🔥 Les essentiels de cette actualité
- L’assassinat de Mehdi Kessaci à Marseille marque un « point de bascule » dans l’emprise des narcotrafiquants, qui s’étend désormais aux petites communes françaises.
- Les maires, démunis face à cette expansion, lancent un appel pressant à l’État lors du 107e Congrès des maires, dénonçant le manque de ressources et de pouvoirs pour la police municipale.
- Une approche globale est réclamée, incluant une prévention précoce de l’addiction et des structures de soins pour les toxicomanes, pour lutter efficacement contre ce fléau.
L’assassinat de Mehdi Kessaci à Marseille a ravivé les craintes, marquant, selon le ministre de l’Intérieur, un « point de bascule » dans le mode opératoire des narcotrafiquants pour étendre leur emprise.
Si le fléau du trafic de drogue est bien connu et ancré dans la cité phocéenne, il n’épargne plus des communes plus petites, dans l’ensemble des départements français.
Des réseaux qui se propagent comme une traînée de poudre à travers l’Hexagone.
Nos politiciens regardent ailleurs, comme d’habitude. Ils attendent qu’un drame survienne pour s’émouvoir devant les caméras.
L’État, si prompt à nous serrer la vis pour des broutilles administratives, semble curieusement impuissant face à ces réseaux criminels qui touchent maintenant jusqu’à nos villages.
Les forces de l’ordre manquent de moyens et de personnel, tandis que les magistrats croulent sous les dossiers.
Le trafic s’implante dans les villes moyennes
Les trafiquants de drogue prospèrent, étendant leurs tentacules dans des villes qui étaient autrefois épargnées.
De Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme) à Carhaix (Finistère), en passant par Béziers (Hérault), Nîmes (Gard) ou encore Compiègne (Oise), le narcotrafic gagne du terrain.
Les criminels qui gèrent ces réseaux sont toujours plus rusés et plus violents.
Les habitants découvrent avec effroi ce que les Marseillais connaissent depuis longtemps : la peur de sortir le soir, les règlements de compte en pleine rue et l’indifférence des pouvoirs publics.
Il faudrait une volonté politique forte pour mettre fin à cette expansion, mais nos gouvernants préfèrent sans doute s’occuper d’enjeux plus « prestigieux » que la sécurité quotidienne des Français.
L’appel au secours des maires
Face à l’expansion du trafic, les maires se retrouvent démunis. Ils se sont mobilisés au 107e Congrès des maires de France, qui a débuté le lundi 17 novembre à Paris.
À cette occasion, ils ont lancé un appel pressant à l’exécutif, dénonçant leur sentiment d’abandon et le manque de ressources pour mener une lutte concrète contre ce fléau.
Le discours de clôture du Premier ministre Sébastien Lecornu, prévu pour jeudi, est particulièrement attendu par les élus locaux.
Beaucoup doutent déjà qu’il leur apporte autre chose que des paroles creuses.
Des policiers municipaux aux pouvoirs limités
Les maires réclament des moyens et davantage de pouvoir pour la police municipale. « Il faut vraiment nous aider », s’écrie l’un d’eux auprès de Franceinfo.
Le maire de Vieux-Fort en Guadeloupe, Héric André, a illustré ce désarroi :
Je demande le concours de l’État pour éviter que les choses ne progressent aussi rapidement. Il faut agir maintenant, sinon ça pourrait dégénérer comme dans certaines grandes villes.
Il souligne que sa commune ne dispose que de deux policiers municipaux.
Ce problème ne se limite pas aux effectifs, mais bien aux prérogatives de ces agents : « Les policiers municipaux n’ont pas la possibilité de contrôler les identités ou de faire des enquêtes. »
Dans le Var, Jérémy Giuliano, maire du Val, confirme ce constat :
On se sent démunis, parce qu’au niveau de la police municipale, il n’y a pas de pouvoir.
Plus de prévention sur l’addiction
Outre un renforcement des pouvoirs de leurs forces municipales, les maires de France exigent une approche globale.
L’élue de Besançon, Anne Vignot, a insisté sur la nécessité d’une prévention précoce pour les parents dont les jeunes sont embrigadés parfois très tôt dans ces réseaux. « Il faut appréhender le problème par tous les bouts », a-t-elle appuyé.
La lutte doit également cibler les consommateurs. L’édile a réclamé la création de structures de soins adaptées pour les toxicomanes, similaires à celles existant déjà à Strasbourg et Paris.
Elle a martelé : « On a besoin de travailler à toutes les échelles de l’addiction. On ne peut pas laisser des gens se piquer dans les rues. »
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