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Notre argent les intéresse ! Le billet d’Hubert

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CE QUE L’ON VOIT
Le 28 février 2014, je titrais mon billet « Banques : la totalité de notre argent les intéresse ». Dans celui-ci, j’expliquais en quoi le manque de séparation des activités de dépôt et de marchés était la cause des dérives bancaires et contribuait largement à l’aggravation de la crise financière. J’abordais aussi une autre cause favorisant cet état de fait : les fréquents allers-retours de nos hauts fonctionnaires entre des « postes clés » du pouvoir et ceux de grandes directions de banque. Si Xavier Musca est toujours directeur général délégué au Crédit Agricole et François Pérol toujours président du directoire du groupe Banques Populaires Caisses d’Épargne (BPCE), Gilles Briatta a été promu secrétaire général… À la Société Générale. Mention « très bien » à François Villeroy de Galhau, passé de la direction générale de la BNP au poste de gouverneur de la banque de France. À quand la BCE ?Je concluais ce billet par un conseil de bon sens : « DÉ-BAN-CA-RI-SEZ-VOUS ». Autrement dit, « Monsieur le banquier, veuillez prendre la porte ». Il faut toujours être poli… même avec son banquier !! « Prendre la porte ? Vous perdre comme client ?… Je vous le répète «votre argent m’intéresse». » Puisque vous le mettez à la porte… il va revenir par la fenêtre… déguisé… Vous ne le reconnaîtrez pas. C’est bigrement malin, un banquier !!Si les banquiers – pas votre directeur d’agence qui est un « employé de banque », sans que cela soit péjoratif, mais quelques membres de directions générales des groupes bancaires – font partie de « l’État profond », ils ne sont pas les seuls. J’ai déjà abordé cette notion dans mon billet du 4 mars 2017, puis dans celui du 13 mai 2017. En font aussi partie des dirigeants de grandes sociétés, de préférence multinationales, mais pas que. Je reviendrai très prochainement sur cette « curieuse entité » et en quoi elle influence tous les pans de notre vie et donc de nos patrimoines.Mais revenons à nos « banquiers déguisés » et prenons l’exemple du groupe FNAC. Les plus jeunes de mes lecteurs seront ravis d’apprendre que cet acronyme signifie historiquement Fédération nationale d’achats des cadres et que cette enseigne a été créée en 1954, par deux anciens militants trotskistes convertis en entrepreneurs : André Essel et Max Theret. Comme quoi, « la politique, ça mène à tout, à condition d’en sortir ».La FNAC propose à ses clients, depuis le début de ce mois, sa propre carte de paiement : la Mastercard FNAC, en partenariat avec un des leaders européens du crédit à la consommation… Crédit Agricole Consumer Finance, filiale à 100 % du groupe bancaire Crédit Agricole. Avec plus de 5 millions de détenteurs de sa « carte adhérent », la FNAC étend les services proposés puisqu’elle est gratuite (c’est la norme aujourd’hui) mais c’est aussi une carte à débit différé. GROS avantage : 1 % de tous les achats effectués avec cette nouvelle carte, y compris ceux réalisés dans d’autres enseignes (même Amazon !!), de même que les retraits aux distributeurs automatiques de billets sont crédités sur le compte fidélité des clients et convertis en chèques cadeaux.

« Nous sommes ravis de pouvoir proposer à nos clients une carte de paiement gratuite, qui offre tous les services des cartes bancaires haut de gamme, ainsi qu’un avantage unique à nos adhérents. La carte Fnac Mastercard est un nouveau vecteur de fidélisation puissant pour notre enseigne, parfaitement complémentaire de nos deux Cartes Fnac et Fnac+ » a déclaré au Parisien Enrique Martinez, Directeur général France de la FNAC.

