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Des historiens ont identifié la « pire année » de l’histoire de l’humanité !

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La prochaine fois que vous pensez que votre vie est rude, imaginez ce qu’elle pouvait être quand une partie de la Terre a été plongée dans un cataclysme. Même une fois la catastrophe terminée, il s’en est suivi une décennie de douleur et de souffrance.

Ciel assombri

© Shutterstock

Vous vous réveillez un lundi matin sous un ciel sombre, lugubre et morose. Pour le 547e jour consécutif.

Dix-huit mois plus tôt, vous étiez un agriculteur laborieux prêt pour une nouvelle saison de récolte abondante.

Mais c’est alors que les cieux s’assombrirent.

Et ils sont restés sombres — jour après jour, mois après mois — du début de l’année 536 à 537 [après J.-C. – NdT]. Dans une grande partie de l’Europe de l’Est et dans toute l’Asie, le printemps a précédé l’été et l’automne a laissé place à l’hiver sans un seul jour d’ensoleillement. Le Soleil était masqué par un voile obscur et des millions de personnes dans les pays les plus peuplés du monde ont dû plisser les yeux, respirer un air étouffant et perdre presque toutes les récoltes sur lesquelles elles comptaient.

Il ne s’agit pas de l’intrigue d’une série télévisée dystopique ou d’une production fantastique de type « docufiction ».

Eclipse Lune Soleil

© Nasa/Hinode/XRT
La Lune passant devant le Soleil pendant une éclipse solaire annulaire le 4 janvier 2011

Ce fut une dure réalité pour les millions de personnes qui ont vécu cette période littéralement sombre ou, comme certains historiens l’ont décrite, la plus terrible des années que l’on puisse vivre.

L’année la plus noire avant la décennie la plus noire

Voici le sinistre récit que Procope, un érudit éminent qui devint le principal historien byzantin du VIe siècle, fit dans son History of Wars [en français, Les Guerres de Justinien, qui comprennent trois volumes : Les Guerres perses, Les Guerres vandales, et Les Guerres goths » – NdT] :

« Parce que tout au long de cette année, le Soleil a émis un rayonnement sans éclat, semblable à celui de la Lune, et on eût dit que le Soleil était en éclipse, étant donné que les rayons qu’il dispensait n’étaient ni lumineux ni semblables à ceux qu’il a l’habitude de diffuser […] Et à partir du moment où cette chose s’est produite, les hommes n’ont été libérés ni de la guerre, ni de la peste, ni d’aucune autre chose menant à la mort. »

Note du traducteur : Et Procope ajoute immédiatement après : « Et c’était l’époque où Justinien était dans la dixième année de son règne. »

Est-ce à dire que Procope faisait le lien entre le caractère despotique de Justinien et les bouleversements météorologiques ? Pour avoir un début de réponse, le lecteur peut consulter l’ouvrage Les changements terrestres et la connexion anthropocosmique, au Chapitre 34 — « Les preuves historiques d’une connexion anthropocosmique » :

« Le compte-rendu de Procope décrit de façon tellement saisissante un régime ploutocratique, avec toute sa violence, sa corruption, ses trahisons, sa cruauté et son incompétence que cela vaut la peine de le citer en détail. Évidemment, toute ressemblance avec notre époque moderne est purement fortuite. » ~ Emphases de Sott

« Que Justinien n’ait pas été un homme, mais un démon sous forme humaine, comme je l’ai dit, on en trouve la preuve surabondamment dans l’excès des maux qu’il fit peser sur l’espèce humaine. Car ses actions rendent manifestes ses énormités et la puissance du malfaiteur. Dieu seul pourrait, ce me semble, calculer le nombre de ceux qu’il a fait périr, et l’homme parviendrait plus tôt à compter les sables du désert que la quantité des victimes immolées par cet empereur. Si je considère l’empire en général, j’affirme qu’ille rendit désert, en lui faisant perdre cent millions d’habitants. En effet, il dévasta tellement la Libye (Afrique), d’ailleurs si étendue en longueur que le voyageur, dans le cours d’une longue route, rencontrait à peine un homme et en tenait bonne note. Cependant cette contrée fournit aux Bandiles (Vandales) 80 000 hommes soldés et armés; et l’on peut à proportion calculer le nombre des femmes, des enfants et des esclaves(qu’elle nourrissait). […]

Il y avait encore un beaucoup plus grand nombre de Maurusiens (Maures) qui périrent avec tous leurs enfants et toutes leurs femmes. Cette terre a dévoré aussi bon nombre de soldats romains et de ceux qui de Byzance sont venus à la suite des armées. Aussi je pense que ce serait rester au-dessous de la vérité que d’estimer à moins de cinq millions d’âmes ce quia péri en Libye.

