🔥 Les essentiels de cette actualité
- Les douanes ont contrôlé 320 474 colis Shein à Roissy-CDG, révélant un quart de produits non conformes, dont des contrefaçons et jouets dangereux.
- Les chiffres initiaux de 80 % d’irrégularités ont été révisés à la baisse, signe d’une bureaucratie en difficulté face à l’afflux de marchandises low-cost asiatiques.
- Les textiles de Shein ont montré peu de non conformité, grâce à la suspension des vendeurs tiers avant le contrôle et un audit interne en cours.
- La découverte de poupées pédopornographiques a déclenché une procédure de suspension de Shein, rejetée par le tribunal de Paris, mais le gouvernement fait appel.
Début novembre, à Roissy-CDG, les douanes ont passé au crible 320 474 colis de la marketplace chinoise Shein.
Verdict accablant : un quart des produits hors textiles serait non conforme, truffé de contrefaçons, de cosmétiques et appareils sans marquage obligatoire, ou de jouets bafouant les normes de sécurité françaises.
Les autorités avaient initialement annoncé 80 % d’irrégularités sur 200 000 paquets. Cette correction traduit une bureaucratie en difficulté face à l’afflux croissant de marchandises low-cost asiatiques.
Les textiles de Shein s’en sortent
Le cœur de métier de la plateforme a présenté des résultats bien distincts. Les autorités rapportent que les articles textiles « ont laissé apparaître peu de non conformité ».
Ce constat favorable découle d’un calendrier précis : Shein a suspendu l’accès de sa place de marché aux vendeurs tiers le 5 novembre, soit la veille de l’intervention douanière.
Seuls les produits en propre de l’enseigne ont donc subi le contrôle. Depuis, l’entreprise mène un audit interne et réautorise au compte-gouttes les seuls vendeurs européens qui satisfont à ses exigences de conformité.
Le scandale des poupées pédopornographiques et la riposte judiciaire
Suite à la découverte de marchandises vérolées aux douanes, le gouvernement français a lancé une procédure de suspension de Shein, furieux de la vente de poupées à caractère pédopornographique.
Mais le tribunal judiciaire de Paris a rejeté le blocage provisoire, jugeant la mesure « disproportionnée ». Le gouvernement a immédiatement fait appel.
De son côté, Shein a retiré prestement ces produits scandaleux et déclenché un audit interne en urgence, avant de progressivement réautoriser les vendeurs tiers européens validés.
L’invasion des petits colis chinois
Le cas Shein illustre une tendance lourde du commerce international. En France, le volume d’articles contenus dans les petits colis a bondi de 170 millions en 2022 à 773 millions en 2024.
La Chine expédie 97 % de ces marchandises. Un rapport parlementaire de décembre rappelait déjà la vulnérabilité du marché : une opération ciblée en 2022 avait établi que 96 % des articles étaient non conformes ou contrefaits.
Pour endiguer cette marée, les États européens prévoient une taxation de 3 euros sur les petits envois à partir du 1er juillet 2026.
Le Parlement français pourrait porter ce montant à 5 euros dans le cadre des débats sur la loi de finances.
IMPORTANT - À lire
Vous souhaitez aller plus loin que cet article et approfondir votre compréhension des enjeux du commerce international ? Chaque mois, notre revue papier décortique les tendances lourdes qui façonnent l'économie mondiale, comme l'invasion des petits colis chinois.
Plongez au cœur de l'actualité géopolitique avec des analyses pointues sur les défis douaniers, les stratégies des géants du e-commerce et les ripostes des États. Notre revue vous offre les clés pour saisir un monde en pleine mutation.