Il faut dire que la concurrence est rude :

  • avec le groupe CARREFOUR, qui a lancé en avril dernier sa carte de paiement Mastercard « C-zam » dans le cadre de son offre « Le compte courant en libre-service», créé par la filiale du groupe Carrefour Banque, en partenariat avec Mastercard. Le concept est quelque peu différent puisqu’il s’agit d’un compte bancaire « low cost »… Pardon, en bon français : un compte bancaire à prix bas et donc à services limités ;
  • avec la prochaine offre d’Orange. Notre opérateur national historique se prépare à lancer en juillet prochain son offre Orange Bank, comme je vous en avais informé dans mon billet du 20 avril 2017. Cette offre est beaucoup plus agressive que celle de Carrefour. Lisez vous-même les termes employés par Orange : « Une banque pensée par des experts du numérique », « Payer indifféremment avec sa carte ou son mobile », « Envoyer de l’argent par SMS, bloquer et débloquer temporairement sa carte »… Les ambitions sont clairement affichées dans le cadre du plan stratégique « Essentiels 2020 » : « L’objectif est d’atteindre 400 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2018 dans le domaine des services financiers, sur l’ensemble de nos marchés. L’ambition d’Orange Bank est de compter, à terme, plus de 2 millions de clients en France. » Qu’on se le dise !!

CE QUE L’ON NE VOIT PAS

Revenons sur les avantages de la carte FNAC. Nous le savons tous, le fait de payer de façon de plus en plus dématérialisée (CB, paiement sans contact avec son smartphone ou sa montre connectée…) nous fait perdre la notion de la valeur de l’achat. On « n’achète » plus, on « fait une carte »… On fait « chauffer sa carte ». La « merveilleuse carte FNAC » permet aussi d’accéder à des offres de financement, dont un crédit renouvelable… C’est beaucoup plus tentant que le « crédit revolving », non ?… C’est pourtant la même chose et tout aussi dangereux. Nous avons vu tout à l’heure que le partenaire de la FNAC était le Crédit Agricole avec sa filiale Consumer Finance. Parmi les nombreuses autres filiales du Crédit Agricole, il en est une spécialisée dans les crédits à la consommation, SOFINCO. C’est donc elle qui va gérer les crédits à la consommation du détenteur de la Mastercard FNAC.

Il faudra que celui-ci ne se trompe pas de choix, lors du paiement de ses achats, car si son doigt « se trompe de touche »… c’est un « merveilleux crédit renouvelable » qui s’applique. Merveilleux, car il peut atteindre un taux annuel effectif global (TAEG), révisable, de…19,96 %. Elle est rentable la carte FNAC gratuite… Surtout pour SOFINCO.

Le site Capital.fr semble partager mon avis et relève que pour obtenir la Carte FNAC, il faut obligatoirement remplir le « questionnaire SOFINCO », particulièrement intrusif, qui oblige à accepter le partage des informations recueillies avec « ses partenaires ». Nous sommes « cernés ». Sans que nous n’opposions beaucoup de résistance, de plus en plus de sociétés nous demandent de leur livrer « gratuitement » une masse de données qu’elles s’empressent d’utiliser et de revendre « au prix fort ». C’est le règne du big data et de ses dérives.

Il n’y a plus qu’à espérer – on peut rêver, non ? – que la Commission des clauses abusives (CCA), un de nos si nombreux « machins », soit saisie et se prononce en faveur des consommateurs et, poursuivons notre rêve fou, qu’une autre commission… celle de l’informatique et des libertés (CNIL) en fasse de même. Comment ? Vous ne l’en croyez pas capable ? Eh bien sachez que dans la délibération n° SAN-2017-006 du 27 avril 2017, la CNIL a « prononcé une sanction pécuniaire » de 150 000 € à l’encontre de Facebook !! Dans un commentaire adressé à l’AFP, les représentants du réseau social ont fait savoir qu’ils « prenaient acte de la décision de la CNIL », avec laquelle ils se disent « respectueusement en désaccord »… Ah ! Qu’en termes z’élégants, ces choses-là sont dites… Je demande très humblement pardon à Jean-Baptiste Poquelin, mais je n’ai pu résister.

