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La partie d’échec de l’Iran : le rôle des BRICS et de la présidence russe !

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par Danielle Bleitrach

Il ne faut pas oublier que l’Iran depuis janvier est membre des BRICS. Notons également que c’est l’année de la présidence de la Russie qui se montre très active sur le plan diplomatique pour préparer des alliances voire des élargissements.

Il est donc probable que le caractère mesuré de la riposte iranienne a été l’objet de discussion et ceci dans un cadre plus élargi que l’affrontement entre Israël et l’Iran. Nous avons avec la Russie et l’Iran deux maîtres au jeu d’échec et encore moins accessoirement pays pétroliers qui ont réussi (avec le Venezuela) à transformer de plus en plus les liens entre pays producteurs de pétrole et on peut considérer que l’élargissement des BRICS tenait compte en priorité de cette maitrise de l’énergie, ses routes mais aussi la capacité d’investissement et de circuits financiers prenant ses distances avec le dollar.

La partie d’échec qui a pu être négociée au sein des BRICS, permet de suivre trois déplacements des pièces, premièrement du rôle des États-Unis, deuxièmement de la seule solution qui reste une négociation sur la question palestinienne et enfin la prise en compte de la manière dont la région pèse sur les approvisionnements en énergie et marchandises pour l’économie mondiale.

Dans un tel contexte, les négociations (si l’on connait les orientations russes et chinoise et on peut toujours imaginer que c’est ce qui implique la riposte différée à l’attaque de l’ambassade iranienne à Damas) ont dû être longues au sein des BRICS. Lavrov n’a cessé de se déplacer. Il a fallu tenir compte des intérêts spécifiques de chacun y compris ceux de l’Arabie saoudite, qui n’a toujours pas signé les accords Abraham mais qui tient à un équilibre de puissance sur lequel repose son rapprochement grâce à la Chine avec Téhéran. Nous avons également insisté sur l’entente sino-russe dans le respect de leurs intérêts mutuels.

Comme nous ne cessons de le répéter, cette riposte de l’Iran a été en effet mesurée, annoncée longtemps à l’avance et dans le cadre d’une réponse internationalement acceptable à l’attaque consulaire par Israël et en toile de fond les événements de Gaza, on peut qualifier cette réponse de dissuasive.

Premier point, elle n’est pas seulement centrée sur Israël mais bien sur le fait que l’intervention des États-Unis dans cette région (rien qu’autour de l’Iran il y a 35 bases américaines, certains États comme Barhein ne sont plus que des bases et Israël devient de moins en moins autodéfendu et de plus en plus une base) mais, comme dans le reste du monde cette «occupation» vire de plus en plus à la tragédie et il faut traiter de cela en priorité. Israël est peut-être ici la reine mais le roi, celui qui doit être échec et mat ce sont les USA.

La situation s’y prête parce que les marionnettes des États-Unis arrivent de moins en moins à assumer leur défense, leur dépendance non seulement à l’OTAN (mais l’OTAN lui-même) mais directement aux États-Unis est évidente. Résultat la guerre par procuration attire de plus en plus les États-Unis dans le maelström qu’il a créé. En outre ces pays marionnettes ont à leur tête des irresponsables qui jouent leur survie dans l’escalade. Et les États-Unis, alors même que s’accroit leur propre fragilité, l’incapacité à tenir les fronts, se retrouvent impliqués dans des situations dont ils n’ont plus la maîtrise alors même que leurs intérêts immédiats n’y sont pas évidents. C’est là le produit de la situation, celle d’une nation qui est devenue système planétaire de pillage et de domination contre l’intérêt de tous les peuples y compris celui des USA eux-mêmes.

Ici comme en Ukraine, la propagande occidentale (et la française bat en la matière tous les records) a parlé d’une victoire d’Israël, a même insisté sur le soutien du monde arabe la Jordanie et l’Arabie saoudite sans noter que premièrement l’Iran avait prévenu ces pays de sa frappe et du fait que celle-ci ciblait des sites militaires israéliens clés tels que les bases aériennes de Nevatim et Ramon dans le Néguev et un centre de renseignements sur le plateau du Golan occupé – les trois centres utilisés par Tel-Aviv dans son attaque contre le consulat iranien de Damas. Enfin que les événements de Gaza ont chauffé à blanc les peuples musulmans et que les dirigeants corrompus sont eux-mêmes menacés. Enfin à quel point le basculement du monde se confirme et exige une prise de conscience, une autre stratégie. Parce que non seulement celle-ci conduit à l’anéantissement mais les bellicistes font la démonstration de leur incapacité à tenir le front.

