Accueil OPINION La mort légale, à petites doses, ou l’hypocrisie de notre société

La mort légale, à petites doses, ou l’hypocrisie de notre société

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Je suis d’accord à ce qu’on ne doive pas condamner à des mois de prison les vendeurs de cannabis indépendants. L’hypocrisie vient des privilèges que les gouvernements octroient aux gros trafiquants. Leurs cellules sont proprettes, ils ont droit à une suite et à recevoir leur épouse. En échange d’une caution, on leur redonne la clé des champs… à faire fructifier.

Comme on a montré leurs trognes au téléjournal, on croit que justice est faite. Et cependant, voici une anecdote dont je fus témoin : la sœur d’un agent de la Gendarmerie Royale du Canada, au jour de l’an nouveau, reçoit un cadeau de son frérot : une belle brique de haschich ! Ce n’est certes pas un cas isolé.

D’un côté, on veut calmer les gens, en légalisant le cannabis. De l’autre, on les maintient dans l’anxiété, avec des statistiques de décès par virus. Je cite une étude que personne ne brandit sur la rue :


« Les personnes âgées de 65 ans et plus représentaient 94,1 % de tous les décès attribués à la COVID-19 au Canada, et plus de la moitié des décès (54,6 %) sont survenus chez les personnes de plus de 84 ans. » 1

Autrement dit, on reconnaît que la majorité des mortalités touchaient les gens affaiblis par la vieillesse, ayant déjà une santé en déclin.

« Les Canadiens de moins de 40 ans n’ont en grande partie pas été touchés par les effets directs de la pandémie — un peu plus de 50 décès en 2020 ont été attribués à la COVID-19 chez les personnes de ce groupe d’âge. Toutefois, on a observé une augmentation du nombre de décès attribués à d’autres causes, y compris les méfaits liés aux substances, dans les groupes d’âge plus jeunes. » ¹

Les décès attribuables à des intoxications accidentelles et des surdoses vont comme suit :

En 2017 : 4,830 morts

En 2018 : 4,501 macchabées

En 2019 : 3,705 défunts

En 2020 : 4,604 décès

On note une augmentation du nombre de décès provoqués par l’alcool, en 2020, en particulier chez les personnes de moins de 65 ans. Chez les moins de 45 ans, la mortalité causée par l’alcool est passée d’une moyenne de 360 décès annuels, entre 2017 et 2019, à 542 en 2020.

Chez les personnes de 45 à 64 ans en 2020, ce fut 1,946 macchabées. Et ces statistiques n’englobent pas les décès provoqués par les accidents de la route, dans lesquels l’alcool est souvent la cause. 1

Et vous pensez que le port du masque, les vaccinations répétitives (qui n’empêchent pas les réinfections), sont des mesures décrétées pour la santé publique ? Dès que les profits ont commencé à baisser, dans les locaux étatiques de vente d’alcool et de cannabis, le gouvernement québécois s’est empressé d’exempter ces lieux de l’obligation d’exhiber un passeport vaccinal…

Un humoriste au pouvoir

Lorsqu’on demande au Premier ministre d’aider les gens à faibles revenus, face aux spéculateurs qui achètent des édifices à logements, pour ensuite les revendre en condominium coûteux, M. Legault répond, avec un humour correspondant à sa subtilité, qu’il pourrait geler le prix du cannabis ! Il ne subsiste pas dix appartements libres à prix abordables, dans tout le Québec. Les articles ont augmenté de prix en deux ans, seuls les opportunistes non taxés, vendant sur Internet, se sont enrichis. Pourtant, comme Macron, en France, M. Legault sera peut-être réélu.

Des propriétaires exigent des nouveaux locataires 500 dollars mensuels de plus qu’aux anciens, judicieusement évincés, mais les citoyens voteront pour l’homme qui a promis de « remettre l’argent dans le portefeuille des Québécois ». M. Legault a tenu sa promesse, en effet. En 2022, le Premier ministre fit cadeau d’un 275 dollars, suivi d’un envoi de 500, au peuple touchant 50,000 dollars de revenus ou moins. Un beau 775 dollars remis aux citoyens, grâce à leurs impôts, pendant que 161 dirigeants ont reçu, eux, un chèque de plus de 200,000 dollars ! Et 134 cadres, nommés par l’État, jouissent d’une rémunération supérieure au Premier ministre, incluant allocations et indemnités.

