Après analyse de ses outils publicitaires, Google a trouvé qu’une «usine à trolls» avait dépensé… 4 700 dollars pendant la période électorale américaine. Le géant d’internet a par ailleurs assuré que RT n’avait pas «manipulé YouTube».

En cette période d’Halloween, la chasse aux sorcières – russes – repart de plus belle aux Etats-Unis. Les géants des réseaux sociaux ont entamé une analyse minutieuse de leurs outils publicitaires afin de découvrir l’ampleur de la supposée campagne d’influence menée par Moscou lors de la campagne de l’élection présidentielle américaine de 2016.

«Usine à trolls» ?
Alors que Facebook et Twitter sont entendus par le Sénat américain le 31 octobre, Google a pour sa part publié les résultats de son analyse le 30 octobre. Le géant d’internet a déniché deux comptes qu’il estime être liés à l’Internet Research Agency, une ONG basée en Russie et accusée dans certains médias d’être une «usine à trolls» sous contrôle du Kremlin. Pendant la période électorale américaine, ces deux comptes ont dépensé pas moins de… 4 700 dollars (un peu plus de 4 000 euros) en publicité sur internet. Des publicités qui n’étaient par ailleurs pas ciblées sur des groupes spécifiques, qu’ils soient géographiques ou politiques, et dont l’impact mondial reste donc plus que discutable.

Suffisant pourtant, selon certains commentateurs politiques outre-Atlantique, pour être significatif par rapport aux 647 millions de dollars récoltés par Donald Trump pour sa campagne, ou au 1,2 milliard récoltés par sa rivale Hillary Clinton, selon les données de Bloomberg.

CQFD

Sur YouTube, Google a trouvé 18 chaînes d’origine russe «probablement liées» à la campagne électorale américaine, et dont le contenu «apparaît comme étant politique», mais pas exclusivement. Ces chaînes ont diffusé 1 108 vidéos pour un total de 43 heures de contenu. Ces vidéos ont totalisé quelque 309 000 vues entre juin 2015 et novembre 2016 selon le rapport, qui n’omet pas de préciser qu’un utilisateur peut générer à lui seul plusieurs vues. Seules 3% de ces vidéos ont dépassé les 5 000 vues. Il n’est pas inutile de rappeler que ces vidéos ont été produites par des acteurs qui n’ont aucun lien avec le gouvernement russe.

Quant à l’influence de RT, chaîne d’information la plus regardée sur YouTube avec plus de 5 milliards de vues cumulées ? «Certains se sont interrogés sur la façon dont RT, un média financé par le gouvernement russe, utilise YouTube. Notre enquête ne montre aucune manipulation de la plateforme, ou violation de nos termes de services», conclut Google.

La rédactrice en chef monde de RT, Margarita Simonian, a réagi à la publication du rapport, déclarant : «Comme on disait à l’école, CQFD.»

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