Eduardo Cunha, fer de lance de la procédure de destitution de la présidente du Brésil Dilma Rousseff, a annoncé le 8 juillet sa démission de la tête de l’Assemblée nationale. Il est acculé par les soupçons de corruption.

Décidément, la scène politique brésilienne vit des moments difficiles. Alors qu’il est l’un des meneurs des anti-Rousseff, qu’il accuse de corruption, ce sont les mêmes griefs qui sont maintenant reprochés à Eduardo Cunha.

Le 8 juillet, le président de l’Assemblée nationale a annoncé, en larmes, renoncer à son poste. Dans les faits, le député évangélique ultra-conservateur de 57 ans ne l’occupe plus depuis le début du mois de mai pour entrave à la justice.

Il est visé par de multiples accusations de corruption dans le cadre du scandale Petrobras, et notamment soupçonné d’avoir alimenté un compte secret en Suisse avec des pots-de-vin de plusieurs millions de reals.

L’homme est devenu célèbre en menant une croisade contre la présidente Dilma Roussef. Depuis décembre 2015, il a joué un rôle majeur dans la procédure de destitution de l’ex-guérillera. Eduardo Cunha est connu pour incarner l’aile dure du parti centriste PMDB. La formation a claqué la porte de la coalition présidentielle en mars dernier, favorisant ainsi l’ouverture du procès en destitution de Dilma Roussef.

Ecartée du pouvoir depuis le 12 mai au profit de Michel Temer, membre du PMDB, elle est accusée de manœuvres budgétaires frauduleuses. Le 6 juillet, l’ex-membre de la guérilla a nié avoir violé la Constitution et s’est dite victime d’une injustice et d’une farce politique, dans une lettre envoyée au Sénat.

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«Le destin m’a toujours réservé de grands défis. Certains me paraissaient insurmontables, mais j’ai réussi à les vaincre. J’ai déjà subi la douleur indicible de la torture et ce qui me blesse le plus en ce moment, c’est l’injustice, c’est de réaliser que je suis victime d’une farce juridique et politique», écrit celle qui avait été emprisonnée sous la dictature en place au Brésil de 1964 à 1985.

Bien qu’écartée du pouvoir, Dilma Roussef n’est pas certaine de ne pas retrouver son poste. La décision finale sur sa destitution est attendue pour fin août. Une majorité qualifiée des deux tiers des sénateurs sera nécessaire.

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