La loterie maximale revient à M. Charles Emond, PDG de la Caisse de Dépôt et Placement du Québec, ayant pour salaire de base 550,000 dollars qui, joints à de multiples primes, s’arrondissent à 6,3 millions. L’ancien directeur national de la santé publique, Horacio Arruda, bénéficie encore à présent de 319,700 dollars et son successeur, Luc Boileau, de 323,840 billets doux. La présidente d’Hydro-Québec, Sophie Brochu, en plus de ses 598,560$, s’est vue ajouter une prime de 269,232 dollars. (Quand la date limite de paiement d’électricité approche, on nous envoie une lettre de menace, même pour une facture de 60 dollars.) Lisez l’article en référence, vous verrez la suite, tout aussi intéressante ! Et, en homme prudent, M. Legault accorde un gain salarial de 21,8% aux 308 juges de la Cour du Québec ! Pendant que certains gagnent 100 dollars l’heure, le salaire minimum, depuis mai 2022, est de 14,25 $. Pour les employés recevant des pourboires, 11,40 $. La cerise sur le gâteau revient aux cueilleurs de framboises et fraises, avec 4.01 $ à 4,23 $ l’heure et 1,07 $ à 1,13 $ du kilo. Je cite l’annonce qui en est fière :

« La hausse du salaire minimum permettra aux travailleuses et travailleurs ainsi qu’aux entreprises de profiter du dynamisme économique actuel. Elle augmentera ainsi le pouvoir d’achat des salariés et réduira l’incidence de la pauvreté, tout en respectant la capacité financière de payer des entreprises sans nuire à leur compétitivité. »

Ne désespérons point. L’indice de lucidité de nos gouvernants n’est pas à la hausse. Leur sens de l’humour demeure toujours aussi gratuit. 2

Des prétentions curatives hallucinantes

Chaque histoire étant particulière, je pense qu’on ne doit pas juger les adeptes de la drogue. Tout comme un individu obèse ne devrait jamais être ostracisé, victime d’insultes ou de moqueries. On ne me fera pas croire, cependant, que l’acceptation telle quelle est une attitude favorable. On ne me convaincra pas que l’excès d’alcool et la prise régulière de drogues n’est pas nuisible pour la santé, de même que l’absorption de nourriture grasse ou trop sucrée. Aucune combustion exhalant de la fumée n’est bonne pour la santé. Seules des molécules précises, extraites du cannabis, peuvent calmer des douleurs intenses. Que Santé Canada ait autorisé la vente d’herbe équivaut à leur acceptation de médicaments inutiles, provoquant plus d’effets secondaires que de bienfaits.

Si on disait : « On doit accepter une personne obèse telle qu’elle est, sans chercher à modifier ses habitudes, et lui fournir la nourriture en excès dont elle se gave, sans lui recommander de faire d’exercice », et même, proposer d’ouvrir un Centre de supervision où les obèses pourraient avoir accès à de la nourriture grasse, mauvaise pour leur santé, mais… sous supervision médicale ! Qu’en penseriez-vous ? C’est le même raisonnement que j’envoie aux gens qui ouvrent des Centres d’injections supervisées. Qu’un individu choisisse de mal s’alimenter ou de se droguer, c’est son choix. L’encourager, c’est une autre affaire. Les Centres déjà établis ne démontrent pas une baisse de mortalité par surdoses. Au contraire, les utilisateurs ont tellement confiance dans la présence d’un professionnel de la santé, sur place, qu’ils amplifient parfois leur dose, en proportion fatale, ce que nulle personne diplômée en soins médicaux ne peut empêcher. Tout comme les études pour contrer la pauvreté ne changent rien aux causes de son augmentation, les Centres d’injection ne solutionnent pas l’origine de la consommation.

