Un couple d’Isère porte plainte contre des fabricants d’herbicides à base de glyphosate, dont Monsanto, leur fils étant victime d’une grave malformation qu’ils imputent au désherbant dont la Commission européenne examine la licence actuellement.

Le glyphosate est une molécule de base du Roundup, un désherbant puissant très utilisé pour l’entretien des cultures et des jardins. Le 4 octobre, un couple de l’Isère part en guerre contre les fabricants de cette molécule, dont le géant américain de l’agro-alimentaire Monsanto. Le couple affirme que suite à l’inhalation de vapeurs de glyphosate durant la grossesse, leur fils Théo serait atteint d’une grave malformation de l’œsophage. Ils s’apprêtent à lancer une action judiciaire alors que le renouvellement de la licence de cet herbicide controversé est en cours d’examen à Bruxelles.

«Nous allons porter plainte. Ca devrait être fait d’ici une quinzaine de jours» a déclaré à l’AFP le père de l’enfant, Thomas Grataloup, expliquant qu’il s’agit d’ «une première» pour ce genre de pathologie.

Cette procédure judiciaire en France contre les fabricants, dont le groupe Monsanto, «aura pour objet que soit établie leur responsabilité respective dans les malformations congénitales étant à l’origine des préjudices de Théo et de ses parents», selon les avocats de la famille, William Bourdon, Amélie Lefebvre et Bertrand Repolt, du barreau de Paris.

Inhalation de glyphosate et malformation du foetus

En août 2006, en début de grossesse, Sabine Grataloup a inhalé du Glyper, un générique du Roundup de Monsanto, qu’elle pulvérisait dans un champ d’équitation. Son fils Théo est né avec de graves malformations de l’œsophage et du larynx. Le garçonnet trachéotomisé, assisté par respirateur va bientôt subir sa 52e opération. «Ça s’est passé quand mon épouse était enceinte de trois ou quatre semaines, sans encore le savoir, quand précisément la trachée et l’œsophage se séparent chez le fœtus», a confié Thomas Grataloup à l’AFP.

La mère de Théo ne portait pas de protection, mais les parents accusent le fabricant de ne faire figurer aucune mention à propos du caractère tératogène du produit sur les emballages.

Un herbicide classé cancérogène probable par l’OMS

Aux Etats-Unis où Monsanto sévit le plus, pas moins de 3 500 plaignants, victimes ou représentants de victimes décédées d’un lymphome non hodgkinien – un cancer du sang qu’ils attribuent à une exposition au glyphosate – ont lancé des procédures judiciaires contre le groupe.

Ces actions en justice ont obligé l’entreprise Monsanto à déclassifier plus de 10 000 documents (les «Monsanto Papers»), révélant une de ses nouvelles activités : le ghost writing. Cette pratique consiste à commander des publications à des scientifiques prestigieux et crédibles non liés à la société, mais qui seraient en réalité écrites par des employés de Monsanto, des auteurs fantôme qui seraient favorables à la firme.

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