La cause de ce désastre fut la politique de Justinien, qui ne sut pas, après la victoire obtenue dès l’abord sur les Bandiles, s’assurer la domination du pays, en montrant une protection bienveillante envers ses sujets par la sécurité accordée à leurs intérêts, et respecter tout ce qu’il y avait de bon. Au contraire, il rappela aussitôt Bélisaire sans aucune précaution, comme si ce général avait conspiré pour en usurper la souveraineté, et il l’exploita ensuite à sa discrétion pour pomper la substance de la Libye.

Il y envoya, en effet, des commissaires nombreux, chargés d’y frapper les plus lourds impôts, sans que les habitants en connussent même le principe. Il s’empara des meilleures propriétés ; il interdit aux Arianes (Ariens) l’exercice de leur culte. Il négligea d’y tenir ses forces au complet, en même temps qu’il se montrait très exigeant envers le soldat, en sorte que les révoltes se succédèrent et finirent par entraîner de grandes pertes. Il ne sut jamais garder aucune mesure, et il était né pour tout brouiller ou pour tout corrompre.

L’Italie n’était pas moins de trois fois plus peuplée que la Libye. Mais elle devint plus déserte encore d’habitants, sur toutes les parties de son territoire. On a ainsi la preuve que la dépopulation fut incalculable. J’ai déjà indiqué, dans mes récits, la cause des désastres de l’Italie. Toutes les fautes commises en Libye s’y renouvelèrent au grand jour. L’envoi des commissaires appelés Logothètes (contrôleurs) mit tout en combustion, et par ce procédé Justinien perdit aussitôt le fruit de sa conquête.

L’empire des Goths s’étendait, avant la guerre d’Italie, depuis le territoire des Gaulois jusqu’aux limites de la Dacie, où s’élève la ville de Sirmion. Les Germains possédaient la plus grande partie de la Gaule (Cisalpine) et du territoire des Vénétiens, lorsque l’armée des Romains arriva en Italie. Les Gépædes (Gépides) occupaient Sirmion et les plaines de cette région, qui, du reste et en réalité, étaient les plus désertes que l’on pût dire. La guerre, avec l’épidémie et la famine qui en sont les suites ordinaires, les avait réduites à cet état de dépopulation.

L’Illyrie et la Thrace entière, c’est-à-dire les pays situés entre le golfe Ionien et les faubourgs de Byzance, en y comprenant la Grèce Hellade et la Chersonèse, étaient envahies à peu près chaque année par les incursions des Huns, des Slabènes (Slaves) et des Antes, depuis que Justinien était parvenu à l’empire des Romains, et leurs habitants subissaient des maux intolérables. Je crois que chaque invasion emportait, tant en morts qu’en individus réduits à l’esclavage, plus de deux cent mille sujets de l’empire ; le désert des Scythes envahissait successivement chacune de ces contrées. […]

