Relance de l’économie : après l’élection, l’application

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Par Arnaud Montiel pour planetes360

Les résultats du deuxième tour des élections législatives de 2022 ont donné quatre-vingt-neuf sièges au Rassemblement National, en faisant le 1er parti d’opposition à l’Assemblée nationale. Après cette élection historique, le parti de Marine Le Pen va devoir prouver à son électorat ses capacités de mise en application.

Le 31 décembre 2021, Marine Le Pen adressait ses vœux aux Français. Elle déclarait alors que l’année 2022 serait une année cruciale, et elle ajoutait ensuite que « le redressement n’est plus une option mais une obligation, n’est plus une éventualité mais une nécessité ». Ce redressement est avant tout économique, car le bilan post premier mandat de la macronie est loin d’être positif, et est considéré par certains économistes comme désastreux. La France ressort affaiblie, endettée, encore plus qu’elle ne l’était déjà en 2017.

Le Rassemblement National privilégie pour cela plusieurs sujets économiques qui sont, à ses yeux, les piliers du redressement économique français. Ce sont d’ailleurs les sujets brandis comme fer de lance par Marine Le Pen depuis sa candidature à l’élection présidentielle d’avril 2022 : pouvoir d’achat, industrie, service public, et le tant attendu sujet de la réforme des retraites.

Le pouvoir d’achat, mot d’ordre des objectifs parlementaires du Rassemblement National

Plusieurs membres du parti d’extrême-droite ont employé cette formulation à plusieurs reprises au cours des différents débats qui ont rythmé la vie politique française des derniers mois : « augmenter le pouvoir d’achat et baisser les taxes ». Ce mot d’ordre est probablement la mesure centrale de la campagne de Marine Le Pen, car c’est le sujet qui préoccupe le plus les Français. Entre la sortie essoufflée du Covid-19 et la guerre en Ukraine, l’économie européenne est affaiblie, et in extenso la France l’est encore plus. Le prix de l’essence, du gaz et de l’électricité est à son sommet depuis longtemps, empiétant de manière inéluctable le budget quotidien des citoyens de la classe moyenne et de la classe inférieure. Leur pouvoir d’achat est réduit au minimum, souvent en dessous de la limite viable.

Pour inverser l’équation, le Rassemblement National vise à instaurer plusieurs mesures prioritaires. Le but : redonner aux Français les moyens de vivre au quotidien sans être pris à la gorge par des taxes de plus en plus nombreuses. Les deux premières mesures qui concernent le pouvoir d’achat sont la suppression totale de la TVA sur un panier de cent produits de première nécessité et la baisse de la TVA sur le carburant de 20% à 5,5%, ainsi que pour l’énergie (électricité et gaz). Ces deux mesures vont permettre dans un premier temps aux Français de respirer et de pouvoir retrouver un début de vie normale. Elles sont d’autant plus réalisables que les différents députés de la NUPES sont concernés par ces mesures et apporteront probablement leur soutien pour que ces mesures passent.

Viendront ensuite les réformes plus structurelles. On retrouve l’exonération d’impôts sur le revenu pour les moins de trente ans, mais également la mise en place d’un taux zéro pour les jeunes familles. Cette mesure sera par la suite transformée en subvention lors de la naissance du troisième enfant.

En mai dernier, le parti alors majoritaire de La République En Marche a déposé une proposition de loi visant à augmenter le pouvoir d’achat. A l’époque confiants, les députés de la majorité pensaient passer cette loi de manière relativement aisée, car ce sujet rassemble beaucoup de députés, bien que les détails soulèvent quelques débats. Certains ne la jugeaient en effet pas assez efficace et pas assez avantageuses pour les Français. Cependant, avec la nouvelle composition de l’Assemblée nationale, et l’émergence du Rassemblement National comme parti d’opposition, les débats vont être relancés sous un nouvel angle, et l’ambition du président Macron de faire passer cette loi avant l’été semble compromise. La majorité relative devra faire face aux différentes oppositions de l’extrême-droite, devenues conséquentes, mais également à celles de la gauche. Les députés du Rassemblement National seront au rendez-vous pour défendre les intérêts de leur électorat et tenir les promesses. Le groupe parlementaire de Marine Le Pen, dont elle est la présidente, se dit contre la « politique de chèque » mise en avant par la majorité. A contrario, Laure Lavalette, députée RN, a précisé que si la loi allait dans le bon sens, il n’était pas exclu qu’elle et ses collègues votent pour. Les débats des semaines à venir préciseront ce point.

