La fébrilité à Strasbourg et à Bruxelles persiste après la rencontre avec Trump

La fébrilité à Strasbourg et à Bruxelles persiste après la rencontre avec Trump

🔥 Les essentiels de cette actualité

  • Les eurodéputés attendent des explications d’Ursula von der Leyen sur l’accord commercial avec Trump, perçu comme une humiliation pour l’Europe.
  • Les divisions politiques persistent : centristes hésitants, sociaux-démocrates contre, droite soutenant sans enthousiasme.
  • La fébrilité à Strasbourg et Bruxelles persiste, avec des critiques sur la diplomatie européenne et des tensions sur Gaza et l’Ukraine.

Les eurodéputés attendent des explications de la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, ce mercredi à Strasbourg, au sujet de l’accord commercial conclu avec Donald Trump.

Beaucoup d’entre eux digèrent mal ce texte et ne cachent pas leur amertume.

Von der Leyen doit livrer son traditionnel discours sur l’état de l’Union, où elle présente chaque année ses grandes orientations politiques.

La tâche s’annonce ardue. « C’est une rentrée difficile. L’Europe est perçue comme assez faible », concède une source interne à la Commission.

Et d’ajouter : « Sur Trump, le juge de paix, ce n’est pas l’accord, c’est l’après. S’il ne respecte pas l’accord, il faudra être très dur. »

Un « deal » vécu comme une humiliation

Scellé fin juillet, l’accord impose 15 % de taxes américaines sur plusieurs produits européens, avec des exceptions pour l’aéronautique.

En contrepartie, l’Europe s’engage à acheter massivement de l’énergie américaine et à réduire ses propres droits de douane sur divers produits américains.

Ce texte est mal perçu jusque dans l’hémicycle. « Tout le monde s’accorde sur le fait que c’est un mauvais deal » qui « traduit la faiblesse de l’Europe », tranche Valérie Hayer, présidente du groupe centriste Renew.

La socialiste Iratxe Garcia Pérez va plus loin : « L’argument selon lequel un mauvais accord vaut mieux que rien du tout est totalement inacceptable. »

La critique dépasse le cercle des élus. Selon une enquête menée par Cluster17 dans cinq pays européens et publiée par Le Grand Continent, 52 % des Européens disent avoir ressenti de « l’humiliation » face à cet accord.

Des divisions politiques persistantes

Les centristes entretiennent le suspense, les sociaux-démocrates menacent de voter contre, et la droite, d’où vient von der Leyen, se prépare à soutenir l’accord sans enthousiasme.

« Les droits de douane, ça ne nous fait pas plaisir », reconnaît Manfred Weber, chef du Parti populaire européen (PPE).

Mais, selon lui, l’Europe doit « s’adapter à la réalité » voulue par le président américain.

Même position chez les eurodéputés italiens fidèles à Giorgia Meloni, qui siègent dans l’un des trois groupes d’extrême droite du Parlement.

Le théâtre institutionnel de Strasbourg et Bruxelles

À Strasbourg comme à Bruxelles, la fébrilité reste palpable depuis la poignée de main entre Trump et von der Leyen.

La scène institutionnelle tourne à vide : des déclarations enflammées, des menaces de veto, mais des votes qui suivent presque toujours la ligne fixée.

De son côté, Marina Mesure, membre de la gauche radicale, s’attend à ce que von der Leyen adopte « probablement un ton plus offensif » pour « essayer de faire passer la pilule, de vendre son accord » aux eurodéputés.

Une diplomatie sans colonne vertébrale

Les divisions apparaissent aussi sur le front international. Ursula von der Leyen sera scrutée sur Gaza, après des frappes israéliennes au Qatar visant des responsables du Hamas.

« Génocide », dénonce la socialiste espagnole Teresa Ribera, qui fustige l’inaction des Vingt-Sept.

Manfred Weber lui rétorque sèchement : « Débattre des mots divise l’Europe. Ça ne nous aide pas, ça ne nous apporte pas plus de crédibilité. »

Sur l’Ukraine, le ton change. Von der Leyen se félicite du soutien constant de l’Europe. Paris et Berlin promettent des garanties de sécurité à Kiev.

Dans le même temps, l’UE prépare un 19ᵉ paquet de sanctions, visant cette fois certains pays accusés d’acheter encore des hydrocarbures russes.

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