Ni les Perses, ni les Saracènes, ni les Huns, ni les Sclabènes, ni les autres barbares n’avaient assez d’avantages pour évacuer le territoire des Romains, sans faire eux-mêmes des pertes. Car, dans leurs retraites, et surtout dans les sièges; ainsi que dans les combats nombreux qu’il leur fallait livrer, ils éprouvèrent des défaites non moins désastreuses. Ainsi la population des barbares, comme celle des Romains, eut à peu près également à souffrir de la folie homicide de Justinien. Sans doute, Chrosoës n’était pas moins méchant de caractère que l’empereur; mais, ainsi que je l’ai expliqué, à mesure que l’occasion s’en est présentée dans mes écrits, c’est Justinien quia pris l’initiative de toutes les ruptures et des guerres avec ce prince ; car il ne prenait aucun souci de conformer sa conduite aux circonstances qui survenaient, et il agissait à contresens. Pendant la paix, et en traitant avec ses ennemis, il s’attachait, avec un esprit astucieux, à se ménager des prétextes de guerre. Pendant la guerre, il se décourageait sans raison. Son avarice l’empêchait de préparer les approvisionnements nécessaires au succès. Au lieu de s’occuper de ce soin, il livrait son esprit à la contemplation, à rechercher la nature de la Divinité; mais il ne voulait pas renoncer à la guerre, parce qu’il aimait le sang versé et la tyrannie. Cependant il n’était pas capable de s’occuper des affaires militaires, et sa parcimonie l’empêchait d’accorder ce qui manquait.

Le règne de ce prince inonda donc la terre entière de sang humain, soit de celui des Romains, soit de celui des barbares, et pour ainsi dire de tous. La guerre sévit en quelque sorte sur toutes les parties de l’empire, pendant cette époque. Mais les émeutes qui surgirent à Byzance et dans chaque cité firent verser, je pense, non moins de sang, si l’on en fait bien le calcul.

Comme on n’avait égard ni à l’équité ni à la proportion des peines dans la répression des délits, et comme chacun des partis n’était jaloux que de plaire à l’empereur, jamais de part ni d’autre ils ne restaient en repos.

Ils tombaient alternativement, les uns dans la fureur du désespoir parce qu’ils avaient échoué, les autres dans une exaltation présomptueuse, parce qu’ils avaient conquis sa faveur : tantôt ils marchaient les uns contre les autres en masse ; tantôt ils engageaient des combats isolés, et même d’homme à homme. Ils se dressaient réciproquement des embûches quand l’occasion s’en présentait. Pendant trente-deux ans, on ne laissa passer aucune circonstance favorable, sans se faire le plus de mal possible; et, le plus souvent, le préfet du peuple condamnait les séditieux au supplice. Toutefois le châtiment des délits retomba principalement sur les Prasiniens.

La persécution dirigée contre les Samaritains et les autres hérétiques remplit aussi de meurtres l’empire des Romains. Qu’il me suffise, afin d’abréger, de rappeler ce que j’en ai dit dans un des chapitres précédents.

Ces calamités, dont l’humanité tout entière eut à gémir, eurent pour cause le caprice de cet empereur, et prouvent qu’un démon était incorporé à sa personne.

Je vais raconter les maux qui sont tombés sur l’espèce humaine par l’effet d’une puissance cachée et d’une force démoniaque. Pendant qu’il gouvernait les affaires des Romains, il est arrivé des désastres divers, en grand nombre, que les uns ont attribués à l’influence de ce mauvais génie et à ses artifices, les autres à la colère de Dieu, qui, en haine de cet homme, retira la protection qu’il avait conservée à l’empire romain, ce qui se manifesta de la manière suivante.

Le fleuve Skirtus, qui entoure Édesse, fut, pour les habitants de cette cité, la cause de mille calamités, ainsi que je l’ai écrit dans mes ouvrages précédents.

Le Nil, ayant accompli son inondation accoutumée, ne rentra pas dans son lit aux époques ordinaires, et rendit complètement désertes quantité de terres habitées, comme je l’ai dit également.

Le Cydnus, qui enveloppe Tarse presque entièrement, enferma l’accès par ses inondations, pendant nombre de jours, et ne retira pas ses eaux avant d’y avoir produit des ravages considérables.

Des tremblements de terre renversèrent Antioche, première ville de l’Orient ; Séleucie, qui est habitée par les populations voisines, et Anazarhe, la plus illustre cité de la Cilicie. Qui pourrait calculer le nombre des personnes qui y trouvèrent la mort ?

Ajoutez à ces villes lbora et Amasée, la première cité du Pont, Polybote de Phrygie, celle que les Pisidiens appellent Philomède, Lychnidus des Épirotes et Corinthe, cités qui d’ancienneté étaient très peuplées. Toutes ces villes furent à cette époque renversées par un tremblement de terre, et leurs habitants périrent simultanément presque tous. Survint la peste, dont j’ai fait mention plus haut, qui enleva au moins la moitié des populations d’alentour.

