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La Ville est morte

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Ce matin, je suis arrivé à la Ville.

J’ai mis mon masque.

Je l’ai enlevé.

Je l’ai remis.

Dans la poche, sur le nez, sous le nez, au menton, au bras ou à l’oreille…

Pour peu, je ne me serai aperçu de rien.

Ce matin, je suis arrivé à la Ville et la Ville était morte.

Oh ce n’est pas Carthage livrée aux mercenaires de Salaambô, il n’y a pas de grandeur dans cette décadence, pas de folie, aucune exubérance, aucun festin du condamné.

La Ville est morte, voilà tout.

Maudit masque…

J’ai regardé les autres.

Ceux qui ne l’avaient pas, ceux qui l’avaient mal, ceux qui l’avaient seuls, qui l’ôtaient en groupe.

Qui revendique, qui se conforme, qui se soumet, qui embrasse.

Qui sait mieux et qui ne sait pas, qui sait mieux qu’il ne sait pas.

Ce n’est jamais que de la censure : cela en dit plus aux uns que cela ne tait à tous les autres.

Cachez le singulier et c’est le général qui explose, l’articulation des indifférenciés.

Il n’est pas besoin de majorité pour gouverner en démocratie. Il suffit de quelques pourcents organisés, déterminés et revendicateurs et le reste suivra par conformisme ou soumission.

La preuve par le masque.

Ce masque qui me gratte l’ego : Le mettre ou pas ? Telle est la variation grotesque de la question shakespearienne.

Chez moi, le masque n’est imposé que dans les trains et les supermarchés et nous nous en portons bien, merci.

Il n’y a pas d’enjeu sanitaire, la question fondamentale est sociale.

Et je me suis rappelé cette amie qui trouvait il n’y a pas 15 ans, qu’on ne pouvait être jeune sans être de gauche, elle voulait dire anarchiste et idéaliste.

Qu’elle eût raison aujourd’hui comme je lui donnais tort alors…

Mais ce matin, je n’ai démasqué que des vieux, des qui en avaient vu d’autres… La jeunesse parisienne dans les murs, de ce que j’en ai vu, a le doigt sur la couture, et le masque ajusté, même seule face à la Seine.

Mon amie est devenue consultante dans le digital. D’un idéalisme l’autre, le naufrage de la gauche.

Nous ne serons jamais d’accord.

Les conseillers du Président doivent, enfin ils devraient, écrire en ce moment même un petit livre rouge de circonstance, c’est-à-dire de couleur verte et à l’idéologie mondialiste décarbonée et technologique. Le fruit est mûr et les vieux brouets marxisants se réchauffent plus vite encore que nos océans.

Tout cela est pourri.

La Ville ce matin n’épouvante plus de grandeur.

La ville tentaculaire a perdu ses tentacules.

Plus de cœur, ni de tête : la Ville est morte.

À quoi cela peut-il bien servir de gloser sur le cours d’Apple, les manigances de BlackRock et la faillite de nos assurances vie ?

La Ville est morte.

Un roi se remplace, un Dieu se substitue, un gouvernement se renverse… Mais la Ville ?

Sur la Ville, d’où les affres flamboient

Règnent, sans qu’on les voie,
Mais évidentes, les idées.

La mort de la Ville, c’est la dernière régression.

C’est la chute de Rome.

J’ai fait un détour. Je me suis réfugié sur les voies sur berges désertes.

2 millions de parisiens et pas 10 pour habiter le cœur de la Ville par un matin d’été finissant.

La Ville est morte.

Une clocharde dort sur un banc. Sur ses sacs de courses devant elle se détache cette sentence définitive : Demain aussi.

 

Demain aussi... Sur le sac d'un clochard

Demain aussi, elle dormira sur ce banc. Demain aussi, elle sera clocharde. Merci Monoprix.

Et demain aussi, la Ville sera toujours morte.

Voyez-vous mon cher lecteur, je sens ces jours derniers comme un désir de grand soir, comme un besoin fasciné de fin du monde, comme une jouissance coupable à toute esquisse d’effondrement vue depuis son canapé.

Mais comment abattre ce qui est déjà mort ?

Demain aussi, sera comme aujourd’hui.

La ruse est diabolique : y a-t-il meilleur distraction que de détourner notre colère vers ce qui est déjà mort ?

Vous voulez un grand soir sur canapé ?

Prenez garde à ce que vous souhaitez… Cela pourrait arriver.

J’en connais qui ont très bien lu vos aspirations.

