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« L’Histoire se répète »

Les parallèles historiques sont troublants, explicites de similitudes, intéressants par leurs enseignements à tirer. Un empire trop étendu est très disparate et sans continuité territoriale, maintenir sa cohésion s’avère difficile sans accorder quelques pans d’autonomie, sans organisation adaptée du pouvoir et une logistique flexible. Il en va de même pour les états vassaux, protectorats et intérêts nationaux dans d’autres pays.

Empire de Charles QuintSaint-Empire Romain Germanique sous Charles Quint, transposé sur les frontières actuelles
Source : Wikipédia [12]

Les États-Unis et l’empire de Charles Quint présentent la même voûte cosmopolite rassemblant plusieurs nationalités de différents horizons. Bien souvent, le public ne sait pas s’il faut utiliser le terme « états-unien » ou « américain ». Les deux dénominations visent la même nationalité bien que la dernière s’applique au continent, elle n’est donc pas exacte pour désigner les habitants des États-Unis.

Ce qui s’appliquait à l’empire des Habsbourg peut s’établir pour les multiples interventions et intérêts américains dans le monde. Attaqué sur plusieurs flancs (Français à l’Ouest, pirates au Sud, Turcs à l’Est), l’empire de Charles Quint requérait trop de déplacements, de ressources, de moyens et matériel à coordonner dans sa gestion quotidienne et les multiples guerres. Ce qui finit par amener à la séparation en deux branches : les Habsbourg d’Espagne et d’Autriche. Les États-Unis se retrouvent dans la même situation. Un flanc pacifique et un flanc océanique, des états tempérés tournés vers le Nord, d’autres semi-arides et tropicaux vers le Sud et un Centre agricole consacré sur son propre développement.

Tout comme la colonisation des Amériques par l’Espagne alors sous domination Habsbourg, tourné vers la mer, Charles Quint n’oubliait pas pour autant la puissance continentale. Les États-Unis ont progressivement développé une dimension thalassocratique en ne reniant pas pour autant ses visées géopolitiques en Amérique du Nord et ses intérêts en Amérique Latine.

En dépit de plusieurs armées équipées et se battant sur plusieurs théâtres, les campagnes laissaient des victoires mais aussi des tentatives veines menant à plusieurs échecs. Les interventions en Afghanistan et Irak laissèrent peu à peu le goût de la victoire à un gouffre humain et financier. Les alliances entre pays et la diplomatie prévinrent les tentatives en Syrie, au Liban, en Iran et en Géorgie.

Au final, la multiplicité des intérêts et la complexité lourde et coûteuse de la gestion finirent par aboutir à la séparation de l’empire de Charles Quint. En sera-t-il de même pour les États-Unis en situation financière dangereuse et à contrôler ou influencer trop de pays en même temps ?

Sources :

[12] Saint-Empire romain germanique – http://fr.wikipedia.org/wiki/Saint_Empire

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