Telle fut la destruction qui affligea le genre humain du jour où Justinien prit en main les rênes du gouvernement, et qui se prolongea pendant la durée ultérieure de son autorité. […]

Je crois avoir suffisamment expliqué comment ce prince destructeur engloutit les revenus publics et s’empara des richesses de tous les membres du sénat, soit isolément, soit en masse. Je crois aussi en avoir dit assez sur les fraudes qu’il employa pour s’emparer des autres biens appartenant à des familles qui paraissaient opulentes. J’ai dit enfin le mal qu’il a fait aux soldats, aux personnes à la suite des généraux, à la milice du palais, aux cultivateurs, ainsi qu’aux possesseurs et aux propriétaires des terres, à ceux dont la profession consiste dans l’exercice de la parole, aux négociants, navigateurs, artisans, ouvriers et forains, à ceux qui vivent des jeux de la scène, et pour ainsi parler, à toutes les professions. […]

L’aqueduc de la ville s’était crevassé, et une partie des eaux destinées aux habitants se perdait dans une proportion considérable. Les souverains en étaient témoins, mais ils négligèrent d’y remédier, et ne voulurent y faire aucune dépense, quoiqu’il y eût toujours une foule considérable qui se pressait, à s’étouffer, autour des fontaines de distribution, et que les bains eussent été fermés.

Cependant on employait quantité de richesses à des constructions maritimes, insensées et sans mesure. Ils bâtissaient de tous côtés dans les faubourgs, comme si les palais, dans lesquels leurs prédécesseurs avaient toujours conservé leur résidence, ne leur convenaient plus. Ainsi ce n’était pas à cause de la pénurie du trésor, mais par mépris pour la vie humaine, que Justinien, ne faisait pas réparer l’aqueduc. Car nul, depuis les temps les plus anciens, ne fut plus habitué que ce mauvais prince à ramasser et à dissiper injustement et mal à propos les richesses de tous.

C’est ainsi que cet empereur frappa les plus pauvres et les plus malheureux de ses sujets d’une double privation, celle de l’eau et celle du pain, en rendant l’une trop rare, et en mettant l’autre à trop haut prix.

Les mauvaises actions de Justinien sont si nombreuses, que je ne pourrai jamais avoir assez de temps pour en parler. Je suis donc obligé de choisir quelques-unes de celles qui montrent à la postérité son caractère tout entier, et qui mettent au jour sa profonde dissimulation, son mépris pour Dieu, pour le sacerdoce et pour les lois. Jamais il ne parut avoir aucun souci du peuple qu’il était chargé de gouverner. Il n’eut aucune pudeur en aucune chose ; il ne se préoccupa ni des maux de la société ni des moyens de lui venir en aide ni d’excuser ses méfaits, et n’eut d’autre soin que de s’emparer des richesses du monde entier.

Je connais beaucoup de faits semblables relatifs à l’intolérance de Justinien. Mais je ne puis les rapporter. Car ils sont innombrables, et je dois mettre un terme à cet écrit.

Je dois seulement mettre au jour ce qui regarde son caractère particulier, et je vais prouver combien il a été dissimulé et faux. »

« Procope établit clairement un lien entre abus politiques et calamités. À cet égard, il ne différait pas des autres chroniqueurs. Tous établirent ce même parallèle simplement parce qu’ils furent les témoins directs de ces deux types d’événements, ils les vécurent en personne pendant des années. » ~ Emphases de l’auteur

Quelques 1 500 ans plus tard, l’historien médiéviste Michael McCormick, de l’université de Harvard, est parvenu à une conclusion tout aussi sombre, non seulement sur cette terrible année 536, mais aussi sur la terrible décennie qui a suivi. McCormick a déclaré que pour les populations vivant en Europe en 536, « c’était le début de l’une des périodes les plus terribles que l’on puisse vivre, si ce n’est la plus terrible des années. » Comme l’a précisé McCormick à AccuWeather, tout a été déclenché par un changement climatique rapide et radical, en précisant qu’au printemps 536, une éruption volcanique a déclenché le Petit âge glaciaire de l’Antiquité tardive. Et ses ramifications, auxquelles s’ajoutent les éruptions qui ont suivi en 540 et 547, ont été dévastatrices.