Originaux ? Marginaux ? Non. Amorphes comme on aime les citoyens

Chaque adepte couve un passé et des motifs particuliers. Il est cependant possible d’extraire deux incitations fréquentes à la prise de drogue ou d’alcool, au point d’en faire l’objectif primordial d’une journée, et même d’une existence… La première est de focaliser constamment sur des faits passés. On ne s’attarde sur le passé que lorsqu’on est insatisfait du présent… Qu’on nous ait fait souffrir ou négligé, jadis, ne justifie pas qu’on continue soi-même à se torturer en y pensant. La deuxième, c’est le manque de passion. Pour ne pas dire le manque d’imagination… C’est un cercle vicieux : le manque de goût pour l’apprentissage, les arts, la pratique d’un sport, la lecture, la créativité dans un ou plusieurs domaines, peut mener les personnes ayant vécu un abandon, une peine, de la violence, à se tourner vers l’alcool ou la drogue. Et une fois que cette habitude est prise, il n’y a rien de moins stimulant que la vie quotidienne ! Rien n’est plus ennuyant que retomber dans le monde ordinaire, les tâches prosaïques, la routine. Même avec une envie de ne plus consommer, redevenir sobre risque de paraître le summum de la platitude ! Alors, même être acculé à la prostitution, assujetti aux vendeurs, aux douleurs du manque, aux problèmes de santé qui s’accumulent, rien ne fera en sorte que la tempérance semblera attirante…

C’est pourquoi les Centres d’injections supervisées ne règlent rien de l’origine de ce dilemme. Ce qu’il faut, et c’est exactement le contraire de ce que promeuvent les psychologues et les associations telles que les toxicomanes ou alcooliques anonymes. Malgré leurs bonnes intentions, ces associations n’ont pas compris qu’il est néfaste d’inculquer à leurs membres ceci :

► La peur de la rechute qui les guette constamment.

► Le fait qu’ils sont alcooliques ou drogués et qu’ils le seront toute leur vie, même en cessant de consommer.

► L’obligation de répéter sans cesse, à chaque fois qu’ils prennent la parole, qu’ils sont alcooliques ou drogués, comme s’ils n’étaient rien de plus que cela.

► La nécessité de s’en remettre à une puissance supérieure, quelle qu’elle soit.

► Et, dans le cas des psychologues, centrer la guérison d’un problème dans le fait de se le réinjecter constamment, en focalisant là-dessus.

Après en avoir parlé, discuté, le psychologue qui veut réellement délivrer son patient devrait plutôt lui conseiller de ne plus centrer ses pensées sur des circonstances passées, mais plutôt s’occuper du présent, développer ses aptitudes, une passion, s’efforcer à acquérir des connaissances, une dextérité manuelle, un art. Bref, créer au lieu de ressasser les mêmes vieilles histoires, de se dire qu’on ne peut pas s’en sortir. Et surtout, ne plus tarder à prendre une décision pour changer des circonstances nuisibles. De même, pour les drogués qui sortent d’un Centre de désintoxication, la rechute est à prévoir, s’ils ne s’engagent pas immédiatement dans des activités qui leur apportent du plaisir, une évolution de leurs capacités. Sinon, ils ne sauront pas quoi faire d’autre que vivre le quotidien, s’ennuyer et… recommencer à se droguer.

Une nouvelle approche psychologique

Ce sont donc des psychologues aptes à pressentir les désirs et les capacités des patients qu’il nous faudrait. Afin de les aider à définir ce qu’ils aimeraient faire, apprendre, pratiquer. Et au lieu de Centres d’injections supervisés, ouvrir des Centres où l’on offrirait gratuitement des ateliers d’artisanats, de sculpture, de peinture, de théâtre, musique ou de sports (pour nommer ces possibilités entre bien d’autres), on arriverait bien mieux à solutionner les problèmes qui découlent de la consommation : la mauvaise santé, le découragement, la prostitution forcée, la difficulté à garder un logement, les préjugés concernant leur espace dans la société.

Si les victimes d’un passé pénible ne cessent pas de faire revivre ce passé, au lieu de modifier leur présent, ils ne feront que rechuter. Éradiquer l’origine de la consommation est plus urgent que de soutenir un cycle de problèmes. Gaspiller 12 millions de dollars, pour aider les gens à s’injecter, en attendant qu’ils déclinent, meurent, ou aient assez d’imagination pour décider de faire quelque chose d’autre que s’imbiber de drogue ou d’alcool, c’est hallucinant…

Si nous n’avons qu’une vie, ne pas voir au-delà d’anciens malheurs, se confiner dans un monde étroit où ne subsiste que le désir de drogue ou d’alcool, est-ce que ça vaut mieux que la mort ? Alors, autant l’affronter dans la rue, au hasard, plutôt que la trouver dans un Centre sous supervision médicale. Dans certains pays, les jeunes n’ont pas de possibilité de s’extraire de la pauvreté. Ils se tournent vers les drogues peu coûteuses, comme la colle ou les émanations de gaz. Ils se suicident lentement. Dans des régions comme le Québec, à part de rares cas, les gens peuvent obtenir un montant d’aide sociale et des soins gratuits. Et ce n’est pas la pauvreté désespérée qui incite les gens à consommer, parce que les drogues injectées coûtent des milliers de dollars par année.

