Le nouveau Premier ministre taille dans les « doublons » administratifs

Le nouveau Premier ministre taille dans les « doublons » administratifs

🔥 Les essentiels de cette actualité

  • Le nouveau Premier ministre sabre dans les dépenses publiques en visant les doublons administratifs pour simplifier l’État.
  • La mission « État efficace » promet de supprimer des structures redondantes, comme la délégation à la forêt et au bois.
  • Objectif : économiser jusqu’à 3 milliards d’euros d’ici 2027, mais les services publics seront-ils vraiment plus efficaces ou simplement réduits ?

Le nouveau Premier ministre cherche à sabrer dans les dépenses publiques et promet de « simplifier » l’administration.

Sébastien Lecornu a confié à deux hauts fonctionnaires une mission baptisée « État efficace », chargée, selon un document de Matignon, de proposer « en continu des mesures d’efficacité du service public au Premier ministre ».

Objectif officiel : rendre l’organisation administrative « plus lisible, plus simple et plus efficace ».

Derrière ces formules policées, la commande est limpide : regrouper, fusionner, et surtout supprimer « des structures qui font double emploi dans le même champ de politique publique ».

Lecornu entend donc viser directement les chevauchements administratifs, quitte à multiplier les coupes.

En juillet, un rapport du Sénat avait dénoncé l’« archipel » pléthorique d’agences et d’opérateurs : 434 opérateurs, 317 organismes consultatifs et 1 153 organismes publics nationaux.

Parmi eux, l’Ademe, l’Agence Bio ou encore l’Agence nationale du sport. Les sénateurs avaient calculé qu’une rationalisation de ce maquis pourrait dégager 540 millions d’euros d’économies sur plusieurs années.

De son côté, Matignon assume vouloir « supprimer des strates ».

Un principe : supprimer d’abord

À la tête de la mission « État efficace », Pierre-Mathieu Duhamel et Denis Morin ont reçu pour consigne de « passer en revue les différentes délégations interministérielles existantes, avec pour principe que leur suppression soit désormais la règle ».

Concrètement, une première vague d’organismes est déjà promise à la disparition.

La délégation ministérielle à la forêt et au bois va être rayée de la carte, alors même qu’il existe déjà plusieurs délégations similaires dans d’autres ministères.

La délégation interministérielle aux restructurations d’entreprises disparaîtra également, ses missions étant reprises par Bercy.

Certaines structures en fin de vie verront leur fermeture accélérée, comme le coordonnateur national des mobilités pour les Jeux olympiques ou la délégation générale au Service national universel, programmée pour s’éteindre au 1er janvier 2026.

Selon Matignon, « les textes réglementaires seront publiés dans les prochains jours » pour acter ces suppressions.

Une première salve symbolique

Cette première salve reste largement symbolique : quelques dizaines de postes redéployés tout au plus. Mais c’est la méthode qui compte : tailler dans les dépenses publiques en supprimant les organismes jugés superflus.

D’ailleurs, la ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin, ne cache pas l’ambition.

Fin avril, elle promettait 2 à 3 milliards d’euros d’économies d’ici 2027 en supprimant ou fusionnant un tiers des opérateurs de l’État – à l’exception notable des universités.

Reste la grande inconnue : les services publics en sortiront-ils vraiment « plus efficaces », comme l’affirme le gouvernement, ou simplement plus réduits ?

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