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par Bill Bonner

Si l’on mesurait l’inflation comme on le faisait pendant les années Reagan, on verrait que le PIB est en chute libre.

« Dans cinq ans, les intérêts de la dette nationale représenteront 50 cents sur chaque dollar de recettes. Dans dix ans, ce sera 100 cents. » – RFK, Jr.

Selon les démocrates, les Etats-Unis protègent la démocratie au Levant. Les républicains disent qu’ils la protègent en Eurasie. Les deux disent que nous protégeons la démocratie en dépensant des milliers de milliards de dollars que nous n’avons pas. Hillary Clinton dit que voter pour Biden revient à « protéger la démocratie », elle affirme que Donald Trump est une « menace pour la démocratie ». Selon RFK Jr., Biden est une menace encore plus grande pour la démocratie que Trump.

Que faut-il en penser ?

Hier, nous avons examiné la nouvelle société de médias de Donald Trump. Comme nous l’avons vu, les chiffres n’ont aucun sens. L’entreprise a enregistré peu de ventes et beaucoup de pertes. Elle mérite une valorisation d’environ… zéro dollar. Et pourtant, les investisseurs y voient une entreprise valant 10 milliards de dollars. Et Donald Trump poursuit ses partenaires en justice pour s’en attribuer une plus grande part que lui.

Le taux de croissance du PIB de la nation, quant à lui, dépend entièrement du calcul de l’inflation, qui est aussi inconstant que de la pâte à gâteau. Les autorités fédérales la pétrissent, la roulent et la font cuire au four, jusqu’à ce qu’elles obtiennent la saveur et la consistance qu’elles souhaitent.

Si elles mesuraient l’inflation comme elles le faisaient pendant les années Reagan, le PIB réel n’augmenterait pas du tout, mais chuterait, comme un gâteau qui ne tient pas.

Un gâteau mal fait

Le marché boursier, lui aussi, oscille sur les vagues. Mais mesurées en or, les actions sont toujours en baisse de 13,6% par rapport à leurs sommets de 2021.

Y a-t-il quelque chose de réel, d’indiscutable, qui vaille la peine de s’inquiéter ?

Hélas, oui : la dette. Elle ne disparaît pas. Elle augmente. Et elle se dirige vers le désastre. Bloomberg rapporte :

« Le Congressional Budget Office (bureau du budget du Congrès) a averti dans ses dernières projections que la dette du gouvernement fédéral américain est sur la voie de passer de 97% du PIB l’année dernière à 116% d’ici à 2034, soit un niveau encore plus élevé que pendant la Seconde Guerre mondiale. Les perspectives réelles sont probablement pires. Qu’il s’agisse des recettes fiscales, des dépenses de défense ou des taux d’intérêt, les prévisions du CBO publiées au début de l’année reposent sur des hypothèses optimistes. Si l’on prend en compte les taux d’intérêt tels qu’ils sont actuellement perçus par le marché, le ratio dette/PIB atteint 123% en 2034. Supposez ensuite – comme le font la plupart des observateurs à Washington – que les réductions d’impôts de l’ex-président Donald Trump restent pour l’essentiel en place, et le fardeau s’alourdit encore. »

Les chiffres de la dette comportent de nombreuses inconnues connues, mais elles mènent presque toutes au même endroit.

Les économistes de Bloomberg ont effectué un million de simulations pour voir ce qui pourrait se passer. Dans 88% d’entre elles, le « ratio dette/PIB » s’est avéré être une « trajectoire insoutenable ».

Que se passe-t-il lorsque cette trajectoire insoutenable arrive à son terme ? Voici ce que nous dit Fortune :

« Les Etats-Unis garderont des ‘cicatrices graves et irréversibles’ si la dette nationale n’est pas maîtrisée. Aujourd’hui, un rapport retentissant annonce que la facture est plus élevée qu’on ne le pensait et qu’elle atteindra 141 milliards de dollars d’ici à 2054.

… Un rapport publié en mars par le Congressional Budget Office (CBO)… estime qu’en 2054, la dette publique représentera 166% du PIB, soit 141,1 billions de dollars.

Actuellement, la dette nationale de 34 000 milliards de dollars représente environ 99% du PIB et, selon le CBO, elle augmentera régulièrement au cours des 30 prochaines années. A court terme, le CBO s’attend à ce que la dette en pourcentage du PIB dépasse le pic record de la Seconde Guerre mondiale d’ici 2029.

Cette dette croissante, écrit le CBO, ‘ralentirait la croissance économique, augmenterait les paiements d’intérêts aux détenteurs étrangers de la dette américaine et poserait des risques significatifs pour les perspectives fiscales et économiques ; elle pourrait également amener les législateurs à se sentir plus limités dans leurs choix politiques’. »

Oui, cher lecteur, la dette américaine est une chose sur laquelle nous pouvons compter.

Mais au fur et à mesure qu’elle augmente (par rapport à l’économie qui la soutient), elle devient « insoutenable ». Alors, quelque chose d’autre doit se produire. Qu’est-ce qui va se passer ?

La vraie question est de savoir si le changement est intentionnel ou non.

La solution « intentionnelle » est évidente, mais inaccessible. Elle nécessiterait une clarté et une volonté politiques qui n’existent pas. Il faudrait réduire les dépenses de plus de mille milliards de dollars par an. Mais comme ceux qui décident sont aussi ceux qui dépensent… et que ce sont leurs copains et leurs partisans qui obtiennent l’argent… il y a très peu de chances qu’une solution volontaire soit trouvée.

C’est la résolution « involontaire » qui fera les vrais dégâts. Et hier, nous avons eu un aperçu de la manière dont cela pourrait se produire.

Bill BonnerLa Chronique Agora, le 5 avril 2024

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