Tous les ʺTénorsʺ politiques français se poussent au portillon des primaires en vue de l’élection présidentielle. Chacun se veut le meilleur, le plus méritant, celui qui défendra le mieux le peuple. Au sein d’une même famille politique, ils sont prêts, pour atteindre la nomination, à se dénigrer les uns les autres, souvent sur des futilités plutôt que sur le fond, et rares sont ceux qui gardent, au cours du processus, une réelle dignité. Cela sent la dérive à l’américaine où l’actuel débat Clinton – Trump n’est plus qu’une parodie de débat politique.

Mais aux USA, la fonction de président garde encore son autorité. Par contre, au sein de l’UE, quelles responsabilités peut encore réellement exercer le Président de la République en France ou tout autre chef d’état de l’Union Européenne ? Qui peut encore honnêtement affirmer que les états de L’UE disposent toujours de leur souveraineté primordiale qui, faut-il le rappeler, vient du peuple et LUI appartient. Le pouvoir de légiférer et de faire appliquer ses propres lois, le pouvoir judiciaire, le pouvoir de battre monnaie et de gérer son budget, les choix politiques en relations extérieures, le contrôle de ses armées, … toutes choses qui reflètent l’indépendance et la liberté nationales.

À quelques exceptions près, les lois éditées dans les pays de l’UE ne sont plus que le reflet de directives émises par la Commission. Les membres de ce puissant panel, puisqu’il tient en mains nos destinées, ne sont jamais soumis au choix des électeurs. Qui, parmi nos lecteurs, pourrait me citer le nom des commissaires en place ? Pourtant, ce sont bien eux qui, à la fois sur le plan interne et sur le plan externe, dictent aux états ce qu’il y a lieu de faire ou pas.


Les traités qui régissent nos rapports avec nos partenaires ne sont que rarement soumis au référendum . Pire, quand ils le sont et que le résultat ne convient pas aux instances dirigeantes, on passe outre. Les budgets sont contrôlés par l’UE. Pour les pays de la zone Euro, c’est cette ʺmonnaie unique ʺ sur laquelle nous avons peu de pouvoir, qui règle notre quotidien. Sur la politique extérieure, il suffit de se pencher sur toutes les dissensions qu’elle a suscitées depuis l’avènement du Marché Commun pour comprendre que c’est loin d’être une réussite. Quant aux armées, l’UE suit généralement l’Otan, où l’influence US est primordiale, et nous entraîne ainsi dans des conflits qui, sans intervention internationale, n’auraient pas existé (Irak p.ex) ou se seraient réglés bien plus rapidement et sans doute avec beaucoup moins de morts et moins de chaos après. Mais les mobiles sont rarement ceux avoués et quand ils le sont , c’est souvent de manière mensongère.

Etre un bon chef d’ état nécessite que l’état que l’on dirige dispose lui-même de suffisamment de souveraineté pour que son dirigeant puisse au moins en garantir la pérennité. La fonction exige une stature exceptionnelle, une honnêteté sans failles, un respect fondamental du peuple. Il n’existe pas de BON président NORMAL . Il faut être et rester au-dessus de la mêlée et ne jamais s’abaisser à des vilénies. Il est exclu d’ être lié à des affaires plus ou moins louches. Il est hors de question de traiter le peuple de con , d’en parler comme des sans-dents ou de le placer sous les traités dont il n’a éventuellement même pas voulu. Il ne faut pas faire de promesses en l’air et il convient de toujours respecter celles que l’on a faites. Il faut penser *pays* avant de penser à soi, à ses ambitions ou à sa réelection. Rares sont ceux qui en sont capables…

Nous assistons aujourd’hui dans l’UE à des dérives graves d’autoritarisme ; elles ont d’ores et déjà relégué la démocratie au second plan . La devise de la France, Liberté, Égalité, Fraternité s’écoule en larmes amères sur le fronton des mairies pendant que les politiques de tous bords essaient de se créer un chemin juteux vers des fonctions dites suprêmes mais rendues beaucoup moins glorieuses par le manque d’envergure, de courage politique, de respect du peuple de ceux qui les exercent ou qui les briguent.
Ces dérives méprisantes ont aussi affaibli le rôle même des dirigeants nationaux : ils n’ont plus grand pouvoir si ce n’est celui de gesticuler. Et, pire que tout cela, elles ont montré leur mépris à l’égard des peuples. Or le mépris du peuple est à la fois impardonnable et suicidaire . Les peuples ont toujours le dernier mot. Celui qui, tôt ou tard, surgit du désespoir.

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