Des crises européennes aux crises africaines

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par Leslie Varenne.

Lors d’une réunion sur le Sahel, en marge de l’Assemblée générale de l’ONU, Antonio Guterres a déclaré : « La communauté internationale doit trouver des solutions audacieuses pour aider la région du Sahel à sortir de la crise sécuritaire, humanitaire et financière qui l’affecte ». Il en faudra des solutions audacieuses pour affronter les temps qui viennent car les crises énergétique, économique et financière qui se profilent en Europe viendront aggraver la situation déjà paroxystique de cette région. Pour l’instant, ladite communauté internationale semble être en panne d’idées. Le secrétaire d’État Anthony Blinken s’est bien rendu au Niger le 19 septembre, mais il s’est contenté de donner un tout petit chèque de 9 millions de dollars et de rappeler l’importance de la collaboration avec Niamey. La stratégie pour le Sahel d’Emmanuel Macron qui consiste à « repenser l’ensemble des dispositifs » militaires en Afrique et « à bâtir dans la durée une intimité plus forte avec les armées africaines » n’a pas encore été dévoilée.

Les présidents d’Afrique de l’Ouest ne s’aident pas beaucoup non plus en se livrant à des bagarres d’égo autour des 46 militaires ivoiriens incarcérés à Bamako depuis le 10 juillet dernier. Les interventions extérieures de Gérald Darmanin à Antonio Guterres, alimentent cette affaire qui prend des proportions déraisonnables. Tous, et les présidents de la Cedeao en premier, devraient faire preuve de sagesse, de solidarité et d’humilité, devant la tempête qui s’annonce.

Des fonds sans fond

Un des premiers spasmes des crises européennes qui se fait déjà sentir est celui concernant l’aide humanitaire. Jamais dans son histoire, l’Union européenne n’avait mis autant de moyens pour soutenir un pays en guerre. Entre 2014, date du début du conflit dans le Donbass et aujourd’hui, l’UE a donné à Kiev 21 milliards d’euros. Depuis le 24 février, elle a versé 2,5 milliards pour armer l’Ukraine, 20 milliards pour l’accueil des réfugiés ukrainiens dans les pays européens et 335 millions d’euros d’aide humanitaire. En ajoutant les autres opérations diverses et variés, comme la formation des militaires, soutien à la protection civile et à la gestion des frontières, etc. L’effort des citoyens de l’UE approchera donc bientôt les 50 milliards d’euros, bien loin des 8,5 milliards d’euros dédiés depuis 2012 aux cinq pays du Sahel. Or, même si les fonds de l’UE apparaissent sans fond, ils ne le sont pas, tout ce qui va ici ne va pas là-bas. Idem pour les États-Unis qui dépensent sans compter pour leur allié ukrainien. Résultat, les ONG travaillant sur le Sahel ont des difficultés à financer leur programme, alors que celles œuvrant en Ukraine se retrouvent sur-dotées.

Le tsunami qui vient

Mais ce point n’est que le sommet émergé de l’iceberg, d’autres aspects sont beaucoup plus préoccupants. Les prix de l’énergie se sont envolés, en France, plus 143% en un an sur le gaz, quant à l’électricité, le prix du KWH est passé de 50 euros à 600 euros en une année. Les conséquences sont incommensurables pour l’industrie de certains pays européens, des entreprises petites et grandes mettent la clé sous la porte, à ces prix la fabrication n’est plus rentable. Des grands groupes, Arcelor Mittal, OCI, Volkswagen délocalisent leurs activités aux États-Unis qui les accueillent bien entendu à bras ouverts. Ce qui restait de l’industrie européenne est à genou avec comme corollaires, plus de chômeurs, moins de taxes et d’impôts pour les États et plus de déficit du commerce extérieur.

À cela il faut ajouter l’inflation, plus de 10% dans l’Union européenne, qui n’est pas dû uniquement à la guerre en Ukraine, ni uniquement à la gestion de l’épidémie avec les confinements qui ont désorganisé les chaines d’approvisionnement mais en grande partie à l’utilisation de la planche à billets par la Banque centrale européenne pour financer les « quoiqu’il en coûte » (le bilan de la BCE a plus que doublé en quelques années). Et l’euro chute, il est actuellement aux alentours de 96 centimes pour 1 dollar. Selon les financiers interrogés par l’IVERIS, il n’y a aucune raison pour que cette baisse ne se poursuive pas. Le dollar, lui, se renforce, symétriquement à la baisse de l’euro.

