🔥 Les essentiels de cette actualité
- Jean Castex nommé à la tête de la SNCF après son passage à la RATP, signe de la continuité des nominations politiques.
- Soutenu par les syndicats, sa capacité à dialoguer avec les salariés est mise en avant malgré les défis de la SNCF.
- Simultanément, Marie-Ange Debon prend les rênes de La Poste, illustrant le jeu de chaises musicales dans les entreprises publiques.
Emmanuel Macron a jeté son dévolu sur Jean Castex pour succéder à Jean-Pierre Farandou à la tête de la SNCF.
Après six années passées par ce dernier à la direction du groupe ferroviaire, l’annonce a été faite vendredi 26 septembre par l’Élysée : l’ancien Premier ministre est officiellement proposé pour prendre les commandes du rail français.
Une fois encore, la mécanique institutionnelle se met en marche : Yaël Braun-Pivet, présidente de l’Assemblée nationale, et Gérard Larcher, président du Sénat, ont reçu les projets de nominations, afin que les commissions concernées puissent les examiner selon les règles établies par la Constitution.
Sauf rejet par au moins trois cinquièmes des suffrages exprimés, l’affaire ne devrait être qu’une formalité.
Un parcours déjà jalonné de promotions politiques
Après avoir quitté Matignon en 2022, Jean Castex n’était pas resté longtemps sans poste de prestige.
À peine parti qu’il retrouvait déjà un fauteuil doré à la tête de la RATP. C’est donc tout naturellement que l’ancien maire de Prades, diplômé de l’ENA et passé par la Cour des comptes, poursuit son ascension au cœur du système des entreprises publiques.
Inconnu du grand public avant sa nomination comme chef du gouvernement en 2020, il s’était fait remarquer par sa gestion de la crise du Covid-19, souvent jugée autoritaire.
Ce « technocrate passionné de trains », comme aiment à le rappeler ses soutiens, a multiplié les gages auprès des syndicats lorsqu’il dirigeait la RATP, négociant des accords sur la qualité de vie au travail et des augmentations de salaires pour calmer la contestation.
Le soutien inattendu des syndicats
Mais le plus surprenant, c’est que cette candidature ne rencontre pas d’opposition frontale côté syndical.
Bien au contraire. Selon un ministre démissionnaire cité par BFMTV, c’est même Sophie Binet, secrétaire nationale de la CGT, qui aurait soufflé le nom de Castex.
La raison avancée ? Sa capacité à « dialoguer facilement » avec les représentants des salariés lorsqu’il était à Matignon.
Voilà qui interroge. Officiellement en première ligne contre les réformes du pouvoir, la CGT valide finalement le parachutage d’un proche de Macron à la tête de la SNCF.
Une belle illustration de ce copinage feutré entre pseudo-adversaires qui, une fois les projecteurs éteints, trouvent toujours un terrain d’entente.
Des défis immenses pour la SNCF
Reste que le timing de cette nomination interpelle. La SNCF accumule les difficultés : grèves à répétition, billets toujours plus chers, ponctualité en berne, voyageurs excédés.
Farandou avait accepté de prolonger son mandat jusqu’à l’automne, malgré la limite d’âge, pour éviter un vide au sommet.
Castex, 60 ans, devrait donc prendre le relais, épaulé par l’aval présidentiel et syndical.
D’autres noms avaient circulé, dont celui de Xavier Piechaczyk, président de RTE, mais sans réelle chance face au candidat de l’Élysée.
En avril déjà, le ministre des Transports Philippe Tabarot dressait un portrait sur mesure du futur patron idéal : « quelqu’un qui sait dialoguer avec ses salariés (…) a une connaissance de la maison, du ferroviaire et du territoire ». Une description qui collait parfaitement à Castex.
La Poste aussi dans le jeu des chaises musicales
Et la SNCF n’est pas la seule concernée. Dans le même mouvement, l’Élysée a également annoncé la nomination de Marie-Ange Debon à la tête de La Poste, en remplacement de Philippe Wahl.
Elle dirigeait depuis cinq ans Keolis, filiale de la SNCF spécialisée dans le transport urbain.
Sous son mandat, le chiffre d’affaires du groupe a progressé de 9,6 %, atteignant 7,7 milliards d’euros, notamment grâce au marché français et aux contrats américains.
Une réussite mise en avant pour justifier cette promotion… qui n’est en réalité qu’un nouveau passage d’un grand corps public à un autre, dans ce circuit fermé que Macron entretient méthodiquement.
Toujours les mêmes profils, toujours les mêmes réseaux
Le constat reste le même : les directions des grandes entreprises publiques se transmettent entre anciens de la haute administration, formés dans les mêmes écoles, intégrés dans les mêmes réseaux.
Les usagers subissent les retards, la hausse des tarifs et la dégradation des services, tandis que l’élite continue son interminable carrousel des nominations.
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