Le militantisme de consommation

Si les manifestants des années 1960 ne s’étaient pas enfumés eux-mêmes, dans des volutes de cannabis, la politique en aurait peut-être surgit nettoyé. Toute cette fumée, finalement, n’a servi qu’à boucaner le poisson, en vue d’une bonne conservation, après avoir mordu à l’hameçon d’où pendaient trop de verres… Le bouquet, éclos en 1968, n’a pas semé des graines de rebelles. Il se fane, embaumé par cette phrase, facile à interpréter par les faucheurs de pensées : « si vous êtes cons ben dites oui à Macron ! ». Combien de porteurs de gilets jaunes ont paradé, puis retourné leur veste aux dernières élections ? Ces beaux gilets qui servent peut-être à enrichir un ami de ministre plus qu’à signaler un cas de panne sur la route. Au Québec, le « printemps érable » a fait couler plus de salive qu’il n’a récolté de sève. Depuis, le principal péroreur empoche son salaire de dé-puté et réitère le discours bien-pensantiste à la mode androgyne.

Au Canada, fiston Trudeau copie feu-papa PET en tout acte. Ce dernier tentait de « décriminaliser progressivement la possession simple de cannabis », en 1969. À présent, il est en vente libre, cultivé en grands champs, dont les concessions furent attribuées aux amis de Justin Trudeau. M. Chuck Rifici, Directeur du financement du Parti Libéral, vient de quitter ses fonctions de PDG de Tweed marijuana, une entreprise productrice de pot thérapeutique, accréditée par Santé Canada, mais reste membre de l’administration. Jimmy Cournoyer, grand vendeur de cannabis, vient d’être condamné à 27 ans de prison aux États-Unis. M. Rifici, lui, vit son pécule augmenter, suite à l’entrée en Bourse de sa compagnie. Le commerce de la même drogue enrichit un ami de Justin Trudeau, pendant qu’un autre fulmine derrière les barreaux. Treize entreprises recèlent d’un permis de production de cannabis. Tous en conflits d’intérêts avec le Parti Libéral. Avec l’augmentation des consommateurs prévue, les policiers n’auront nulle nécessité de vaporiser des manifestants, portant ou non des masques, avec du gaz lacrymogène. Les gens s’anesthésieront eux-mêmes, tout en payant leur herbette plus chère qu’aux petits vendeurs autonomes. ³

Notre société est basée sur une perpétuelle hypocrisie et ce n’est pas en cachant une plaie sous un joli pansement qu’on la guérie.

Notes-Références :

1. La publication Tables de mortalité, Canada, provinces et territoires (Numéro au catalogue84-537-X) est maintenant offerte. La publication Méthodologie des tables de mortalité pour le Canada, les provinces et les territoires (Numéro au catalogue84-538-X) est également disponible. Pour obtenir plus de renseignements ou pour en savoir davantage sur les concepts, les méthodes et la qualité des données, communiquez avec nous au 514-283-8300 ou composez sans frais le 1-800-263-1136 ([email protected]), ou communiquez avec les Relations avec les médias ([email protected]).

2.1 https://www.tvanouvelles.ca/2022/05/17/plus-de-130-cadres-nommes-par-quebec-gagnent-plus-que-le-pm-1

2.2 https://www.appuipme.ca/nouvelles/44/hausse-du-salaire-minimum-au-1er-mai-2022/

3.1 https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1130834/legalisation-cannabis-trudeau-histoire-liberaux

3.2 https://www.journaldemontreal.com/2018/01/11/lindustrie-du-cannabis-creee-par-des-elus-subjugues

3.3 https://www.journaldemontreal.com/2014/09/03/un-liberal-fait-fortune-grace-au-pot

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