Épargne record : vers un léger allègement en 2026 ?

Les Français privilégient toujours une épargne sécurisée

🔥 Les essentiels de cette actualité

  • Les Français détiennent un record de 6 600 milliards d’euros d’épargne sécurisée, majoritairement dans des produits à taux fixes, reflétant une prudence culturelle.
  • Une génération plus jeune adopte des risques, avec 58 % des 18-24 ans intéressés par les investissements boursiers, signalant un virage vers une gestion dynamique.
  • Le taux d’épargne, à 18,7 %, devrait légèrement diminuer à 16 % d’ici 2026, grâce à une amélioration du pouvoir d’achat, mais des menaces géopolitiques persistent.
  • Découvrez comment cette épargne massive finance l’économie et pourquoi les Français pourraient s’ouvrir davantage aux opportunités risquées.

Les Français ont amassé 6 600 milliards d’euros d’épargne, deux tiers en actifs sécurisés selon le Trésor.

Ce pactole se niche dans des produits de taux : dépôts à terme, livrets réglementés ou fonds euros en assurance-vie.

Ces boucliers patrimoniaux incarnent une sagesse populaire face aux turbulences économiques. Le tiers restant s’aventure dans les fonds propres.

L’étude du Trésor, publiée le 8 janvier, précise la destination de ces flux : « Une partie du patrimoine finance directement les entreprises, tandis qu’une autre est placée auprès d’intermédiaires financiers qui assurent sa transformation en financements de l’économie (prêts, actions, obligations). »

Une partie du patrimoine finance directement les entreprises, tandis qu’une autre est placée auprès d’intermédiaires financiers qui assurent sa transformation en financements de l’économie.

Une exception culturelle face au risque

Cette préférence pour la garantie souligne l’appétence traditionnelle des ménages pour la liquidité.

Ce pragmatisme, partagé avec les Allemands, les Italiens ou les Espagnols, s’explique par un refus de la roulette russe financière.

Contrairement aux modèles du Royaume-Uni, des Pays-Bas ou des États-Unis, la France dispose de fonds de pension extrêmement faibles.

L’absence de ces structures limite mécaniquement l’exposition aux actions et aux risques lourds.

Pourtant, une brèche s’ouvre. Depuis la crise du Covid, les actionnaires rajeunissent et adoptent une gestion dynamique.

Philippe Crevel, directeur du Cercle de l’Épargne, y voit une forme d’américanisation des comportements.

Selon une étude de son think tank publiée en février 2025, 58 % des 18-24 ans et 48 % des 25-34 ans jugent l’investissement boursier intéressant.

Ce chiffre dépasse largement les 43 % observés chez l’ensemble des Français l’année précédente.

Ces nouveaux épargnants acceptent une part de risque pour maximiser leurs gains potentiels, loin de la passivité des générations précédentes.

Un atterrissage progressif de la thésaurisation

Aujourd’hui, le taux d’épargne culmine à 18,7 % du revenu disponible. Ce sommet témoigne d’une prudence persistante : le renoncement à la consommation immédiate justifie la protection du capital.

Cependant, la trajectoire devrait s’infléchir. Le Trésor anticipe un repli du taux autour de 16 % d’ici 2026.

Ce tassement provient de la réalisation de dépenses longtemps décalées, soutenues par une amélioration du pouvoir d’achat.

Malgré cette baisse, le niveau restera bien au-dessus des 14,7 % de l’année 2019.

Seul un incident géopolitique majeur pourrait renforcer davantage cette forteresse patrimoniale et freiner l’ouverture progressive des Français au risque.

IMPORTANT - À lire

Les Français réinventent leur rapport au risque financier, mais cette transformation révèle des enjeux géopolitiques bien plus larges. Découvrez comment les turbulences économiques mondiales façonnent nos choix d'épargne dans notre revue mensuelle, qui approfondit les analyses d'actualité et de géopolitique au-delà des chiffres.

De l'américanisation des comportements aux crises géopolitiques majeures, comprenez les vraies forces qui remodèlent l'économie française. Abonnez-vous à notre revue papier pour explorer chaque mois les contextes cachés derrière les décisions financières des Français.

Previous Article

Le déficit commercial américain chute à 29,4 milliards de dollars

Next Article

Stéphanie Rist entrouvre la porte aux médecins mais oublie de tracer le chemin des négociations