🔥 Les essentiels de cette actualité
- Le gouvernement abandonne sa promesse de baisser la CVAE, laissant les entreprises sans allègement fiscal attendu, au profit d’une surtaxe qui rapporte gros.
- Avec 8 milliards d’euros engrangés via la surtaxe sur les grands groupes, les patrons du CAC 40 sont sommés de financer la défense nationale, mais à quel prix ?
- Une maigre concession pour les ETI échappe au couperet, tandis que le cynisme politique sacrifie les réformes libérales promises pour un consensus fragile.
- Face aux renoncements, l’exécutif pourrait user de l’article 49.3, imposant un passage en force qui inquiète les entrepreneurs et l’avenir économique.
Le gouvernement enterre sa promesse de baisser la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE). Dans le même temps, il reconduit à l’identique, pour le budget 2026, la surtaxe sur les bénéfices des grands groupes.
Les caisses de l’État engrangent 8 milliards d’euros. Le fardeau des patrons français, lui, reste entier. Une seule concession survit : l’exemption pour les ETI, arrachée de haute lutte par le Parti socialiste.
Pour faire avaler cette double peine, le Premier ministre Sébastien Lecornu s’est adressé aux dirigeants du CAC 40. Il habille la mesure d’un vernis patriotique :
« Cet effort demandé aux très grandes entreprises a un sens très clair et une portée nationale : il contribuera directement au financement de l’accélération de notre trajectoire de défense. »
La manœuvre est transparente. Un gouvernement à la dérive cherche à justifier des dépenses publiques fléchées vers la défense en faisant porter le fardeau aux seuls entrepreneurs.
C’est un patriotisme à sens unique, où les patrons financent des priorités qu’ils n’ont pas choisies.
Le cynisme du plan CVAE sacrifié
Derrière la rhétorique patriotique se cache un renoncement calculé. Le plan initial était pourtant ambitieux : la suppression définitive de cet impôt de production, haï, dès 2028.
Un manque à gagner de 1,3 milliard d’euros pour les caisses de l’État. Les chefs d’entreprise y voyaient une bouffée d’air frais.
Le gouvernement a cédé. Pressé par les marchandages de l’Assemblée, il a sacrifié ces allègements. Le budget 2026 se nourrira donc de la surtaxe prélevée sur le CAC 40.
Pour adoucir la pilule, Lecornu lance une promesse dans le vide :
« Je reste néanmoins persuadé qu’il faudra demain poursuivre la baisse de la CVAE. »
Une perspective lointaine. Les patrons financent dès aujourd’hui une défense nationale aux priorités floues.
L’exécutif saigne les entrepreneurs pour acheter une paix parlementaire. Il piège les patrons dans les filets d’un État interventionniste. Les réformes libérales sont jetées aux orties au profit d’un consensus de façade.
L’artillerie lourde constitutionnelle du macronisme
Face à ces renoncements, le gouvernement préfère forcer le passage. Dès ce lundi, en conseil des ministres, il optera pour l’article 49.3 ou pour une ordonnance budgétaire.
La porte-parole Maud Bregeon a cultivé le suspense dimanche : « Rien n’est exclu, et ça aboutira lundi. » Un flou stratégique qui peine à masquer les fractures au sein de l’exécutif.
Le message est on ne peut plus clair. Ce régime préfère la force brutale du fait accompli à l’exercice patient de la persuasion démocratique.
Les patrons, sommés de financer un effort de défense présenté comme vital, attendent toujours les allègements fiscaux qui leur avaient été promis. L’État, lui, recule sur toutes les réformes. Il se laisse dominer par la pression d’une Assemblée ingouvernable.
IMPORTANT - À lire
Cet article ne révèle que la surface d'une crise plus profonde : comment un État affaibli sacrifie ses entrepreneurs pour maintenir une illusion de pouvoir. Découvrez chaque mois dans notre revue les analyses approfondies des renoncements politiques et des stratégies de survie du pouvoir.
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