Préserver la qualité des services publics et sauver les retraites

Au cœur des ambitions parlementaires du Rassemblement National se trouve la volonté de redynamisation de l’industrie française, afin de lui redonner une souveraineté perdue. La désindustrialisation de la France, ces 40 dernières années, pèse en effet lourd. Il est urgent de remettre au centre du jeu les capacités productives françaises. Pour cela, le groupe parlementaire de Marine Le Pen voit large, partant d’une revalorisation du budget de l’industrie de la Défense à hauteur de 55 milliards d’euros, ladite industrie étant identifiée comme un levier de relance à l’énergie. Cela concerne notamment la consolidation de l’industrie nucléaire française, essentielle car symbole de souveraineté. Le Rassemblement National a d’ailleurs été le seul à jouer carte sur table pendant sa campagne, en mettant en avant sa volonté de préserver les intérêts stratégiques industriels et énergétiques de la France.

C’est valable pour les grandes industries comme pour d’autres secteurs vitaux tels que l’agriculture. « Il faut défendre les métiers qui ont forgé notre nation, expliquait Gilles Lebreton, député européen du RN. Je veux parler notamment de la pêche artisanale et de l’agriculture familiale. » En campagne, sur le terrain dans les régions, Marine Le Pen a beaucoup insisté sur le monde rural : « L’agriculture française est une production d’excellence. Il faut reconnaître le travail de nos paysans en plus de leur permettre d’avoir de meilleurs revenus. […] Il faut mettre en place le patriotisme économique. Il faut également l’étiquetage définitif pour que les consommateurs sachent ce qu’ils consomment. » Que ce soit pour l’industrie ou pour l’agriculture, Marine Le Pen a manifestement su se montrer convaincante. Il lui faut désormais tout faire pour satisfaire son électorat afin de le fidéliser, et la bataille est loin d’être gagnée d’avance.

Les électeurs peuvent compter sur la parole donnée, également sur la préservation des services publics : « La bonne gestion des dépenses publiques ne signifie pas l’austérité, assure Marine Le Pen. Je ne souhaite pas du tout mettre en place une politique d’austérité budgétaire, je ne souhaite pas privatiser les biens publics, je ne souhaite pas casser les services publics ou réduire à néant la fonction publique. »

La présidente du groupe parlementaire croit au modèle administratif français. A tel point qu’elle ambitionne de nationaliser certains secteurs comme les autoroutes. Selon Marine Le Pen, cela permettrait « de faire baisser de 10 à 15% le prix des péages, de livrer un milliard et demi d’euros par an au Budget de l’État et de mettre en œuvre des politiques de réaménagement du territoire ». Une promesse – partagée par des candidats de gauche comme Jean-Luc Mélenchon et Arnaud Montebourg – qui a malgré tout l’allure d’une fausse bonne idée. D’abord parce que les autoroutes constituent déjà un vrai pactole pour l’État, 40% du prix du péage allant directement dans ses caisses via les taxes selon l’ASFA (Association des sociétés françaises d’autoroutes), et que les infrastructures, étant sujettes à des concessions, appartiennent bel et bien à l’État. Ensuite, parce que le modèle concessif français à travers des partenariats public-privé fonctionne très bien, et doit être soutenu pour offrir des services de qualité aux usagers. Grâce à ce modèle, les milliards d’investissements sont assurés pour les dix ans à venir, chose que l’État serait incapable de faire. Une piste reste malgré tout à exploiter : faire payer plus cher les véhicules étrangers pour baisser les tarifs pour les Français. Ces points seront le point de départ de débats houleux au Palais Bourbon car, du côté du groupe « Ensemble! », l’avis de Marine Le Pen n’est pas celui de tout le monde.

Enfin, le dossier qui est le grand absent du primo mandat du président Macron : les retraites. Sujet ayant été à l’origine du deuxième plus grand mouvement social de la Cinquième République après la crise des gilets jaunes, la question des retraites est une question extrêmement sensible auprès de la population Française. Le Rassemblement National, qui en a bien évidemment fait un pilier de son programme de campagne législative, va maintenant devoir lutter dans l’arène parlementaire afin de faire passer sa vision de la réforme. Cette dernière se résume en un élément, le plus disputé : l’âge de la retraite. Pour le groupe de Marine Le Pen, cette dernière doit être abaissée à 60 ans, diminuant le nombre d’annuités de cotisation de 43 à 40. Cela s’oppose à ce que le groupe majoritaire souhaite passer : élever à 65 ans le départ à la retraite, aujourd’hui fixé à 62 ans. Dans l’esprit du Rassemblement National, ce nouvel âge de 60 ans devrait s’appliquer pour les personnes ayant commencé à travailler tôt, tandis que les personnes ayant commencé à travailler à 25 devrait être sous le régime de l’âge de 62 ans. Affaire à suivre au Palais Bourbon.

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