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Et si Google, Amazon, Facebook, Apple et d’autres entreprises du numérique étaient en fait des partis politiques déguisés en entreprises ?

Et si ces entreprises avaient changé de nature ? Et si ces entreprises étaient devenues des partis politiques, ayant vocation à transformer le monde, ainsi que les rapports entre les êtres humains ?

Dans le message qu’a envoyé Tim Cook à ses clients le 30 août 2016, le CEO d’Apple montre que ces entreprises n’hésitent plus à aborder publiquement des problématiques politiques.

Il s’inquiète en effet des conséquences que pourrait avoir “sur la souveraineté des Etats européens” la décision de la Commission européenne condamnant l’Irlande à percevoir d’Apple 13 milliards d’euros au titre de “remboursement d’avantages fiscaux indus”.

Il est touchant de voir le PDG d’une des plus grandes entreprises du monde s’inquiéter ainsi de la “souveraineté des Etats”.

Toujours est-il que cette prise de position de Tim Cook tend à confirmer que les GAFA sont devenus, de facto, des partis politiques à part entière.

Si cette hypothèse s’avère exacte, alors le débat politique actuel devient limpide.

Limpide car, depuis la chute du mur de Berlin et la disparition de l’URSS en 1991, le débat politique est devenu confus, notamment parce qu’il n’est plus structuré par l’opposition dialectique entre capitalisme et communisme.

La “dialectique” n’est pas un terme courant, et il en existe des définitions savantes.

Proposons une image qui permet d’en comprendre simplement la signification : imaginez qu’on entrechoque un silex rouge et un silex bleu, et qu’en jaillisse une étincelle violette.

La dialectique, c’est le processus grâce auquel le choc entre des ces deux silex permet le jaillissement de cette étincelle, aussi appelée “dépassement dialectique”.

L’idée centrale qu’elle exprime, c’est que c’est du dialogue ou de la confrontation que jaillit la lumière.

Dans le domaine politique, jusqu’au XXe siècle, cette opposition dialectique entre deux silex, entre deux systèmes, un système “bleu” (le capitalisme), et un système “rouge” (le communisme) avait un mérite : le débat politique était très clair, entre deux systèmes que tout opposait.

Et cette opposition dialectique amenait chaque système à s’améliorer, pour faire pièce à son rival :

A l’Ouest, les citoyens acceptaient l’idée que la pauvreté fût possible, grâce à la liberté d’expression et à la liberté d’aller et venir.

A l’Est, le peuple supportait les atteintes aux libertés individuelles grâce à l’emploi garanti à vie, aux logements bon marché, et au système de santé et d’éducation gratuits.

Et l’étincelle, à savoir le “dépassement dialectique”, fruit de la compétition entre l’Est et l’Ouest, avait pris la forme de la conquête spatiale.

Avec la mondialisation, l’opposition dialectique féconde et constructive entre deux visions économiques radicalement différentes n’existe plus : car soit on est favorable à la mondialisation, soit on y est opposé -mais il n’existe plus de compétition permettant à deux systèmes politiques radicalement opposés de s’amender pour s’améliorer.

Depuis 1989, la mondialisation s’est donc érigée en statue de la Liberté économique, triomphante et solitaire.

Elle a suscité la création de deux mots d’ordre aussi excessifs l’un que l’autre : “la mondialisation, ou le chaos”, d’une part, et “la mondialisation, c’est le chaos”, d’autre part.

Mais la mondialisation n’a besoin ni de cet excès d’honneur, ni de cet excès d’indignité.

Elle a besoin d’un contrepoids.

Afin qu’elle puisse s’inscrire dans un mouvement dialectique.

Comment initier ce mouvement dialectique, grâce auquel le débat politique serait de nouveau possible et, surtout, fécond ? En révélant l’existence de deux Atlantides invisibles.

1/ Première Atlantide invisible : les GAFA

La première Atlantide est constituée, nous l’avons évoqué au début de ce texte, par Google, Amazon, Facebook, Apple, et d’autres grandes entreprises issues du numérique. Comme le texte n’évoquera pas seulement ces entreprises, il est souhaitable d’en donner une définition : “une entreprise de type “GAFA” est une entreprise qui, grâce à une habile combinaison de zéros et de uns, parvient à créer de la valeur, notamment en bénéficiant d’investissements d’autres entreprises, de contributions d’utilisateurs, et d’infrastructures financées par les Etats ou les pouvoirs publics”.

Les GAFA forment une Atlantide invisible car, jusqu’alors, ces organisations ont été considérées comme des entreprises.

Alors qu’en fait, il serait plus pertinent de les considérer comme des partis politiques déguisés en entreprises.

