Davos a perdu gros – Draghi se retire en Italie

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Par Tom Luongo – Le 14 juillet 2022 – Source Gold Goats ‘N Guns

Le Premier ministre italien Mario Draghi est dehors. Il a présenté sa démission au président Sergio Mattarella. Mattarella refuse pour l’instant. Il y aura un autre vote de confiance. C’est sans importance.

Comme c’est toujours le cas avec la politique italienne, l’histoire est beaucoup plus trouble que ce qu’en disent les gros titres.


Les gros titres disent que le leader du Mouvement 5 étoiles (M5S), Giuseppe Conte, ne peut plus soutenir le gouvernement de Draghi parce qu’il ne fait rien pour lutter contre la flambée des prix des denrées alimentaires et de l’énergie en Italie. Sans le soutien du M5S, il sera difficile pour Draghi de se maintenir au pouvoir.

Italy, SWG poll:

FdI-ECR: 24%
PD-S&D: 22%
LEGA-ID: 15% (+1)
M5S-NI: 12% (+1)
FI-EPP: 8% (+1)
A/+E-RE: 5%
SI/EV-LEFT/G/EFA: 4% (-1)
IV-RE: 3% (+1)
A1-S&D: 2% (-1)

+/- vs. 29 June – 4 July 2022

Fieldwork: 6-11 July 2022
Sample size: 1,200
➤ https://t.co/Aee87D2X9L pic.twitter.com/dhbXIbCray

— Europe Elects (@EuropeElects) July 11, 2022

Les partis qui ont « gagné » les dernières élections sont maintenant en 3ème et 4ème position. Le M5S n’obtient que 12% des voix. La Lega seulement 15%.

Ce sont les Frères d’Italie de Georgia Meloni qui sont en tête des sondages. Et nous sommes, au maximum, à neuf mois des élections italiennes.

Je dirais, plus vraisemblablement neuf semaines.

Donc, le fait que le M5S et Conte fassent cela maintenant ne joue pas en leur faveur. Cela implique quelque chose de bien plus profond que ce que l’on croirait à première vue.

Cela signifie clairement que le retrait de Draghi est une urgence qui l’emporte sur la politique de pouvoir de base, que l’avenir même de l’Italie est peut-être en jeu.

Et je pense que je sais pourquoi.

L’Italie est terriblement mal préparée pour cet hiver, le stockage de gaz étant bien en dessous des niveaux nécessaires pour passer l’hiver. Le problème est que l’Italie et l’UE ont menti publiquement à ce sujet. Selon les données de l’UE, le système gazier italien est rempli à plus de 65 %, avec plus de 126 TWh disponibles, ce qui correspond à d’autres grandes nations, comme l’Allemagne.

Mais si l’on regarde les chiffres réels, pour cette année, qui ont été terriblement difficiles à obtenir ces dernières semaines (je me demande pourquoi), le Stogit italien, la principale société de stockage de gaz en Italie, n’est rempli qu’à 53 % et ce chiffre a considérablement augmenté ces derniers jours (lien vers les données d’aujourd’hui 14/07/2022).

Comparez le taux de remplissage du stockage de gaz (voir le graphique ci-dessous) à partir des données d’aujourd’hui par rapport à celles du 17 juin 2022, où le stockage n’était qu’à 37 % de sa capacité, et vous verrez exactement où je veux en venir.

Alors, que s’est-il passé à ce moment-là pour que le taux de stockage du gaz en Italie change soudainement ? Le M5S a commencé sa campagne contre la gestion de l’Ukraine par Draghi et un appel à la grève générale a été lancé parmi les travailleurs des transports pour le 17 juin.

Après que Draghi a publiquement parlé de régler le conflit ukrainien avec la Russie, le ministre italien des affaires étrangères Luigi DiMaio (ancien Premier ministre et leader du M5S) a ouvertement critiqué l’ « immaturité » de Draghi face à la Russie.

C’est à partir de là que les choses sont devenues vraiment obscures. Rappelez-vous que c’est Conte qui était l’homme de main d’Angela Merkel lorsqu’il était Premier ministre pour faire dérailler toute sortie potentielle de l’Italie de l’Union européenne, ou du moins de l’euro. Rappelez-vous également que c’est Matteo Salvini, de la Lega, qui appelait ouvertement l’Italie à quitter l’euro.

Salvini a ensuite été mis sous pression par un faux procès intenté par Soros à son encontre lorsqu’il était ministre de l’Intérieur pour sa gestion d’un bateau de réfugiés.

