Comment le mot « souverainiste » a-t-il pu devenir une insulte ? se demande Michel Onfray dans Le Point. Comment la souveraineté des peuples a-t-il été diabolisée au point d’être synonyme de racisme, xénophobie, islamophobie ? Comment le pouvoir d’un peuple, par le peuple et pour le peuple est-il devenu une régression ? Comment l’exercice de la démocratie est-il considéré comme une erreur ?

Si aujourd’hui le souverainisme s’apprête à remporter cette élection, n’est-ce pas une victoire de la démocratie sur un système capitaliste fou qui échappe au pouvoir des peuples, ou bien le retour des « heures les plus sombres » de notre histoire ?

Et finalement, si le peuple Français refuse de fondre la Nation Française dans un ensemble territorial supra-national et rejette les traités qu’on lui propose, est-il normal de passer outre et de les mettre en oeuvre malgré lui ? La souveraineté du peuple doit-elle être ignorée quand il ne pense pas comme les élites ? sa voix, amoindrie ?

L’exercice de la démocratie n’est possible que si il y a un peuple qui détient la maîtrise de son destin, un peuple qui est donc souverain. La démocratie ne peut pas s’exprimer sans la souveraineté. Veut-on nous faire croire que, finalement, la démocratie, c’est une idée dépassée ? (« democracy is so overrated » – Frank Underwood, House of cards).

Petit rappel historique

Ce ne sont pas des Nations souveraines et démocratiques, mais des Empires hégémoniques qui ont provoqués les plus grandes guerres européennes modernes. Ce sont Louis-Napoléon Bonaparte, alias Napoléon III, Otto Eduard Leopold, alias Bismarck, et Adolphe Hitler, alias Führer, fondateurs respectifs de l’Empire Français, du IIème et du IIIème Reich Allemands qui mirent l’Europe à feu et à sang depuis 150 ans, et non des peuples Européens souverains; des guerres où les empires Français, Allemands, Austro-Hongrois, Russe et Ottoman se sont finalement brisés pour laisser la place aux Nations et aux peuples souverains et, par voie de conséquence, à 70 années de paix.

Que fait-on depuis bientôt 20 ans ? On s’efforce de sortir de cette Europe des Nations en paix, coopératives et démocratiques, pour construire un nouvel ensemble Européen sur la foi d’une élite dogmatique qui prétend savoir mieux que le peuple ce qui est bon pour lui et qui diabolise leur souhait de souverainisme. Que croyez-vous qu’il arrivera ?

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« Pour moi, Français, je voudrais que demain nous puissions aimer une Europe dans laquelle la France aura une place qui sera digne d’elle. (…)
« Ainsi donc (…) nous voilà placés devant cette alternative : ou bien nous intégrer, notre honneur et nos intérêts vitaux étant respectés, dans une Europe nouvelle et pacifiée, ou bien nous résigner à voir disparaître notre civilisation.
« Je veux être toujours vrai. Je ne peux rien faire pour vous sans vous. Nul ne saurait sauver une nation inerte ou rétive. Seule, l’adhésion du pays peut faire d’une politique sensée une politique féconde. Je sais l’effort que certains d’entre vous doivent faire pour admettre cette politique. L’éducation que nous avons généralement reçue dans le passé ne nous préparait guère à cette entente indispensable.
« J’ai toujours trop aimé mon pays pour me soucier d’être populaire. J’ai à remplir mon rôle de chef. Quand je vous dis que cette politique est la seule qui puisse assurer le salut de la France et garantir son développement dans la paix future, vous devez me croire et me suivre (…). »
Pierre Laval, le 22 juin 1942

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