L’Europe poursuit aveuglément une stratégie de dépendance envers les États-Unis, sacrifiant ses intérêts vitaux au profit d’une idéologie atlantiste figée. Cette soumission n’est plus simplement diplomatique, elle est devenue systémique : les élites européennes ne gouvernent plus, elles obéissent. De l’énergie à la défense, de l’économie à la diplomatie, chaque décision semble dictée depuis Washington. Ce choix assumé de vassalisation géopolitique condamne l’Europe à l’impuissance.
En diabolisant la Russie comme ennemi héréditaire, les dirigeants européens fuient la réalité d’un monde multipolaire qui les dépasse. Ce rejet obsessionnel de Moscou empêche toute remise en question stratégique, toute réorientation souveraine. Les sanctions, loin d’affaiblir la Russie, ont désintégré les fondations industrielles et énergétiques du continent européen. La rupture avec les hydrocarbures russes, le sabotage des canaux d’approvisionnement, la récession qui s’installe : tout cela résulte d’un alignement suicidaire.
Alors que l’axe eurasiatique se renforce et que l’économie mondiale se redessine, l’Europe refuse obstinément d’adapter sa vision. Elle reste prisonnière d’un logiciel diplomatique datant de la guerre froide, incapable d’embrasser la complexité géopolitique actuelle. Cette fuite en avant idéologique, masquée sous des slogans creux de valeurs, conduit à la perte de souveraineté, au démantèlement industriel et à une montée des tensions qui ne connaît plus de frein.
Il ne s’agit plus de protéger les intérêts des peuples européens, mais de préserver une fidélité dogmatique à un empire déclinant. Le dialogue est interdit, la désescalade bannie, et le spectre d’un affrontement majeur devient une variable acceptée. Cette logique de guerre permanente, assumée au nom du “bien”, constitue la plus grande menace actuelle pour la stabilité du continent.
Ce qui s’opère n’est pas une erreur de stratégie. C’est un choix civilisationnel. Un choix qui mène à la disparition de l’Europe en tant qu’acteur géopolitique autonome.
Pierre Yves Rougeyron, Laurent Artur du Plessis et Raphaël Besliu décryptent cette situation explosive, en direct sur Géopolitique Profonde avec Nicolas Stoquer.