Ils vont vous servir le grand soir sur un plateau, un grand soir soft, civilisé, sans violence évidente.

Dans leur langage techno, cela s’appelle le Grand Reset.

Le Grand Reset est une grande bulle de vide qui confine au génie marketing.

Vous allez voir : ils vont assouvir vos désirs avec l’effet inverse de ce que vous espérez.

Ils vont détourner vos aspirations, les souiller et les retourner contre vous.

Ils n’attendent même pas de vous que vous y croyiez, ils vont simplement vous vider, vous ôter vos aspirations, vous humilier, vous dévitaliser.

Il n’y a rien dans le programme du Grand Reset qui n’ait été formé dès 1947 par les économistes néolibéraux du Mont-Pèlerin.

Il n’y a rien de neuf, si ce n’est le détournement de vos aspirations nées du confinement.

Après la folie financière de cet été, nous crions au loup, à l’effondrement : vous allez voir, c’est pour cet automne me dit-on de tous côtés.

Mais c’est confondre l’explosif avec l’explosion, la bombe avec la détonation.

Si vous donnez un pistolet chargé à un enfant de 3 ans, le coup finira par partir, c’est une certitude… Mais quand ? Personne ne peut prévoir quand… C’est pareil avec l’explosion du port de Beyrouth, c’est pareil avec la bulle boursière.

Il y a :

  • Le risque (la bulle, l’entrepôt de nitrates, le pistolet chargé) et
  • La matérialisation du risque (le krach, l’explosion, le coup qui part…).

Ce sont deux choses de natures fondamentalement différentes.

Bien sûr que je suis d’accord sur la nature irrémédiable du risque qui pèse sur les marchés et j’ai écrit dessus.

En revanche, l’imminence d’une matérialisation ? Peut-être, peut-être pas, si le cours d’Apple a doublé, pourquoi ne pourrait-il pas doubler encore ?

L’économiste Maurice Allais avait eu une fulgurance dès 1947, à cette fameuse réunion du Mont Pèlerin. Il en claqua la porte car selon lui, la doctrine néolibérale conduisait à des valorisations infinies : plus aucune limite à la valorisation du capital.

C’est inscrit dans les gènes de la doctrine néolibérale et peu importe que cela soit caché.

L’horizon est l’infini : alors avec toute la distance qu’ont déjà parcourue les cours de Bourse, ce n’est encore rien à côté de l’infini.

C’est un infini grotesque bien sûr, lui aussi souillé, car nous savons bien que les arbres ne vont pas jusqu’au ciel et que Babel toujours est détruite.

Mais en attendant, il n’y a aucune raison que les marchés s’arrêtent durablement de monter. Il n’y a plus de plafond, ni d’ancrage dans le réel qui ramène sur la terre ferme.

Et surtout, nous sommes passés en marchés administrés. Nous connaissions les économies administrées… Alors pourquoi pas les marchés administrés ?

Certes, cela crée des problèmes de société extraordinaires, certes cela crée des crises intenses à répétition qui finiront par détruire le système mais les banques centrales et gouvernements disposent de moyens faire durer pendant quelques années encore… Peut-être quelques décennies dans un scénario soviétique.

À vrai dire, un effondrement irrémédiable des marchés n’est sans doute pas le pire des horizons.

Les périodes de crises permettent de rééquilibrer la part du travail sur celle du capital et liquider les erreurs passées.

Tenez, pendant que l’on rêve de grand soir, voici une alternative : les Bourses continuent de monter portées par la création de crédit.

Pour permettre la hausse du crédit, on baisse les taux en territoire profondément négatif, mettons -4 % selon les recommandations de Kenneth Rogoff (Harvard, ex FMI etc.).

Cela signifie que votre compte courant, votre assurance vie, sont amputées de 4 % chaque année (les banques et assureurs ne peuvent plus faire tampon à ce stade).

Bien sûr pour que cela marche, il faut interdire ou taxer fortement les espèces et contrôler les transactions pour éviter que celles-ci se portent sur des monnaies de substitution (cigarettes, alcools…), il faut mettre en place un État policier des transactions.

C’est bien pire que le grand soir pour demain… Et mais plus probable.

C’est à cela qu’il faut d’abord nous préparer, le long chemin de lendemains semblables à aujourd’hui dans une Ville morte, zombie.

Et alors ? On a été heureux à moins.

Mais aujourd’hui, pas demain.

À votre bonne fortune,

Guy de La Fortelle

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