L’actualité politique s’est à nouveau accélérée ces derniers jours. En France, François Hollande a annoncé qu’il ne se représenterait, ouvrant la voie à Manuel Valls, qui a déclaré sa candidature quelques jours après. Mais, ce faisant, il cherche à être le candidat d’une famille politique qui subit revers sur revers en Europe, comme le montre la défaite de Matteo Renzi à son référendum.

Quand il ne reste plus que la com.

>S’il ne devait plus y avoir qu’un eurolibéral supposément de gauche, ce sera peut-être Manuel Valls. Alors que le SPD Allemand est réduit à jouer le petit allié d’Angela Merkel, que le PSOE est débordé par Podemos sur sa gauche, qu’en Grande-Bretagne, le parti travailliste a été pris par son aile la plus à gauche, que le PS semble se diriger vers une élimination dès le premier tour de la présidentielle et pourrait même finir 4ème ou 5ème du premier, celui qui était le chouchou eurolibéral, le premier ministre Italien Matteo Renzi va devoir quitter le pouvoir après une très large défaite lors du référendum qu’il a voulu. Bref, le rejet de cette pseudo-gauche eurolibéral semble la chose la plus partagée en Europe.

Le pari de Manuel Valls est sans doute aussi fou que raisonné. Fou car jamais un gouvernement sortant n’a été aussi impopulaire, et s’il l’est un peu moins que le président, on voit mal comment il pourrait réussir. Et le candidat perdant en 2017 portera les stigmates de la défaite, pas forcément un passeport pour prendre le contrôle du PS, à supposer que prendre le contrôle de ce parti ait le moindre intérêt… Fou car il affrontera l’aile gauche de son parti, qui semble se demander s’il vaut mieux que la droite. Mais après tout, sa position peut lui permettre de gagner l’investiture et il y a beaucoup d’espace politique entre Mélenchon et Fillon, car il n’est pas sûr que la bulle Macron n’éclate pas dans l’intervalle.

Mais finalement, le plus fou, c’est finalement le discours qu’il a servi pour annoncer sa candidature. Et si celui qui se voit en Sarkozy du PS n’était qu’un Copé ? Un homme à la langue de bois massif, prêt à dire avec conviction des énormités plus grosses que lui, un condensé de ce que les Français et bien des peuples européens ne veulent plus voir. Mettre sa candidature sous le signe du rassemblement est absolument ridicule pour celui qui a fait de la provocation un style politique, lui qui n’a cessé d’irriter une aile de son parti, que ce soit sur la loi dite travail ou la déchéance de nationalité. Le vide absolu au PS et les limites de ceux qui l’affrontent lui laissent un espoir, mais son discours est ridicule.

Ce qui ressort de Renzi et Valls, c’est que cette pseudo gauche eurolibérale est à bout de souffle. A quoi bon daigner l’appeler social-libérale quand elle refuse d’augmenter le salaire minimum tout en montant les impôts, ce qui diminue le pouvoir d’achat des plus pauvres, qu’elle diminue les droits des travailleurs, qu’elle flexibilise le travail du dimanche ou qu’elle consacre des dizaines de milliards pour baisser les coûts des entreprises ? Finalement, c’est une droite qui se dit de gauche pour se donner bonne conscience et tenter de séduire l’electorat populaire, qui s’en détourne logiquement de plus de plus, d’autant que les ficelles de communication sont de plus en plus voyantes, et même vulgaires.
Toute la question qui se pose, c’est de savoir à qui profitera ce grand recul de cette gauche eurolibérale. La droite classique est au pouvoir à Berlin, Londres et Madrid. Paris lui semble promise. Mais ce n’est pas une solution. En revanche, la question demeure en Italie, où le Mouvement Cinq Etoiles est en embuscade. Mais à supposer qu’il s’impose, il ne faudrait pas qu’il suive le funeste chemin de Syriza.

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