Soleil masqué par des incendies

© Jae C. Hong
Jason Anderson, 42 ans, prend des photos alors que le Soleil perce la fumée épaisse générée par le Bobcat Fire à San Dimas, en Californie, le 9 septembre 2020.
Des nuages brumeux de fumée provenant de dizaines d’incendies de forêt ont, cette semaine-là, assombri le ciel pour le transformer en une étrange lueur orange sur une grande partie de la côte ouest, des conditions qui ont maintenu les lampadaires publics allumés toute la journée et plongé les habitants dans l’inquiétude.

McCormick ajoute : « Les aérosols produits par les grandes éruptions volcaniques ont bloqué le rayonnement solaire, réduisant ainsi le réchauffement de la surface de la Terre. » Et il précise que l’analyse du climat effectuée sur la base des cernes des arbres par l’université de Cambridge au Royaume-Uni montre que la température estivale moyenne a diminué de 1,5 à 2,5 degrés Celsius en Eurasie.

Cette baisse de 1,5 à 2,5 degrés Celsius a été causée par l’important nuage de poussière qui a suivi l’éruption. Selon de nombreux témoignages historiques, le ciel est resté obscurci jusqu’à dix-huit mois, entraînant la funeste période de bouleversements qui distingue l’année 536 de notre ère.

Selon les récits historiques et les analyses de reconstruction du climat, l’obstruction du rayonnement solaire a gravement affecté les conditions météorologiques, ce qui a entraîné des chutes de neige estivales en Chine et une baisse record des températures jamais vue depuis plus de 2 300 ans.

Au Moyen-Orient, en Chine et en Europe, la présence d’un épais brouillard était un cauchemar quotidien auquel nul ne pouvait échapper, tandis que selon The Gaelic Irish Annals, les difficultés agricoles généralisées se sont traduites en Irlande par une « disette de pain entre les années 536 et 539 de notre ère ».

Une grande partie de la compréhension des scientifiques sur les impacts de l’éruption du volcan islandais a été découverte au cours du Historical Ice Core Project, un partenariat entre l’université du Maine et l’université de Harvard codirigé par McCormick en collaboration avec le professeur Paul Mayewski du Climate Change Institute. À l’aide d’échantillons de carottes de glace en provenance d’Islande, l’équipe a établi une chronologie archéologique afin de déterminer quand et où en Islande l’éruption volcanique initiale a dû se produire.

Ses impacts ont été généralisés et mortels. McCormick déclare que

« Des témoins oculaires antiques rapportent que le soleil a cessé de briller pendant 14 à 18 mois. Le résultat s’est traduit par plusieurs années de mauvaises récoltes et de famines, lesquels ont provoqué des migrations et des turbulences à travers l’Eurasie. »

L’apparition de la première peste bubonique

Si l’épidémie de peste bubonique du VIe siècle est moins connue que la réapparition de la maladie au XIVe siècle — connue sous le nom de peste noire — la première a néanmoins détruit au moins un tiers de la population de l’Empire romain d’Orient, ce qui a entraîné son effondrement.

Surnommée la pandémie de Justinien ou la peste de Justinien, la maladie s’est répandue dans toute l’Égypte romaine avant d’infecter le reste du monde au cours des 200 années qui ont suivi. Selon McCormick, de l’ADN antique a montré que l’agent pathogène responsable de la maladie était Yersinia pestis, la peste bubonique, une maladie des rats et autres rongeurs qui s’est répandue dans les populations humaines.

Note du traducteur : Blâmer les puces transportées par les rats pour expliquer la peste est tout aussi fallacieux que d’attribuer une origine soi-disant naturelle issue d’un pangolin ou d’une chauve-souris pour le Sras-CoV-2, et permet d’éviter de regarder la réalité en face, à savoir que l’humanité fait face de manière cyclique à des événements totalement incontrôlables, y compris par les élites autoproclamées :

À la suite des éruptions volcaniques qui ont modifié le climat et obscurci l’année 536, McCormick estime que tout concourait à ce que la peste fasse des ravages.