Le site vie-publique.fr définit un parti politique comme étant “une association organisée qui rassemble des citoyens unis par une philosophie ou une idéologie commune, dont elle recherche la réalisation, avec comme objectif la conquête et l’exercice du pouvoir”.

Relisez bien cette définition : à aucun moment, elle ne précise que la conquête du pouvoir doit se faire via un processus électoral.

Par ailleurs, cette définition est structurée par deux notions simples : d’une part, “ une philosophie ou une idéologie” qui doivent être réalisées, et d’autre part l’objectif de la “conquête ou [de] l’exercice du pouvoir”.

Questions : les GAFA se rassemblent-ils autour d’une philosophie ou une idéologie commune ? En cherchent-ils la “réalisation” ? Ont-ils comme objectif la “conquête et l’exercice du pouvoir” ?

1.1/ La recherche de la réalisation d’une philosophie ou d’une idéologie commune.

Les GAFA cherchent la réalisation “d’une philosophie” et d’une “idéologie” : le libertarianisme.

Le libertarianisme est une idéologie ultra-libérale qui voue un culte à la liberté individuelle, et notamment à celle des entrepreneurs, héros quasi prométhéens.

Elle a pour but de limiter au maximum le rôle de l’Etat et de la puissance publique, ainsi que l’affirme le parti libertarien américain dont la devise est : “Minimum government, maximum freedom”.

Leur programme est explicite : “Nous, les membres du Parti libertarien, défions le culte de l’État omnipotent et défendons les droits de l’individu. Nous tenons à ce que tous les individus aient le droit d’exercer leur souveraineté exclusive sur leur propre vie et aient le droit de vivre comme ils le souhaitent, tant qu’ils ne portent pas atteinte au droit des autres à vivre comme ils l’entendent. Les gouvernements à travers l’histoire ont régulièrement fonctionné sur le principe opposé, à savoir que l’Etat a le droit de disposer de la vie des individus et du fruit de leur travail. Même aux États-Unis, tous les partis politiques autres que le nôtre reconnaissent au gouvernement le droit de réglementer la vie des individus et de s’emparer des fruits de leur travail sans leur consentement”.

Cette idéologie a été popularisée à la fin des années 50 par l’oeuvre d’Ayn Rand, une transfuge de l’ex-URSS qui a émigré aux Etats-Unis dans les années 30. Et qui a publié “Atlas Shrugged” (“La grève”) un livre “culte” dont se prévalent aujourd’hui les libertariens -alors même qu’elle n’appréciait pas les libertariens, et qu’elle se réclamait en fait de “l’objectivisme”, une doctrine proche. En effet, dans les années 70 aux Etats-Unis, l’idéologie libertarienne était surnommée “la Nouvelle Droite américaine” et n’avait pas bonne presse, et rares étaient ceux qui se réclamaient du libertarianisme.

Aujourd’hui, quasiment tous les fondateurs et dirigeants des GAFA sont inspirés par l’idéologie libertarienne, comme l’explique la revue We Demain dans un dossier qui montre très clairement quelle est la filiation entre la doctrine d’Ayn Rand (aucun rapport avec la Rand Corporation, d’inspiration ultra-libérale également) et la vision qui anime les géants de la Silicon Valley.

Chacun d’eux apporte cependant sa nuance à cette vision commune.

1.1.1 Larry Page et Google

Larry Page, co-fondateur de Google avec Sergey Brin, est devenu discret au sujet de l’idéologie libertarienne, mais certaines de ses déclarations publiques permettent de comprendre sa vision du monde, et sa défiance vis-à-vis des pouvoirs publics et des Etats.

En 2014, après avoir regretté que les équipes de Google aient dû prendre connaissance des “centaines de millions de pages” des lois et règlements en vigueur dans les pays où Google exerce son activité, il affirme sans ambage : “je pense que le Gouvernement va disparaître sous son propre poids, bien que ceux qui y travaillent soient très qualifiés et bien intentionnés”. Et, lors d’une conférence donnée en 2013, il a déclaré : “Il existe beaucoup de choses que nous pourrions faire mais qui sont illégales ou non-autorisées par la réglementation (…)”

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1 COMMENTAIRE

  1. Il me semble que le communisme n’a plus existé depuis des milliers d’années sauf dans certaines communautés en Amazonie. Le communisme d’un point de vue radical, c’est : pas d’argent, et pas d’États. L’Est n’était qu’un capitalisme d’État, ni plus ni moins. Donc pas de dialectique possible entre l’Ouest et l’Est. Francis Cousin l’explique très bien. Cordialement.

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