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Conflit en Ukraine: les deux voies possibles de l’Europe

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06.02.2023 

Plusieurs politiques éminents du passé récent ont fait en quelques semaines plusieurs déclarations du même type: le règlement du conflit dans le Donbass qui incluait les accords de Minsk et le format Normandie était une fiction. 

L’objectif principal consistait à empêcher une défaite fulgurante de l’Ukraine et à lui laisser du temps pour créer une puissante armée. Et cet objectif a été atteint. Quant à la réintégration de l’Ukraine aux conditions convenues à Minsk fin 2014-début 2015, tout le monde comprenait qu’il ne s’agissait de rien de plus que d’une couverture. 

L’ancien président ukrainien Petro Porochenko était le premier à en parler, puis cela a été répété par d’autres acteurs du processus: l’ancienne chancelière allemande Angela Merkel et l’ancien président français François Hollande. Boris Johnson était le dernier à s’exprimer à ce sujet, il s’adressait au quartet de Normandie. 

Ce n’est pas un scoop que les différentes négociations diplomatiques sont une tentative d’utiliser l’entente dans ses propres intérêts et tirer des avantages. Et leur résultat reste valable jusqu’à un changement significatif dans le rapport des forces et des capacités. C’est alors que chaque partie s’efforce à revoir le résultat à son avantage, et ce, par différents moyens. 

Mais c’est une autre chose qui sort de l’ordinaire. Difficile de se rappeler d’un cas où l’hypocrisie (ou plutôt le mensonge) a été franchement reconnue directement par les acteurs d’évènements aussi récents et qui sont en cours. D’habitude, quand une telle chose fait surface, c’est bien plus tard à partir d’archives déclassifiées ou des souvenirs de témoins dans leurs dernières années. Et on comprend pourquoi. Il n’y a pratiquement pas de possibilité pour de nouveaux efforts de négociations en dévoilant une telle approche pratiquement en temps réel. Alors que signifie cette série de révélations? 

Les raisons sont diverses mais interconnectées. 

Premièrement, tous les politiques énumérés font de l’autojustification. Dans l’atmosphère actuelle qui règne en Occident, l’accomplissement du travail de routine (ce qui inclut pour un chef d’État ou de gouvernement la participation à des négociations, notamment pour établir la paix) avec la Russie est jugé inadmissible. Même rétroactivement. C’est pourquoi Angela Merkel aussi respectée doit inventer des explications qui ne sont pas typiques pour elle. L’ancienne chancelière est assez directe et tient à sa réputation. Mais la situation est telle qu’il faut se repentir pour ses anciennes opinions non conflictuelles concernant la Russie, comme l’a fait en reconnaissant ses erreurs Frank-Walter Steinmeier, ou alors inventer un « double fond ». 

Il est clair que les négociateurs européens, habitués à appeler à cesser les hostilités, étaient initialement disposés contre la Russie et au profit de l’Ukraine. La situation sur les fronts était alors très défavorable pour Kiev, et l’objectif principal consistait à stopper le conflit armé en le gelant sur les lignes établies à l’époque. C’était l’objectif visé. Le fait que Porochenko n’avait pas l’intention d’accomplir quoi que ce soit semble parfaitement véridique. Alors que pour Merkel et Hollande cette question était plutôt « ici et maintenant ». Du moins, au moment de la signature des accords. 

En connaissant certains participants à ces négociations du côté européen, il est à supposer qu’il ne s’agit pas de faire traîner les choses. À partir d’un moment donné le processus de Minsk a été sciemment déplacé du niveau politique au juridico-diplomatique, en chargeant des exécutants à débattre éternellement au sujet des interprétations concrètes de tels ou tels termes. Et vu l’activité active en parallèle pour renforcer militairement l’Ukraine, en réalité la diplomatie s’est transformée en couverture pour celle-ci. Rien de plus. 

Mais il y a plus important. Pourquoi les politiques européens estiment possible de faire de telles déclarations détruisant ainsi les fondements de tout processus de confiance à terme? Tout conflit même le plus violent se termine par des négociations, à moins bien sûr que son objectif ne soit la destruction totale de l’ennemi. 

Il existe deux réponses possibles. Soit les représentants européens partent de ce dernier point et ne comptent plus sur aucun processus diplomatique avec la Russie qui prévoirait des accords. Cela s’appelle une capitulation totale et inconditionnelle. Soit ces mêmes personnes ne pensent plus à rien d’autre qu’à un effet politique immédiat. Laquelle des versions est pire? Les deux.

Fiodor Loukianov, journaliste et analyste politique

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