🔥 Les essentiels de cette actualité
- L’ Europe a perdu son autonomie en sacrifiant l’alliance franco-russe. Elle est devenue un protectorat américain, soumise à Washington et à l’OTAN.
- La diplomatie européenne échoue depuis 2022. L’Ukraine, champ de bataille, affaiblit la Russie et l’indépendance européenne, tandis que l’économie s’écroule.
- Le monde entre dans une ère multipolaire avec la Russie, la Chine et les BRICS. L’Europe s’enferme dans ses illusions, mais un rééquilibrage est possible.
- Sans souveraineté, pas de paix ni de liberté. L’Europe doit redevenir un pont entre les civilisations pour se sauver de sa soumission volontaire.
Le 7 novembre à 19h, Vladimir Fédorovski était l’invité de Nicolas Stoquer, en direct sur Géopolitique Profonde. Écrivain, ancien diplomate et témoin direct de la perestroïka, Fédorovski incarne cette génération d’hommes d’État européens qui rêvaient encore d’une Europe indépendante, équilibrée et respectueuse de la Russie. Aujourd’hui, ce rêve s’est effondré.
Dans son dernier livre, D’Artagnan de Saint-Pétersbourg (Éditions Balland), l’auteur explore les racines culturelles et historiques qui unissaient autrefois l’Est et l’Ouest. Une fresque pleine de nostalgie, mais aussi d’avertissements : l’Europe n’est plus un acteur de l’histoire, mais un pion du bloc atlantiste, soumis à Washington et prisonnier de l’OTAN.
La fin de l’Europe souveraine
Pour Fédorovski, la désoccidentalisation de la Russie n’est pas un caprice impérial, mais une réaction de survie. L’Europe a trahi son rôle historique d’équilibre entre les puissances. En sacrifiant l’alliance franco-russe sur l’autel de l’atlantisme, elle a perdu son autonomie stratégique.
Cette rupture marque un tournant : après avoir été le cœur de la civilisation mondiale, l’Europe s’est volontairement transformée en protectorat américain. L’alliance qui liait jadis Paris et Moscou — moteur d’équilibre géopolitique — a été remplacée par une soumission sans condition à Bruxelles et à Washington.
Fédorovski rappelle que la Russie n’a jamais cessé d’être européenne : par son histoire, sa culture, son ambition civilisatrice. Mais face au mépris occidental, à l’expansion de l’OTAN et à la russophobie institutionnalisée, Moscou n’a eu d’autre choix que de tourner le dos à l’Europe. Ce n’est pas une rupture voulue : c’est une expulsion. Et c’est l’Occident lui-même qui a fermé la porte du dialogue.
L’échec programmé de la diplomatie occidentale
Depuis 2022, la diplomatie européenne vit sa faillite la plus grave depuis la guerre froide. L’“opération spéciale” en Ukraine a révélé le vide stratégique de Bruxelles et de Paris, incapables de penser la sécurité autrement que sous la tutelle américaine.
Fédorovski y voit la conséquence d’un aveuglement : l’Occident s’est pris pour le centre moral du monde et a remplacé la diplomatie par la morale, la négociation par la propagande. Sous prétexte de “défendre la démocratie”, les chancelleries occidentales ont légitimé une guerre d’usure dont les peuples européens paient le prix.
L’Ukraine, transformée en champ de bataille, est désormais un instrument de l’État profond américain. Elle sert à affaiblir la Russie, mais surtout à anéantir l’indépendance européenne. Pendant que l’armée de Kiev s’épuise, l’économie européenne s’écroule et la peur nucléaire s’installe. L’OTAN, loin d’assurer la sécurité, entretient le chaos pour mieux régner.
Le retour du réel : la multipolarité s’impose
Pour Fédorovski, le monde entre dans une ère nouvelle. L’hégémonie américaine vacille, tandis que la Russie, la Chine et les BRICS imposent le modèle du monde multipolaire. Ce basculement n’est plus une hypothèse : c’est une réalité géopolitique.
L’Europe, elle, continue de s’enfermer dans ses illusions morales et technocratiques. Son déclin industriel, énergétique et culturel n’est pas une fatalité, mais le résultat d’une soumission idéologique. Le rêve d’une “maison commune européenne” s’est transformé en champ de ruines diplomatique, où les peuples subissent les décisions d’élites déconnectées.
Pourtant, tout n’est pas perdu. Fédorovski croit encore à la possibilité d’un rééquilibrage, notamment si un tournant politique majeur se produit à Washington. Le retour de Donald Trump, par son pragmatisme et son rejet du bellicisme néoconservateur, pourrait rouvrir un espace de dialogue mondial. Mais le temps presse : à mesure que les blocs se durcissent, la diplomatie s’éteint.
Une leçon de lucidité
Dans un ton à la fois grave et visionnaire, Vladimir Fédorovski dresse le constat d’un monde à la dérive, mais aussi d’une Europe amnésique.
Sans souveraineté, dit-il, il n’y a ni paix ni liberté. L’Europe ne pourra se sauver qu’en redevenant fidèle à elle-même : un pont entre les civilisations, pas un instrument de guerre.
Son message est clair : la paix ne se décrète pas, elle se construit sur la vérité, l’équilibre et la dignité des nations. À défaut, l’Europe mourra non pas de la guerre, mais de sa soumission volontaire.
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