Par Matthew Jamison – Le 22. septembre 2017 – Source Strategic Culture

La Premier ministre britannique, Theresa May, devrait prononcer un discours historique sur la relation post-Brexit entre le Royaume-Uni et l’UE. Parmi tous les endroits possibles pour faire un discours aussi important et profond, le choix de l’Italie, qui abrite l’une des religions chrétiennes les plus puissantes – et profondément corrompues – de l’histoire humaine, compte tenu de ses relations et de son histoire particulière avec les fascistes de Mussolini et le syndicat du crime organisé, la Mafia, est un choix lumineux, sinon très étrange et troublant.

C’était aussi étrange au vu de l’annonce surprise du 10 Downing Street – lors de l’empoignade au sujet de l’article du Secrétaire aux Affaires étrangères paru dans le Daily Telegraph, précédé la veille par l’attentat terroriste de Parsons Green… Fichtre ! Ces attaques terroristes deviennent très prévisibles compte tenu du calendrier politique du Royaume-Uni – annonce selon laquelle c’est absolument Theresa May, le soi-disant Premier ministre britannique, qui, maintenant, avec son représentant personnel, Olly Robbins, serait directement responsable de la conduite des négociations sur la sortie du Royaume-Uni de l’UE.

Cela a effectivement complètement neutralisé le Département pour la sortie de l’Union européenne et avec lui le Secrétaire d’État David Davis. Quel gaspillage d’argent des contribuables, mais Mme May aime investir l’argent des contribuables dans des détritus politiques inutiles comme les sommes énormes dépensées pour la faillite d’une campagne électorale générale [où elle a perdu la majorité au parlement, NdT]. Peut-être Mme May et ses partisans ont-ils écouté plus attentivement ce qui vient de sortir de la Commission européenne, en ce qui concerne l’adéquation, la responsabilité et la stabilité de David Davis ?

Ce qui implique la question de savoir pourquoi Theresa May a crée le Département pour la sortie de l’UE (DEXU), pour commencer, et a ensuite habilité David Davis à être le négociateur en chef du Royaume-Uni uniquement pour lui tirer le tapis sous les pieds à un moment critique dans les négociations Royaume-Uni–UE, cédant principalement à la pression de Bruxelles – pour ce qui est de l’étiquette de femme difficile et brutale, dont elle se vante, elle repassera – et fermer le DEXU ?

Pourquoi a-t-elle désigné, pour ces postes supérieurs, des figures de proue du Leave,  lors de la campagne pour le référendum, telles que David Davis et Boris Johnson seulement pour isoler et s’éloigner des vrais fidèles Leavers à ce moment critique de l’histoire britannique européenne ? Est-ce que cela a toujours été le plan après avoir obtenu sa majorité écrasante ? Il est vrai que la raison pour laquelle Theresa May était pour le Remain n’a pas pu être trouvée sur le champ de bataille du Brexit, lors de la campagne référendaire. Pourquoi, après avoir voté et fait la campagne pour rester dans l’UE, Theresa May s’est-elle soudainement, dans la Bibliothèque du RUSI  [Royal United Services Institute for Defence and Security Studies], convertie en Brexiter pure et dure ?

Alors pourquoi – après avoir été pour le Remain, puis pour le « Brexit signifie Brexit », faisant un discours ridicule sur « Global Britain », puis conduisant un énorme sondage d’opinion en appelant à une élection générale inutile, plongeant le Royaume-Uni et l’Europe dans encore plus d’instabilité et après avoir encore gaspillé une année entière, ou plus, en cherchant la façon dont le Royaume-Uni devait quitter l’UE – Theresa May a-t-elle maintenant effectué son troisième revirement sur le sujet du Brexit en l’espace de seize mois, passant d’une position de Remainer invisible à celle de Brexiter pure et dure pour revenir maintenant à sa position initiale de Remainer à la recherche d’un Brexit Doux ? La vraie Theresa peut-elle se lever ? Merci.

Ce sont des questions auxquelles seule la dirigeante à la tête du gouvernement britannique, Theresa May – et plus clairement, ses puissants patrons au sein de la communauté euro-atlantico-japonaise post-1945, comme son proche conseiller, le Directeur général du RUSI et l’envoyé de la CIA, Mme Karin Von Hippe –  peuvent répondre. Ils doivent répondre.

Malheureusement, la performance de Theresa May en tant que Premier ministre britannique au cours des quatorze derniers mois environ, a été, pour le dire gentiment, profondément médiocre, sinon terrible, tout simplement terrible. Beaucoup de cela a rapport à des gens très puissants aux États-Unis, en Europe et au Japon qui sont en réalité le pouvoir qui manipule Theresa May, qui animent la marionnette, qui contrôlent l’automate May, et ont écrit le script dès lors qu’il s’agit de relations internationales – au sujet desquelles Mme May connaît peu de choses, comme c’est le cas pour la plupart de ses conseillers profondément provinciaux et insulaires. Mais son mentor du Parti conservateur, l’ancien chef qu’elle a servi et ancien secrétaire du gouvernement Cameron, maintenant Lord, William Hague, l’a guidée sur les affaires mondiales, à chaque étape, avec sa collègue du RUSI Karin Von Hippel, et avec le partenaire politique et financier extrêmement proche de Lord Hague, Alan Duncan, qui officie actuellement au gouvernement de Theresa May à titre de secrétaire adjoint aux Affaires étrangères, qui vit commodément à la porte à côté de William Hague sur Gayfere Street, et qui, pour une raison bizarre, a eu un énorme coup de foudre pour Philip May alors qu’ils étaient engagés dans l’Oxford Union et l’OUCA [Oxford University Conservative Association] . Leur véritable candidat mandchoupersonnel.