Conte a organisé un coup d’État contre DiMaio, tandis qu’ils ont tous deux jeté Salvini sous le bus lorsqu’il a tenté, en août 2019, de faire tomber le gouvernement et de forcer la tenue de nouvelles élections, qu’à l’époque, la Lega aurait remportées haut la main, avec plus de 35 % de soutien national.

Depuis lors, Salvini s’est plié à presque toutes les mauvaises actions de l’Italie, probablement parce que ses actions étaient sans conséquence.

En fin de compte, ces manœuvres des élites politiques italiennes ont neutralisé les jeunes M5S et Lega et ont conduit à faire appel à Draghi en tant que Premier ministre intérimaire politiquement neutre pour mener le pays jusqu’aux prochaines élections, qui sont prévues pour la première partie de 2023.

Davos avait besoin de Draghi en Italie pour diriger la liquidation du pays, et c’est là que la crise du stockage du gaz entre en jeu. Davos s’est empressé de mettre en place tous ses collaborateurs en Europe après avoir installé Fongique Joe Biden comme président aux États-Unis. Draghi étant aux commandes en Italie, Davos était en mesure de gérer les deux côtés de la relation italo-américaine.

Et je suis sûr qu’ils s’attendaient tous à être en mesure de remporter toutes les manches, géopolitiquement. Draghi mettrait en œuvre des obligations de vaccination, des passeports verts et dégraderait encore plus la compétitivité de l’Italie à chaque étape.

L’euro resterait fort, les rendements des euro-obligations faibles, la réputation de la BCE intacte et la Fed captive des plans de dépenses délirants des Démocrates. Tel était l’état des lieux lorsque Draghi a été installé en mars 2021.

Il suffisait que les États-Unis se couchent et impriment/dépensent sans compter avec les Démocrates au pouvoir aux États-Unis. La Fed serait obligée de monétiser plus de 6 000 milliards de dettes supplémentaires dont le monde ne veut pas et les États-Unis s’effondreraient, permettant aux capitaux d’affluer en Europe au lieu de la fuir.

Nous savons tous comment cela s’est passé.

Comme je le dis depuis un an en tapant ma chaussure sur la table, la Fed, sous la direction de Jerome Powell, n’a cessé de saper le programme des eurocrates en menant une politique de rigueur à l’égard du dollar qui a déclenché cette hausse massive du dollar américain en juin dernier, lorsqu’elle a porté le taux du Reverse Repo à 0,05 % au-dessus du taux des fonds fédéraux.

Dans le même temps, Krysten Sinema (D-AZ) et Joe Manchin (D-WV) ont bloqué le programme national en refusant les projets de loi sur les infrastructures et sur la reconstruction au Sénat. Pelosi et Schumer ont été bloqués à chaque fois et n’ont rien pu faire passer à ces deux-là.

Comme je l’ai dit à l’époque, ces deux-là ne tiennent debout que parce que des gens puissants les ont soutenus. Des gens que même Davos n’a pas pu faire chanter.

La liste est courte, pour votre information. Elle commence avec la Fed et se termine avec le capital international, pas avec le Comintern. Pour une liste complète, il suffit de regarder ceux qui ne veulent pas sanctionner la Russie pour avoir donné le premier coup de poing en Ukraine.

Une fois que cet agenda s’est effondré et que le second mandat de Powell en tant que président du FOMC a été assuré, cela a préparé le terrain pour ce qui se passe maintenant.

Parce que la démission de Draghi soulève BEAUCOUP de questions. Pourquoi Conte, ancien larbin de Merkel, se retirerait-il de la coalition si Davos contrôlait toujours la situation en Italie ? Qu’est-ce qui a changé pour que cela se produise ?

J’ai décrit plus haut le mensonge sur le stockage du gaz et les hésitations de Draghi sur l’Ukraine, mais est-ce suffisant ? La semaine dernière, Davos a reçu deux scalps : Boris Johnson et Shinzo Abe. Tous deux étaient alignés sur les États-Unis, pas sur l’Europe.

L’Europe veut soutenir la guerre contre la Russie sans donner l’impression de soutenir la guerre contre la Russie. Typiquement européens, ils veulent avoir leur gâteau de politique étrangère fourni par l’argent américain et le manger aussi.

Ils s’en prennent à Olaf Scholz pour mettre les Verts officiellement aux commandes en Allemagne et trahir ce qui reste de la classe moyenne allemande.

