Selon le dernier rapport de la FDIC, les banques américaines restent lourdement exposées à des pertes non réalisées sur leurs portefeuilles obligataires. Un risque majeur en cas de choc sur les marchés.
Dans son rapport Quarterly Banking Profile pour le premier trimestre 2025, la Federal Deposit Insurance Corporation (FDIC) alerte : les banques américaines affichent toujours 413,2 milliards de dollars de pertes latentes sur leurs bilans, principalement liées à des titres obligataires comme les Treasuries.
Une baisse temporaire… déjà effacée ?
La FDIC note une diminution de 67,5 milliards de dollars des pertes latentes sur les titres au T1 2025. Une amélioration due à la baisse des taux longs (notamment les taux des obligations à 10 ans et des prêts hypothécaires à 30 ans), qui a mécaniquement fait remonter la valeur des obligations détenues par les banques.
Mais cet apaisement n’aura été que de courte durée :
« Depuis la fin du premier trimestre, les taux longs ont de nouveau augmenté. Si nous mesurions les pertes aujourd’hui, la majorité de l’amélioration serait déjà annulée. »
Un scénario de crise encore possible ?
Pour Rebel Cole, ancien cadre du système de Réserve fédérale, la situation reste hautement instable :
« Il suffirait d’une mauvaise nouvelle concernant une seule banque pour déclencher une nouvelle crise bancaire comme celle de mars 2023. Je suis surpris que cela ne soit pas déjà arrivé. »
Ces pertes latentes, ou unrealized losses, représentent la différence entre la valeur d’achat des titres et leur valeur actuelle sur le marché. Si une banque est contrainte de vendre ces titres en urgence pour répondre à un besoin de liquidité, elle réalise la perte – comme ce fut le cas pour Silicon Valley Bank, dont la chute brutale avait marqué les esprits.
Une stabilité fragile malgré des chiffres en hausse
En apparence, les chiffres du secteur bancaire restent positifs :
- +180,9 milliards de dollars de dépôts domestiques
- Résultat net de 70,6 milliards de dollars (+3,8 milliards)
- Taux de couverture des réserves en baisse de 179,9 % à 168,8 %
Mais l’ampleur des pertes non réalisées laisse planer un risque systémique latent, particulièrement en cas de nouvelle volatilité sur les marchés obligataires.
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