On insiste souvent sur le fait que la Russie est un joueur d’échec, les Iraniens aussi et la manière dont ont été pris en compte le droit international, la dissuasion, et le ciblage au-delà d’Israël toute l’alliance occidentale dans sa nocivité reconnue de chacun en particulier par les BRICS et non seulement les partenaires mais l’aire d’influence de cette organisation qui s’élargit. La Chine qui elle sait avec lucidité ce que sont les États-Unis et leurs vassaux ne joue jamais la politique du pire et œuvre pour qu’une porte de sortie soit laissée à l’adversaire parce que c’est ainsi de plus en plus que s’imposent les États-Unis et ceux qui le suivent.

La partie d’échec a été entamée et le premier pion a été avancé dans le détroit d’Ormuz et la manière dont l’IRAN peut définitivement bloquer cette passe stratégique du commerce mondial ; le Corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRI) s’est emparé d’un porte-conteneurs appartenant à des Israéliens près du détroit d’Ormuz. Nous avons toujours insisté ici sur l’enjeu énergétique de ce détroit et sur le fait que l’économie mondiale, occidentale en particulier ne résisterait pas à une hausse du pétrole qui résulterait du blocage de ce détroit. Mais il faut également noter que les États-Unis sont dans un grand risque d’écroulement du dollar sous le poids de leur endettement et de l’inflation rampante. Ce déplacement de pion disait «l’ouverture» qui concernait l’OPEP et les BRICS. Or la démonstration a été faite comme elle est faite désormais en Ukraine, sans le soutien financier et militaire du Pentagone, la défense israélienne n’est pas viable. Les États-Unis se retrouvent dans deux conflits dans lesquels leurs intérêts ni en tant que nation, ni empire n’est aussi directement impliqué et dont le rapport qualité-prix est désastreux tant en terme financier que de prestige international.

L’ouverture sur Ormuz a été suivie de la frappe aérienne sur des cibles essentiellement militaires mais désignant divers points où le relais pouvait être pris par des alliés. Nous avons parlé de spectacle son et lumière c’était voulu, l’objectif n’était pas militaire il était dissuasif et disait clairement : ou vous arrêtez vos mœurs de voyou ou ce sera la guerre régionale et peut-être mondiale.

Ce spectacle avait des deux côtés un coût important et les États-Unis ont donné un maximum, ce sont eux qui ont arrêté la majorité des tirs. Si l’on fait un bilan on s’aperçoit que là comme à Gaza l’armée israélienne s’avère incapable d’assurer ses objectifs malgré ou peut-être à cause de l’absence de vision politique du gouvernement, la fuite en avant. Ce coût ne peut pas être négligé quand il s’ajoute à l’entretien des bases, et à d’autres lieux d’investissement majeurs de la part des États-Unis, en particulier en Ukraine. Pour Israël – sans même compter le prix des avions américains, britanniques et israéliens – le seul système d’interception à plusieurs niveaux lui a coûté au moins 1,35 milliard de dollars, selon un responsable israélien. Des sources militaires iraniennes évaluent le coût de leurs salves de drones et de missiles à seulement 35 millions de dollars – 2,5 pour cent des dépenses de Tel-Aviv.

Et l’Iran a laissé filtrer que ses systèmes de guidage de missiles utilisaient le système de navigation par satellite chinois Beidou ainsi que le système russe GLONASS. Ce qui a été confirmé.

Mais sans désavouer l’Iran, la Russie et la Chine n’ont pas impliqué les BRICS dans un soutien quelconque à l’IRAN, ces deux pays se sont positionnés en arbitre et le paradoxe est que les États-Unis ont plus ou moins reconnu ce rôle potentiel d’arbitre et ont tenté des démarches à la fois publiques (ce qui s’interroge dans le cas de l’attentat en Russie) et privées alternant les demandes d’intervention pacificatrices et les menaces. Le fait que les États-Unis soient partout de l’OTAN à la multiplication des bases les rend vulnérables dans un conflit généralisé. L’Iran a posé les enjeux : la prochaine attaque d’Israël avec l’aide des États-Unis fera de ces derniers des belligérants officiels.

Il serait risible si la situation n’était aussi tragique de voir à quel point les États-Unis tentent de garder la maîtrise de la situation pendant que partout leurs créatures s’emploient à les impliquer directement. On peut toujours face à la politique de Zelensky ou de Netanyahou (mais aussi du trublion Macron) imaginer un complot mais la part de stupidité existe aussi.

source : Histoire et Société

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