Coulées de lave Islande 2021

© Marco Di Marco
Des coulées de lave provenant de l’éruption d’un volcan sur la péninsule de Reykjanes, dans le sud-ouest de l’Islande, le 29 mars 2021. Les éruptions volcaniques en Islande attirent toujours des foules de personnes qui espèrent s’approcher des coulées de lave.

Bien qu’il ait déclaré qu’il n’existe pas encore de lien précis établi entre l’apparition soudaine du Petit âge glaciaire de l’Antiquité tardive et la peste de Justinien, McCormick a déclaré :

« il semble probable que, par exemple, les pénuries alimentaires causées par le refroidissement soudain dans de nombreuses parties de l’Eurasie ont affaibli les populations et les ont rendues plus sensibles à l’agent pathogène. »

Selon lui, les famines ont presque certainement entraîné des migrations massives de personnes, qui ont probablement transporté la maladie avec elles.

Comparées aux épreuves modernes subies à cause [de la soi-disant pandémie de – NdT] Covid-19, les différences sont choquantes.

Il ajoute :

« Il faut prendre la période dans son ensemble, [l’année] 536 n’était que le début d’une période très difficile. Vivre la pandémie de peste en plus du refroidissement brutal a dû être très éprouvant. Aujourd’hui, le Covid-19 est terrible [mais non, pas tant que cela – NdT], mais comparez-le au taux de mortalité de la peste bubonique. »

McCormick a également souligné le taux de létalité [«  » au Covid-19 – NdT] de 1,8 % aux États-Unis par rapport au taux de mortalité de 40 à 60 % pour la peste bubonique pour laquelle il n’existait aucun traitement.

Quelle a donc été l’ampleur de ces éruptions volcaniques ?

De multiples éruptions ont bouleversé l’histoire et leurs traces ont été conservées dans la glace

Mayewski, un glaciologue de l’université du Maine, a également été étroitement impliqué dans le Historical Ice Core Project. Il a déclaré à Science Magazine que son équipe a pu analyser 2 000 ans de catastrophes naturelles historiques, extraites en Islande d’un forage de 72 mètres qui a permis aux scientifiques d’établir une chronologie historique des taux de concentration de différents éléments.

En utilisant un laser pour découper dans la carotte des tranches de glace de 120 microns, les scientifiques ont pu analyser les augmentations et les diminutions des taux de divers éléments à différents moments de l’histoire pour les associer à des catastrophes, ce qui nous a permis de mieux comprendre ce qui a façonné le monde dans lequel nous vivons aujourd’hui.

Dans l’échantillon de glace du printemps 536, l’étudiante diplômée Laura Hartman et le volcanologue Andrei Kurbatov ont trouvé des particules microscopiques de verre volcanique, qui correspondent étroitement aux particules de verre trouvées précédemment dans des lacs d’Europe et dans une carotte de glace prélevée au Groenland.

Kurbatov a conclu que le mélange parfaitement désastreux de vents et de conditions météorologiques qui s’est produit en 536 a dû guider le panache à travers l’Europe et jusqu’en Asie, jetant un voile glacial alors que le brouillard volcanique « déferlait [sur ces continents – NdT]. »

Selon un article publié en 2015 dans le Smithsonian Magazine, d’autres scientifiques pensent également que l’éruption islandaise de 536 a émis des cendres épaisses qui se sont répandues dans l’hémisphère nord, pompant de grandes quantités de sulfate dans l’atmosphère.

En plus de cette éruption-ci, d’autres études menées récemment ont suggéré que [l’activité simultanée de – NdT] plusieurs volcans auraient pu être responsables des tragédies de cette période.

Eruption du St Helens en avril 1980

© Jack Smith
Le Mont St. Helens, dans l’État de Washington, crache de la fumée, de la suie et des cendres dans le ciel en avril 1980

Selon les scientifiques, une autre éruption volcanique notable aurait été l’une des plus fortes éruptions des 10 000 dernières années, probablement comparable à l’éruption du mont Tambora en 1815.

