Les députés de La France insoumise ont proposé un amendement au nouveau projet loi antiterroriste, afin de mieux punir les entreprises ayant financé des groupes terroristes. Une référence indirecte, mais claire, au cimentier franco-suisse Lafarge.

Tard dans la nuit du 26 septembre, c’est par la voix de son élu de Seine-Saint-Denis, Bastien Lachaud, que La France insoumise a défendu son amendement au projet de loi antiterroriste porté par le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb.

L’objectif des opposants au gouvernement est de permettre des «saisies inamicales» sur les entreprises «suspectées notamment de financer directement ou indirectement la commission d’actes terroristes.» A mots couverts, le député a visé l’entreprise franco-suisse de cimenterie LafargeHolcim, qui a admis avoir payé des taxes à Daesh entre 2013 et 2014 afin de sécuriser son site implanté à Jalabiya, dans le nord de la Syrie.

Le rapporteur de la commission a émis un avis défavorable au motif qu’il existait «déjà des dispositions pour réprimer le financement du terrorisme dans le code pénal.» Puis, c’est Gérard Collomb lui-même qui a rappelé à Bastien Lachaud qu’une «information a[vait] été ouverte contre X pour des personnes qui auraient participé au financement du terrorisme.»

Le député de La France insoumise a ensuite rétorqué que les trois ans de procédure à l’encontre de l’entreprise n’avaient manifestement rien donné, alors que le gouvernement allait très vite pour fermer des lieux de culte suspects. Bastien Lachaud a exhorté ses camarades du Parlement, ainsi que le gouvernement, à «agir et à agir beaucoup plus vite», avant de conclure : «Nous vous demandons la même fermeté vis-à-vis d’entreprises qui financent le terrorisme.»

En vain : l’amendement a finalement été rejeté.

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