Une sobriété qui s’appelle famine

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Pour paraphraser un petit poulet un peu trop gonflé de sa propre importance, “l’abondance, c’est fini”. Apparemment, il va falloir tenir compte d’une réalité de terrain quelque peu bousculée : lorsqu’on regarde certains indicateurs avancés, on se rend compte qu’effectivement, la sobriété va s’abattre sur le monde, plus ou moins mollement selon les régions.

Bien évidemment, il n’est ici pas question de cette sobriété ridicule qui nous est actuellement “marketée” (pour faire du bon français) par les frétillantes équipes communicantes de l’Élysée : cette sobriété qui consiste à se déplacer avec parcimonie, à réduire son chauffage de quelques degrés et à mettre un pull à col roulé en cachemire assorti avec des chaussettes épaisses mais élégantes ou à réduire l’utilisation de sa voiture de fonction n’est qu’une nouvelle forme de mépris de classe que la caste jacassante inflige au reste du peuple avec la morgue qui fait maintenant sa marque de fabrique.

Non, la sobriété à laquelle il est fait ici référence en est une autre forme, le parfum “non consenti”, qu’on appelait jadis pénurie il y a un ou deux siècles en Europe de l’Ouest et socialisme soviétique il y a quelques décennies en Europe de l’Est, celle où les rayons des magasins se vident, celle où l’on doit commencer à faire des queues et perdre son temps en paperasserie administrative pour toucher des coupons et autres tickets de rationnements ou ces chèques-brioches distribués par un pouvoir en manque de pain. Tickets, temps perdu, paperasserie et rayonnages vides sont autant de marques du collectivisme appliqué avec aveuglement et c’est exactement ce vers quoi nous nous dirigeons plus ou moins consciemment.

Et ce n’est pas une exagération. J’en veux pour preuves différents éléments glanés ici et là qui laissent présager d’une année 2023 qui va se placer sous la lettre D, celle du mot débrouille, démerde et, vraisemblablement, disette pour certains produits.

Ainsi, aux États-Unis, les récoltes 2022 sont mauvaises. Il faut dire que la météo y fut assez défavorable et les dégâts sur les pousses et les troupeaux sont notables. Assez logiquement, le prix des aliments (légumes, céréales, viande) devrait donc continuer à grimper encore cette année. Les Américains vont les payer plus cher et ce qui sera exporté devrait aussi nettement augmenter, le coût du transport (et de l’énergie) s’ajoutant à ces prix déjà élevés.

Ainsi, l’Europe a connu pendant l’été 2022 une sécheresse carabinée qui, dans certaines régions d’Europe centrale, a fait baisser le niveau des rivières au point que des “pierres de la faim” ont été découvertes pour la première fois depuis des siècles. Les rendements de différentes céréales en ont été affecté. Pour les légumes, c’est un constat similaire avec des pertes entre 25 et 35%. En Angleterre, le constat est le même.

Sans surprise, les productions céréalières en Europe n’ont pas été flamboyantes cette année : si, pour le colza par exemple, on observe malgré tout une croissance des quantités récoltées par rapport à 2021, il manquera 3 à 4% de la récolte de blé ce qui n’améliorera pas son prix qui, nonobstant l’apaisement de sa flambée de cet été (le quintal a doublé entre février et juillet pour heureusement retomber en août), a beaucoup monté ces dernières années (gagnant 50% en 5 ans). Quant à la récolte de maïs, la production a subi une perte de 20% en 2022 par rapport à 2021.

Ailleurs dans le monde, cela ne se présente pas superbement mieux non plus.

Comme l’ONU l’a du reste mentionné, l’Afrique de l’Est risque vraisemblablement de subir des famines tant à cause de récoltes céréalières médiocres qu’une perte notable de ses troupeaux.

En Chine, les épisodes d’inondations d’un côté et de sécheresses de l’autre ont là encore fait des dégâts et certains n’hésitent pas à évoquer une situation qui n’aurait pas été vue depuis des centaines d’années dans l’Empire du Milieu. Voilà un élément de plus sur l’agenda déjà chargé de Xi alors que le pays se débarrasse de sa politique (idiote) du Zéro Covid.

Du côté du Pakistan, les inondation n’aident pas non plus le Moyen-Orient. Et en Inde, là encore, la sécheresse provoque une baisse des rendements dans la récolte de riz par rapport aux années passées. Si la situation n’y est pas catastrophique, le gouvernement indien n’en a pas moins arrêté les exportations et consacré la récolte actuelle à nourrir l’Inde en priorité ce qui ne manque pas d’alimenter (en plus des ventres indiens) une hausse des prix du riz à l’international.

À ces éléments essentiellement liés aux intempéries et aux performances volatiles de l’agriculture dans le monde, s’ajoutent des choix essentiellement politiques dans différents domaines dont on savait pourtant qu’ils provoqueraient des résultats catastrophiques.

Par exemple, difficile de passer à côté des choix énergétiques opérés sans relâche depuis deux ou trois décennies : les renouvelables à gogo, la dépendance au gaz russe, l’obstination à vouloir se passer des énergies pétrolières provoquent déjà des tensions énormes sur les marchés les plus directement concernés par ces décisions arbitraires et dénuées de toute base scientifique, ce qui entraîne des carburants plus chers (et labourer avec un vélo électrique n’est vraiment pas simple), et des engrais rapidement inabordables (on estime que certains ont doublé pendant que d’autres ont triplé de prix)…

De même, on devra s’interroger sur la pertinence des choix écologiques qui ont consisté à diminuer volontairement les surfaces et les rendements au profit de certaines productions de niche coûteuses qui peuvent contenter, un temps, une élite bobo détachée des réalités économiques mais qui ne parviendront pas à prendre le relai en cas de disruptions majeures, toujours possibles comme les informations ci-dessus le laissent penser.

Enfin, certains choix économiques et plus précisément monétaires ne pouvaient aboutir qu’à ce genre de désastre : l’injection de “capital gratuit” par les banques centrales ont multiplié les investissements peu vertueux ou carrément néfastes au détriment des investissements nécessaires. Ces bidouilles pro-inflationnistes, accumulées depuis plus de 10 ans, finissent par produire une inflation solide et mal contrôlée (pour le dire gentiment).

Parallèlement, l’augmentation de l’usage du crédit chez les ménages (américains notamment) pour “financer” leurs achats alimentaires quotidiens laisse présager d’un petit moment délicat lors des remboursements, les intérêts croissants aussi à rythme soutenu.

Qu’on ne s’y trompe pas : que cette “sobriété” soit fortuite, résultat d’erreurs de politiques idiotes et de coups du sorts imprévisibles ou, plus machiavéliquement, provoquée par une série de décisions planifiées, calculées pour infliger certains types de stress et obtenir des résultats précis sur les populations, peu importe puisque le résultat sera le même : on va manifestement tous maigrir un grand coup.

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