En outre, la Réserve fédérale ayant augmenté ses taux, il est plus avantageux pour les investisseurs de placer leur argent dans la monnaie US, tous abandonnent donc l’euro pour se réfugier sous le parapluie américain. Tout se passe comme si, par Ukraine interposée, les États-Unis affaiblis dévitalisaient l’Europe pour se faire une cure de vitamines.

Gouverner c’est prévoir

Que les dirigeants européens, atteints de pathologie atlantiste, aient des tendances suicidaires et entraînent leurs concitoyens dans leur chute est leur affaire et celle de leurs peuples. Sauf qu’ils ne sont pas seuls dans cette galère. Le Franc CFA est adossé à l’euro, donc mécaniquement quand l’euro baisse, le CFA baisse, les mêmes causes produisant les mêmes effets, l’inflation galope. En prime, les importations coûtent beaucoup plus cher aux pays de la zone CFA… De plus, les pays émergents n’ayant ni les amortisseurs sociaux ni la possibilité de mettre en place des boucliers tarifaires, les conséquences sont encore plus délétères pour des populations déjà démunies.

Outre les conséquences désastreuses de la baisse de l’Euro et donc du Franc CFA, la BCE augmente désormais les taux d’intérêts. Ces hausses brutales ont pour but de ralentir l’économie et donc de freiner l’inflation, ce qui risque de générer une récession. Ces hausses des taux d’intérêt ont un impact majeur sur les pays émergents en zone CFA puisqu’ils ont un besoin vital d’emprunter sur les marchés pour financer leur développement.

À la crise sécuritaire des pays du Sahel s’ajoutera donc une crise économique et financière dans la zone CFA, alors que si jusque-là cette monnaie était politiquement contestée, elle restait néanmoins un instrument de stabilité. Les panafricanistes ne manqueront pas de soulever la question et de pointer une nouvelle fois la France du doigt. Tant que l’euro reste dans la zone des 0,90 pour un dollar, la situation restera gérable, au-dessous, (certains économistes n’hésitent plus à imaginer un scénario à 0,60 et d’autres plus pessimistes à 0,50), cela tanguera très fort et la situation ne sera plus tenable.

Quelles « solutions audacieuses » les dirigeants africains prévoient-ils ? Comment se préparent-ils pour affronter la tempête ? Les banques centrales africaines n’ont aucune marge de manœuvre, elles n’ont d’autre choix que de suivre la BCE. Car, la fin du franc CFA, proclamée par Emmanuel Macron et Alassane Ouattara à Abidjan en décembre 2019, n’a finalement accouché que de réformes cosmétiques.

Le new deal avec l’Afrique annoncé par Emmanuel Macron en mai 2021, qui proposait d’octroyer 100 milliards de droits de tirages spéciaux à l’Afrique a, lui aussi fait flop. Le président français l’a d’ailleurs reconnu lors de son discours à la tribune des Nations unies : « Tant de pays, en particulier en Afrique, n’ont pas encore vu cet argent et nous ne pouvons plus leur expliquer que tel parlement bloque, que telle règle l’empêche. C’est impossible ! Nous arriverons trop tard. Mais nous devons aller plus loin car la difficulté est encore plus grande » (Sur ce sujet, lire article de Vivian Forson dans le Point Afrique).

En attendant d’aller plus loin, de changer les règles et de débloquer les parlements, que faire ? Depuis des années certains économistes ont trouvé la martingale, une dollarisation de la zone, ou un panier de devises comprenant le dollar ce qui permettrait de sortir du CFA tout en gardant la stabilité monétaire. Un coup magistral pour soutenir le dollar et renforcer l’influence des États-Unis dans la région. Quant à la souveraineté des pays africains concernés, elle serait une nouvelle fois renvoyée aux calendes grecques.

Pour conclure sur une note un peu moins sombre : pour la zone euro, comme pour la zone CFA, cette crise peut être salutaire, dans la mesure où elle sera enfin l’occasion de remettre à plat des systèmes défaillants.

source : IVERIS

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