L’éruption du mont Tambora a également conduit à une année tout aussi sombre, puisqu’une grande partie de l’année 1816 a été plongée dans l’obscurité, entraînant des chutes sans précédent des températures et des centaines de milliers de décès dus à l’éruption et à la famine, elle-même due aux mauvaises récoltes de cette saison-là. Cette période a été surnommée « l’année sans été ». Aux États-Unis, la neige est tombée en juin à New York et dans le Maine, tandis que dans la région, de fortes gelées et des tempêtes de verglas se sont produites jusqu’en juillet.

Au VIe siècle, l’autre volcan qui a marqué l’histoire est entré en éruption à environ 8 000 km de l’Islande, en Amérique centrale, avec une explosion volcanique plus de cent fois plus forte que celle du mont Saint Helens en 1980, comme la déclaré au National Geographic le chercheur Robert Dull.

Une équipe de scientifiques a publié une étude dans la revue Quaternary Science Reviews, qui situe l’emplacement de l’éruption dans le centre du Salvador à partir de l’Ilopango endormi. Aujourd’hui, un lac de la taille de 73 kilomètres carrés se trouve dans la caldeira volcanique laissée derrière.

Dull, géologue à l’université luthérienne de Californie a déclaré :

« Il s’agit de la plus grande éruption d’Amérique centrale à laquelle l’être humain ait jamais assisté. L’importance de l’événement est encore plus grande, à la fois la façon dont les Mayas l’ont surmonté et à l’impact qu’il a eu sur ce qui s’est passé ensuite. »

On pense que la paire d’éruptions cataclysmiques s’est combinée pour déclencher les années de maladie, de famine et de tragédie de la décennie suivante.

Le voile de poussière

À l’aide de techniques de datation historique telles que l’analyse des anneaux de croissance des arbres [dendrochronologie – NdT] et les relevés d’isotopes stables du carbone, les scientifiques ont présenté un modèle permettant de décrire à quel point la vie était rude pour les personnes vivant à cette époque.

Le voile de poussière, disent-ils, a réduit les niveaux habituels de rayonnement solaire, ruinant ainsi des années de récoltes, et « a contribué à des épidémies de famine remarquablement simultanées », laissant les humains avec un manque à long terme de vitamine D, ce qui a affaibli leur santé et leur qualité de vie pendant ces années sombres [littéralement – NdT].

Soleil masqué par les incendies dans le Colorado en 2020

© David Zalubowski
Le Soleil est obscurci alors que de multiples incendies brûlent dans l’État du Colorado, ici le 21 octobre 2020, au sud de Lyons.

McCormick a déclaré qu’au fur et à mesure d’une meilleure compréhension des archives climatiques naturelles et des reconstitutions du Petit âge glaciaire de l’Antiquité tardive, les scientifiques pourront davantage déterminer comment ce voile de poussière a radicalement changé le climat dans différentes parties de l’hémisphère nord. Il a ajouté :

« La péninsule arabique, par exemple, pourrait être devenue un peu moins sèche, tandis que l’effet semble plus spectaculaire et négatif au nord de la Méditerranée. Jusqu’à présent, la plupart des enregistrements climatiques naturels à partir desquels le Petit âge glaciaire de l’Antiquité tardive a été reconstitué proviennent d’Eurasie et d’Amérique du Nord, donc de latitudes plus septentrionales. »

Même si cela peut sembler difficile à croire, compte tenu des multiples guerres mondiales et des nombreuses pandémies dévastatrices des cent dernières années [??? – NdT], McCormick a déclaré à History.com que cette horrible période de l’histoire n’a absolument pas été exagérée par les descriptions de ceux qui en ont été témoins :

« Ce fut un changement assez radical, qui s’est produit du jour au lendemain. Les témoins de l’époque avaient parfaitement compris ce à quoi ils faisaient face. Ils n’étaient en rien hystériques et la fin du monde n’était pas le fruit de leur imagination. »

Source de l’article initialement publié en anglais : AccuWeather
Traduction et emphases : Sott.net

Source : sott
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