Wanna Cry, vous avez forcément entendu parler de ce virus qui a provoqué un « cyber désastre ». La cyberattaque mondiale qui frappe la planète depuis vendredi 12 mai 2017 a fait « 200 000 victimes, essentiellement des entreprises, dans au moins 150 pays », a affirmé dimanche 14 mai dernier le directeur d’EUROPOL, l’agence européenne spécialisée dans la répression de la criminalité, Rob Wainwright dans un entretien à la chaîne britannique ITV. Ce « ransomware » aurait permis à ses créateurs d’extorquer des sommes considérables à ses victimes.

Comme il est fréquent aujourd’hui, l’emballement médiatique a attribué l’origine de ce piratage informatique « aux Russes » mais comme la Banque centrale de Russie a été fortement affectée par Wanna Cry, une autre voie a dû être envisagée. C’est alors que Microsoft est « monté au créneau » en critiquant l’attitude de certaines agences de renseignement comme la National Security Agency américaine (NSA). La faille dont se sont servis les créateurs du ransomware pour infecter autant d’ordinateurs figurait parmi un ensemble d’outils de piratage appartenant à la NSA. Cette histoire tourne à la Commedia dell’arte quand on apprend qu’un jeune chercheur en cyber sécurité de 22 ans a réussi à ralentir la propagation du virus en achetant un simple nom de domaine. Nous vivons dans un monde formidable.

ET MES SOUS DANS TOUT ÇA ?

Tous ces faits m’inspirent quelques réflexions que j’ai plaisir à partager avec vous :

  • Pour ce qui est des moyens de paiements, « toujours plus performants et mieux sécurisés » :
    • est-ce bien « utile » d’avoir 2 ou 3 cartes bancaires dorées ou noires, toutes pourvues du dispositif de paiement sans contact ?
    • est-il judicieux d’avoir « la collection complète » des cartes de crédit de tous nos fournisseurs préférés ;
    • même si les espèces « déforment les poches », le seul fait d’utiliser du cash le plus souvent possible aide à « ralentir » l’ardeur des banquiers à vouloir supprimer ce moyen de paiement. De plus, cela nous fait mieux percevoir « le prix des choses » ;
    • pourquoi ne pas « aider » les grandes sociétés qui nous demandent tant et tant de renseignements concernant notre vie privée, en « fabriquant » un personnage qui n’est pas vraiment nous ?
  • En ce qui concerne la sécurité informatique, tellement de personnes ne sauvegardent pas leurs données personnelles « sensibles », qu’il est « logique » qu’un jour ou l’autre elles soient volées ou piratées.
  • Les investissements dans la cyber sécurité vont se multiplier dans les années qui viennent. Dans le cadre d’un petit portefeuille boursier géré personnellement, pourquoi ne pas se positionner sur des titres de sociétés spécialisées dans la protection et/ou le stockage des données ?

Ce que voit Alex Andrin

Gare aux propositions de nouvelles cartes.
Pour trouver leurs failles, ce n’est pas de la tarte.
En y réfléchissant, on peut bien s’en passer.
Et tant pis si le banquier se sent délaissé.
Il est peut-être temps de repenser au troc
Qui a plus de valeur qu’un « morceau de plastoc ».
Gardez confiance, je vous aime et vous salue.

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Je suis diplômé de l’Ecole Supérieure du Commerce Extérieur et du Centre d’Etudes Diplomatiques et Stratégiques. J’ai commencé ma carrière en 1997 dans le secteur des nouvelles technologies comme consultant puis Manager au sein du Groupe Altran – Pôle Technologies de l’Information-(secteur banque/assurance et j’ai rejoint en 2006 BNP Paribas comme chargé d’affaires. En 2012 j’ai intégré la société Aucoffre.com comme directeur des études économiques et créé le Contrarien Matin un site de « décryptage quotidien, sans concession, humoristique et sarcastique de l’actualité économique ». En septembre 2015 je quitte mes fonctions au sein de la société Aucoffre.com pour fonder le site Insolentiae.com et se consacrer pleinement à ce nouveau projet éditorial.

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