Commission européenne : l’impunité au sommet

🔥 Les essentiels de cette actualité

  • Le Parlement européen rejette la motion de censure contre Ursula von der Leyen, avec seulement 175 voix favorables sur 361 nécessaires.
  • L’alliance centriste et social-démocrate soutient fermement von der Leyen, malgré les critiques internes et les tensions.
  • Le scandale du Pfizergate et les échanges secrets avec Pfizer révèlent une opacité et un mépris du contrôle démocratique.
  • Les eurodéputés boudent le vote, illustrant une démocratie de façade et une Union européenne qui protège ses intérêts plutôt que ses peuples.

Ce jeudi 10 juillet 2025, le Parlement européen a rejeté à Strasbourg une motion de censure portée par les oppositions contre Ursula von der Leyen. Résultat sans appel : 175 voix favorables, loin des 361 nécessaires pour faire tomber la présidente de la Commission. Une tentative étouffée dans l’œuf quand il s’agit de défendre les intérêts du peuple contre l’élite installée. 

Malgré les tensions internes, Ursula von der Leyen conserve l’appui sans faille de l’alliance centriste et social-démocrate. À Bruxelles, la solidarité des appareils prend toujours le pas sur l’intérêt général. Même les écologistes, pourtant critiques sur certains dossiers, se sont ralliés au pouvoir en place.

Une opposition marginalisée par le système

La motion, soutenue par l’extrême droite et une poignée d’élus de la gauche radicale, n’a reçu que 12 appuis hors des rangs nationalistes. Preuve, une fois de plus, que remettre en cause le pouvoir de Bruxelles reste un tabou, même après les élections européennes de juin, qui ont pourtant vu progresser les forces eurosceptiques. 

Les Fratelli d’Italia, membres du gouvernement italien, n’ont même pas participé au vote. Une abstention stratégique qui révèle les calculs d’appareil et l’ambiguïté d’une droite soi-disant souverainiste, qui préfère pactiser avec les technocrates plutôt que de soutenir une motion symbolique mais politiquement claire.

Une alliance de façade au service d’un système verrouillé

L’ensemble des forces dites « pro-européennes » – droite PPE, centristes Renew, sociaux-démocrates S&D – s’est rangé derrière von der Leyen. Même Manfred Weber, chef du groupe PPE, a salué ce « signe de stabilité » en déclarant : « Nous constituons le facteur de stabilité du projet européen. » Une déclaration qui sonne creux quand l’inflation ronge les salaires et que la Commission multiplie les mesures impopulaires. 

Derrière cette façade d’unité, les fissures s’élargissent. Les critiques internes au PPE sur l’autoritarisme croissant de la Commission se font entendre à huis clos, mais disparaissent dans l’hémicycle. Aucun courage politique. Aucun sens des responsabilités.

Une démocratie d’apparence, un théâtre bien rôdé

Si le débat de lundi a vu fuser les invectives, la séance de mardi s’est déroulée dans une ambiance morne, devant des rangs à moitié vides. Les eurodéputés, résignés, ont largement boudé ce vote, dont l’issue était jouée d’avance. À Bruxelles, les coups de théâtre ne sont que des mises en scène : les motions de censure, vidées de leur sens, ne servent qu’à entretenir l’illusion d’un contrôle démocratique. 

Ce rituel bien huilé cache une vérité amère : l’Union européenne s’est bâtie pour étouffer la voix des peuples, et ses élus, complices ou résignés, jouent leur rôle dans cette mascarade.

Vaccins, deals opaques et mensonges d’État

Derrière cette motion de censure rejetée se cache un scandale qui refuse de mourir : le « Pfizergate ». Au centre de l’affaire, des échanges de SMS entre Ursula von der Leyen et le PDG de Pfizer, Albert Bourla, à propos de l’achat massif de vaccins pendant la crise sanitaire. Des messages que la Commission refuse toujours de rendre publics. 

Gheorghe Piperea, eurodéputé roumain du groupe conservateur ECR, n’a pas mâché ses mots : selon lui, la Commission « abuse de ses pouvoirs » et « ignore le Parlement ». Il dénonce une « concentration non démocratique des décisions entre les mains d’une seule personne », une critique de plus en plus partagée au sein même des institutions. 

Pendant que les citoyens européens subissaient confinements et couvre-feux, les accords pharmaceutiques se négociaient dans le plus grand secret.

Une Union qui protège ses intérêts, pas ses peuples

Ce scandale aurait dû suffire à faire trembler la Commission. Mais comme toujours, les élites bruxelloises ont verrouillé le débat. À Bruxelles, les alliances se reforment dès qu’un des leurs est menacé. Peu importe les accusations, peu importe les faits. L’important, c’est de maintenir le pouvoir. 

L’opacité, le mépris du contrôle démocratique et la connivence avec les géants industriels deviennent la norme. Les eurodéputés peuvent bien se scandaliser en séance, il n’en reste pas moins qu’ils ont tous voté pour continuer comme avant.

IMPORTANT - À lire

La Commission européenne semble intouchable malgré les scandales. Derrière l'opacité des institutions se cachent des enjeux géopolitiques majeurs. Chaque mois, notre revue papier décrypte l'actualité et les rapports de force qui façonnent l'Europe et le monde.

Recevez une analyse approfondie des coulisses du pouvoir, sans langue de bois ni politiquement correct. Des dossiers fouillés pour comprendre les défis auxquels nos sociétés sont confrontées. Abonnez-vous dès maintenant pour recevoir votre exemplaire papier !

Previous Article

Pierre Jovanovic : affaire Epstein, il n’y a “officiellement” aucune liste ?!

Next Article

Des enfants empoisonnés. Une fillette morte. Et l’État ? Aux abonnés absents.