Vous savez que je crois que la Fed travaille à rétablir la primauté des États-Unis sur leur propre politique monétaire et fiscale, ce qui est cohérent avec la façon dont Powell a augmenté les taux et provoqué des crises cardiaques au sein du système des eurodollars.

De plus, lorsque vous regardez les échecs de l’administration Biden à obtenir une quelconque avancée au niveau mondial pour isoler la Russie, vous voyez un agenda de Davos qui échoue complètement.

Il s’ensuit que les faibles nouveaux venus dans le marécage italien, comme ceux du M5S, ont peut-être finalement reçu suffisamment d’assurance que la situation a changé. L’indice des prix à la consommation de 9,1 % d’hier a suffi pour que les choses commencent vraiment à changer.

Les factions anti-Davos au sein des États-Unis sont désormais suffisamment fortes pour se débarrasser du joug de Davos représenté par Draghi, Mattarella et l’ancien Premier ministre Matteo Renzi, et lancer la candidature de l’Italie à l’indépendance.

La Fed répond à la décision de Davos d’éliminer Johnson en éliminant Draghi et en mettant l’UE sur la voie de la désintégration. L’euro a cassé la parité avec le dollar américain aujourd’hui suite à cette nouvelle. La BCE est maintenant confrontée à un tourbillon de taux plus élevés, car il est clair que la Fed augmentera encore ses taux de 75 à 100 points de base dans deux semaines.

Que va faire Lagarde ? Augmenter les taux ? Si oui, alors adieu l’Italie et bonjour la crise bancaire de la zone euro.

Étant donné que Draghi est détesté en Italie, il n’y a aucun moyen pour lui de continuer étant donné ce que nous savons maintenant. Toute résistance supplémentaire de Mattarella leur vaudra d’être lynchés publiquement.

L’ambiance en Italie est mauvaise à ce point.

L’histoire probable est que Draghi a détourné le regard pendant que l’Allemagne siphonnait ouvertement le gaz destiné à l’Italie pour elle-même afin de s’assurer que l’Italie meure de faim et de froid cet hiver.

Bon, en résumé.

L’UE a de sérieux problèmes. Avec la chute de Draghi, rien ne pourra empêcher l’effondrement des prix de la dette italienne, car soit Davos se ruine et nationalise les réserves d’or de l’Italie, soit Meloni arrive au pouvoir avec le soutien des banques américaines et du ministère de la défense et sort le pays de l’euro, voire de l’UE elle-même.

La trahison a été totale. Il est impossible de restaurer la loyauté des Italiens envers l’UE après avoir constaté l’énième tentative allemande merdique de prendre le contrôle de l’Europe.

Comme je l’ai décrit dans des articles précédents, avec la Russie d’un côté et la Fed américaine/les intérêts bancaires de l’autre, la pression sur la zone euro et la Banque centrale européenne n’a jamais été aussi forte.

La BCE n’a pas de réponse et a également admis qu’elle n’en avait pas. Tout ce qu’elle peut faire, c’est continuer à financer l’Italie jusqu’aux élections de mi-mandat aux États-Unis au cours desquelles Davos espère pouvoir sauver les Démocrates d’un anéantissement total. C’était aussi le plan.

Maintenant, Conte et le M5S ont fait exploser ces plans également.

Une véritable lutte pour la primauté du pouvoir occidental est en cours. Sera-t-elle menée par les cocos eurocrates ou les fascistes anglo-saxons ? Il n’y a pas de « gentils » ici. Ils sont tous terribles.

Ce renversement de Draghi, l’ultime initié de Davos, est l’un des tournants les plus importants de 2022. Cela signifie pour moi qu’ils ont maintenant perdu le contrôle du pays le plus important d’Europe. C’est le pilier sur lequel l’avenir de l’humanité pourrait finalement reposer.

Étant donné que nous sommes à deux doigts de voir Davos manipuler les États-Unis et le monde pour les entraîner dans une guerre sainte mondiale pour l’énergie, comme l’a souligné récemment l’ancien secrétaire d’État Mike Pompeo dans son discours aux Three Lighthouses, je dirais que je suis du côté de ceux qui s’efforcent d’éviter cela.

La crème solaire à 20 millions de SPF n’a pas encore été inventée. Je suis sûr que j’aurais lu ça dans Wired. Pour cette seule raison, vous devriez probablement applaudir la fin ignominieuse de la vie publique de Mario Draghi.

Tom Luongo 

Traduit par Zineb, relu par Wayan, pour le Saker Francophone

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