Ces personnes lui ont dégoté le rôle de Premier ministre dans les conséquences traumatisantes et choquantes de la décision du Royaume-Uni de sortir de l’UE. Cela s’est produit parce que le club Cameron Notting Hill–Bullingdon, de l’école publique de la classe moyenne supérieure, formant une aile du parti Tory, est fractionné et divisé sur la question d’un référendum sur l’UE et de la ligne que prendrait le Parti conservateur en conséquence. Il n’y avait tout simplement aucun autre élément de calibre à offrir en tant que représentant de ce groupe métropolitain de « modernisation sociale libérale », et Lord Hague et Cie ont eu l’occasion de régler quelques vieux comptes de  l’époque du misérable manque de leadership du parti Tory, en se débarrassant effectivement de membres de l’ancien camp ennemi.

En fait, de la manière la plus pathétique et la plus infantile possible, il y a eu beaucoup de règlements de comptes plus ou moins ridicules dans la tribu étrange connue sous le nom de Parti Tory et c’est épouvantable de voir ça. Theresa May n’est tout simplement pas un leader, peu importe les efforts de ses créateurs d’image pour essayer de la présenter comme une nouvelle Margaret Thatcher. C’est l’une des raisons pour lesquelles elle a été choisie.

Les puissances en place savaient, et avaient calculé précisément qu’elle serait facilement manipulée, programmée, et contrôlée, car elle manque de profondeur intellectuelle. Ceci est une autre triste vérité au sujet du Premier ministre britannique actuel. Personne à Oxford ou d’autres qui l’ont rencontrée, n’ont eu l’impression d’une pensée profonde, érudite et complexe. C’est donc l’une des plus grandes insultes que je peux imaginer de comparer un Titan comme Margaret Thatcher à un pygmée comme Theresa May. Mme Thatcher serait consternée par la manière dont Theresa May a traité la décision de la majorité de l’électorat du Royaume-Uni de sortir de l’Union européenne. Absolument consternée. D’ailleurs, à ce sujet, je soupçonne que Sir Winston Churchill l’aurait été aussi.

Deux tremblements de terre géopolitiques énormes ont frappé l’ordre politique occidental anglo-américain en 2016, ce qui a bouleversé les plans d’une partie importante de l’élite internationale américano-européenne post-1945, en particulier les Américains et les Anglais qui considèrent l’Allemagne comme le plus grand pays d’Europe, qui ont adopté une approche plus apaisée de la question existentielle de la civilisation elle-même, en ce qui concerne le sort des survivants du régime hitlérien nazi et de l’Allemagne nazie et qui détestent la Russie autant que l’Allemagne de Hitler la détestait.

La première secousse sismique a été la décision de 51% de l’électorat du Royaume-Uni de voter pour quitter ce qu’ils avaient adopté en 1973, la Communauté économique européenne, revenant ainsi à la situation antérieure où la Grande-Bretagne était un État-nation en rétablissant sa souveraineté nationale, mais renversant aussi un objectif stratégique de politique étrangère des administrations US successives, républicaines et démocrates, remontant aux jours de l’administration d’Eisenhower et de Kennedy.

La seconde secousse a été l’élection du Républicain Donald Trump en tant que président des États-Unis. Aucun de ces événements n’était prévu. Pourtant, ils l’ont fait et les Euro-Américains ont été stupéfaits depuis que tous les meilleurs plans de Soros et des décennies de méticuleuses intégration, d’échange et de collaboration entre la CIA, l’Allemagne et le Japon sur la science, la médecine, la technologie, la guerre, etc. ont été déchiquetés en un instant et mis en pièces par des gens novices, marginaux en politique, tels que Nigel Farage, que David Cameron a ridiculisé comme un « cake, lunatique et raciste », et Donald Trump que William Hague a moqué comme étant un « gag ».

Comment les grands esprits, les stratèges, les politiciens, les tacticiens, et tous les autres – que la « communauté » CIA-Allemagne, Japon post-1945 a produits – peuvent-ils avoir été tellement dépassés et ringardisés par des gens comme Nigel Farage, Donald Trump et en l’occurrence Jeremy Corbyn ?

Il sera très intéressant de voir exactement ce que Mme May offrira vendredi à Florence, combien elle offrira et si cela sera suffisant pour apaiser la faction de l’UE et de l’agrégat CIA-Allemagne-Japon avide de sang britannique.

Alors que l’on demandait au grand Premier ministre chinois, Zhou Enlai, lors du 200eanniversaire de la Révolution française en 1989, la signification de cette dernière, sa réponse fut extrêmement sage : « Il est trop tôt pour le dire ».

Matthew Jamison

Traduit par jj, relu par Cat pour le Saker francophone

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