Une opposition frontale à l’offensive israélienne
Depuis l’opération israélienne Rising Lion lancée les 12 et 13 juin 2025 contre des sites nucléaires et militaires iraniens, la Chine et la Russie ont intensifié leurs prises de position diplomatiques contre Tel-Aviv et ses alliés occidentaux. Tandis qu’Israël justifie son intervention par une “menace existentielle”, l’Iran a riposté en tirant plus de 300 missiles balistiques dès le 13 juin.
Pékin et Moscou se posent en garants de la souveraineté iranienne, dénonçant une violation grave du droit international. La Russie évoque un risque de “catastrophe nucléaire”, tandis que la Chine accuse l’Occident de pratiquer des “doubles standards” en matière de sécurité régionale.
Chronologie des réactions sino-russes
- 14-17 juin 2025 (Chine) : Pékin critique la violation de la souveraineté iranienne, affirme que les installations nucléaires de Téhéran sont pacifiques, et dénonce la provocation israélienne.
- 17 juin 2025 (Xi Jinping) : Depuis le Kazakhstan, le président chinois condamne publiquement l’escalade israélienne, appelant à une désescalade immédiate.
- 14-19 juin 2025 (Russie) : Moscou alerte sur un “risque de catastrophe nucléaire”, exige l’arrêt des frappes, et met en garde Washington contre toute intervention militaire. Vladimir Poutine propose une médiation, sans succès.
- 20 juin 2025 : Chine et Russie soutiennent une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU.
La comparaison avec la Syrie : entre continuité et limites
Ce front diplomatique sino-russe n’est pas nouveau. En 2011-2012, les deux puissances avaient bloqué à deux reprises des résolutions du Conseil de sécurité sur la Syrie, invoquant la non-ingérence. En 2012, leur double veto a permis au régime de Bachar el-Assad de se maintenir, malgré les critiques de l’Occident.
Points communs avec la crise iranienne :
- Défense de la souveraineté nationale contre l’ingérence occidentale
- Coopération sino-russe pour bloquer les initiatives américaines à l’ONU
- Soutien affiché à un régime hostile à Washington
Différences avec 2012 :
- L’Iran est une puissance nucléaire potentielle, ce qui élève le niveau de risque
- La Russie est affaiblie par la guerre en Ukraine, réduisant sa capacité d’action directe
- La Chine est plus active diplomatiquement, motivée par ses intérêts énergétiques en Iran
- Aucun veto n’a encore été posé, mais Pékin et Moscou s’y opposeraient vraisemblablement en cas de résolution punitive
La géopolitique énergétique en toile de fond
L’intervention israélienne intervient dans un contexte où les partenariats russo-iraniens et sino-iraniens se sont renforcés, notamment depuis l’accord stratégique Pékin-Téhéran de 2021 et la coopération militaire russo-iranienne annoncée en 2025. La Chine, fortement dépendante du pétrole iranien, a tout intérêt à stabiliser la région sans recourir à l’affrontement militaire.
La Russie, de son côté, cherche à réaffirmer son influence au Moyen-Orient malgré sa perte de contrôle en Syrie, où le régime Assad a fui Damas fin 2024. Moscou conserve un rôle diplomatique, mais son poids stratégique est affaibli.
Une stratégie d’équilibre instable
Chine et Russie adoptent une ligne commune : condamnation ferme d’Israël, opposition à une intervention américaine, mais refus de s’engager militairement. Elles défendent la voie diplomatique tout en protégeant leurs intérêts stratégiques en Iran. Ce positionnement rappelle leurs réflexes de 2012, mais avec plus de prudence et une complexité géopolitique accrue.
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