % des faillites, tandis que la Bretagne baisse de 9,7 %.

Pas moins de 14.371 entreprises ont mis la clé sous la porte entre juillet et septembre dernier.

Les chiffres, publiés ce mardi 14 octobre par le cabinet Altares, montrent une augmentation inquiétante de 5,2 % par rapport à la même période l’an passé.

Le mois de septembre s’avère particulièrement catastrophique : 6.800 défaillances en un seul mois — presque la moitié du total trimestriel.

Une véritable hécatombe qui confirme les craintes des patrons de TPE et PME, étranglés entre la hausse des coûts et la baisse du pouvoir d’achat des Français.

Altares parle d’un “record estival”, un terme bien trop aseptisé pour décrire ce qui ressemble davantage à une vague de fond économique.

Derrière ces statistiques froides se cachent des milliers de drames humains : salariés au chômage, entrepreneurs ruinés, familles déstabilisées.

Un sombre bilan économique et humain

Depuis janvier, 50.700 entreprises ont déjà disparu, soit 1.600 de plus qu’à la même période l’an dernier.

Les TPE employant plus de 5 personnes craquent sous la pression : +9 % de faillites cet été. Plus inquiétant encore, les PME de 10 à 19 salariés enregistrent une hausse de 13 % de leurs défaillances.

Même les grandes structures ne sont plus épargnées. D’après l’étude trimestrielle publiée par Altares le 14 octobre, 46 entreprises de plus de 100 salariés ont mis la clé sous la porte, mettant en péril près de 10.000 emplois.

46 entreprises de plus de 100 salariés font défaut, menaçant à elles seules 10.000 emplois.

« Le mois de septembre a refroidi les espoirs d’un retournement», commente dans le communiqué Thierry Millon, directeur des études chez Altares. « L’économie française est plongée dans un épais brouillard. »

L’économie française est plongée dans un épais brouillard.

Des secteurs en grande difficulté

Certains secteurs souffrent plus que d’autres. L’industrie manufacturière, déjà fragilisée par les délocalisations et une transition écologique mal pilotée, subit une hausse de 17 % des défaillances. Les services aux entreprises suivent la même pente (+9 %).

Seuls la construction et le commerce semblent tirer leur épingle du jeu, avec une progression plus limitée de 2 %. Une maigre bouffée d’oxygène dans un climat économique asphyxiant.

Des disparités régionales marquées

La situation varie fortement selon les régions. La Bretagne connaît une baisse des faillites de 9,7 %, offrant un exemple rare de stabilité économique.

La Provence-Alpes-Côte d’Azur limite les dégâts avec -3,8 %, tandis que le Grand Est parvient à se maintenir à -0,4 %, un équilibre fragile.

À l’inverse, plusieurs régions enregistrent des hausses préoccupantes. L’Auvergne-Rhône-Alpes voit ses défaillances augmenter de 13,5 %, la Nouvelle-Aquitaine de 11,7 %, et les Pays de la Loire de 14,8 %. La Corse n’est pas épargnée, avec +14,3 %.

Le record revient au Centre-Val de Loire, où le nombre d’entreprises ayant mis la clé sous la porte explose de 33,2 %, soit un tiers d’entreprises supplémentaires par rapport à la même période l’an dernier.

Des signaux d’espoir timides dans le marasme

Quelques lueurs apparaissent toutefois. Les redressements judiciaires représentent désormais 30 % des procédures collectives, contre moins d’un quart il y a deux ans — une hausse de 10,7 % sur douze mois.

Dans le même temps, les liquidations judiciaires directes n’ont progressé que de 2,8 %.

Un léger souffle d’oxygène : le redressement judiciaire laisse aux entrepreneurs un délai pour se relancer ou trouver un repreneur, contrairement à la liquidation immédiate qui signe la mort brutale de l’activité.

La procédure de sauvegarde reste pourtant marginale : seulement 331 cas recensés au troisième trimestre.

Une anomalie qui révèle le manque d’accompagnement réel des entreprises en difficulté.

Si les pouvoirs publics s’y intéressaient davantage, nombre d’emplois pourraient être sauvés.

Une économie en sursis

La France vit une période sombre. Derrière les chiffres, il y a des destins brisés et une politique économique déconnectée des réalités du terrain.

Tandis que les dirigeants se perdent dans leurs querelles, des milliers de Français perdent leur gagne-pain.

Ces statistiques devraient résonner comme un signal d’alarme, pas comme une note de bas de page dans un rapport ministériel.

Mais combien de temps encore le pouvoir continuera-t-il à faire la sourde oreille face à la détresse de nos entrepreneurs ?

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